‹ Sur l'Anatomie Pathologique et la Pathogénie des Anévrysmes Spontanés de l'AorteChapitre 21 sur 73 · MODE · texte numérisé non relu

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indique bien que, dans les petits anévrysmes, on

reconnait souvent des restes de la moyenne, tandis

que celle- -ci fait défaut dans les a volumineux. Schroetter (1) ne fait que s’en rapporter aux conclusions d'Eppinger.

Nous avons dit que les Traités français s’en

tenaient, en général, aux idées de Cornil et Ranvier, Au point de vue qui nous intéresse, il n’y a rien d'important à signaler dans les thèses de Maudron (2), Gautier (3), de la Cuéeva (4), etc. Rappelons que Lancereaux (5), dans une série de communications, s'est attaché à soutenir l’origine paludéenne habituelle des anévrysmes aortiques. Enfin quelques auteurs (Boinet) ont fait intervenir des maladies infectieuses aiguës (6). Mais ces opinions sont restées

assez isolées ; nous aurons à y revenir.

V. — L'idée d'attribuer les anévrysmes de l'aorte à la syphrlis n’est pas neuve, mais elle semble avoir fait de sérieux progrès depuis quelques années.

Ambroise Paré disait déjà que « les anévrysmes qui viennent aux parties iatérieures sont incurables et adviennent souvent à ceux qui ont eu la vérole ». Fernel (1554) estime aussi que « le virus vénérien forme des anévrysmes dans les artères ». Lancisi

(1) Loc. cit. (Nothnagel).

(2) Mauprow. — Th. Paris, 1866.

(3) Gaurier. — Th. Paris, 1876.

(4) DE La CuEva. — Th. Paris, 188r.

(5) LaxcEREAUx. — CAcad. de Méd.. 1894, 1898, 1890. (6) Boxer. — C4rch. provinciales de Médecine, 1869.

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(1740), Severin (1724), Plancus en rapportent des cas. Morgagni admet aussi cette étiologie.

Scarpa y est opposé, alléguant qu'on «n'a jamais Su faire rétrograder un anévrysme commençant par un traitement mercuriel ». Guthrie, Le Fort, Richet, considèrent comme très douteuse l'influence de lasyphilis. Porter (1840) va même jusqu'à dire que c'est le mercure qui expose aux ruptures vasculaires ; mais Marjolin et Bérard font justice de cette opinion et admettent que « le virus syphilitique exerce directement son action sur les membranes des artères, qu'il les ramollit, et que ces diverses altérations sont nécessairement suivies de dilatations anévrysmales ».

A une époque plus récente, on voit se multiplier les observations d'anévrysmes chez des syphilitiques : Hertz, Nalty, Wilks, Wellch, Knight, etc. En

France, en 1879, Vallin (1) communique une très

intéressante observation de ce genre; à ce propos, Fournier, Vallin, Cornil se prononcèrent en faveur de l'influence de la syphilis, sans croire cependant que celle-ci agisse en déterminant des lésions spécifiques ; Dupret (2) montre la fréquence de cette étiologie; Verdié (3) rassemble 30 cas de ce genre et estime que la syphilis est en cause dans un cinquième des cas. De 1876 à 1887, Jaccoud rassemble

(1) Vazun. — Soc. Méd. des Hôp.. 1879.

(2) Durrer. — Contribution à l'étude des lésions artérielles dans la syphilis (Th. Paris, 1880).

(3) Verpné, — Des anévrysmes d’origine syphilitique (Th. Paris, 18S5).

pie trente nouveaux cas d'anévrysmes chez des syphilitiques; Thibierge (1) en rapporte sept autres. De nombreuses statistiques apparaissent, que nous citerons plus loin, qui consacrent définitivement le rôle de la syphilis; à la Société de Médecine interne de Berlin (1896) A. Fraenkel, Senator, Klemperer ont accepté le rôle primordial de la syphilis. D'ailleurs, tous les traités classiques s'accordent à considérer la syphilis comme une cause très importante de formation anévrysmale.

On ne pouvait demander davantage à l’étiologie. Elle montrait que la syphilis existait fréquemment dans 12s antécédents de ces malades, et on en concluait seulement que la syphilis devait occuper un rang important, peut-être le premier, parmi les causes diverses (alcoolisme, travaux pénibles, etc.), capables d'amener cette maladie. Mais, en somme, Son action n'avait rien ici de spécifique; comme les autres causes (alcool, etc.), elle agissait en amenant un trouble de la nutrition particulièrement favorable au développement de l’artério-sclérose, C’est dans ce sens que l'on trouve généralement interprété le rôle de la syphilis.

Au contraire, les auteurs anciens avaient pensé que la vérole produisait directement dans les artères des lésions spécifiques capables de donner lieu à des anévrysmes. Depuis quelques années, un certain nombre d'auteurs sont revenus à cette idée, à la suite

(1) THiBIERGE. — Des lésions artérielles syphilitiques (Gaz. des H6p., 1880).

pie

d'études comparatives d'aortes anévrysmales et d'aortes syphilitiques. Ces importantes études anatomiques ont été faites presque uniquement en Allemagne. Hertz (1) rapporte des cas dans lesquels l'aorte présentait des lésions qu'il considère comme spécifiques et qui auraient amené la formation des anévrysmes. Heiberg (2), à propos d’un cas, expose que la syphilis provoque dans la paroi vasculaire une néoformation qui aboutit, non pas tant à une caséification ou à de la dégénérescence graisseuse, mais à la formation de tissu conjonctif; ce tissu conjonctif néoformé supplante le tissu élastique de Ta paroi vasculaire, de sorte que celle-ci ne résiste plus à la pression du sang.

Kalindero et Babès (3) rapportent trois cas dans lesquels ils montrent que l’anévrysme a été amené par une sorte d'aortite gommeuse. Reining (4) admet aussi la nature syphilitique de la mésartérite incrimince. H. Paul (5) invoque aussi laortite fibreuse syphilitique ; quoique sa thèse ne contienne aucune démonstration, elle indique néanmoins que cette idée est assez répandue. C. Rasch (6) fait débuter la lésion

(1) Hertz. — Virchow's Archiv., Bd 57.

(2) Heiserc. — Norsk Magazin for Laegevid, Bd 8, 1878.

(3) Karipero et BaBès. — Sur l'anévrysme syphilitique de l'aorte (Roumanie Médicale, 1894).

(4) Loc. cit.

(5) H. Pauz. — Aorten-aneurysma infolge fibrôser luetischer Endarteritis. In Diss. München, 1897.

(6) C. Rascm. — Ueber die Beziehungen der Aorten

aneurysmen zur Syphilis (Arch, f. Dermat., und Syphil., XLVII).

par une aortite fibreuse syphilitique; la moyenne et l’adventice présentent une infiltration de cellules rondes; les éléments élastiques étant détruits à ce niveau, l'anévrysme peut s’y développer. Heller (1), sans prétendre que tous les anévrysmes sont syphilitiques, estime que c’est le cas pour la plupart. Il se produit, de l’aventice vers l'intime, une prolifération embryonnaire le long des vasa vasorum, accompagnée de phénomenes de nécrose. C’est en ces points que se développent les anévrysmes. Aron (2), dans une courte revue, accepte la nature syphilitique des lésions qui produisent l’anévrysme.

En France, quelques auteurs ont donné une interprétation analogue, mais seulement pour quelques cas particuliers. Ainsi Letulle et Brault (3) décrivent une forme d’artérite térébrante syphilitique amenant la rupture du vaisseau ou la formation d'un anévrysme; ils semblent en faire une lésion rare. Dieulafoy (4) donne le nom « d’anévrysmes multiples cupuliformes » à unz variété de petits anévrysmes, qui relèveraient d’une aortite gommeuse; les autres, au contraire, les grands anévrysmes ordinaires, seraient dus à des lésions diffuses, scléreuses, athéromateuses qui, quoique produites parfois (cénéra-

(1) Hegrrer. — Ueber die syphilitische Aortitis und ihre Behandlung für die Entstehung von Aneurysmen (Verhandl. d. deut. path. Gesellsch., München, 1899). |

(2) Aron. — Die Ætiologie und therapie der Aorten-aneurysmen (Berlin. Klin. Woch., 1890).

(3) Leruzce. — Maladies du cœur, des vaisseaux et du ‘poumon. : Pa |

(4) PœuLraroy. — Cliniques de l'Hôtel-Dieu.

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