‹ Sur l'Anatomie Pathologique et la Pathogénie des Anévrysmes Spontanés de l'AorteChapitre 38 sur 73 · ER · texte numérisé non relu

ER

Gr

refoulé se laisse distendre progressivement, en même temps que les tuniques qui le constituent s’altèrent et finissent même par être détruites.

b). Anéyrysmes fusiformes à collet.

Certains anévrysmes, qui paraissent fusiformes,

sont, en réalité, des anévrysmes fusiformes, à orifice

très étendu, occupant une face de l'aorte sur une grande longueur ; le cas IV en est un exemple ; ils doivent donc rentrer dans la règle commune.

Les anévrysme fusiformes limités par deux collets

complets doivent présenter les mêmes dispositions

de structure. Nous n’avons pas eu l'occasion d'en examiner, mais les examens qu’on trouve dans Îles

auteurs prouvent qu’ils sont, en somme, semblables aux anévrysmes sacciformes, et le collet ayant le

même aspect doit répondre à de semblables altéra-

tions de la paroi.

c). Dilatation sans collet.

Ce sont tantôt des dilatations diffuses générales, portant sur toute la circonférence du vaisseau sur une certaine ÎIongueur (anévrysme fusiforme sans collet) ; tantôt la dilatation ne porte que sur une face (bosselures de Cruveilher). C'est l’anévrysme vrai des anciens auteurs, l’anévrysme par dilatation de

. Cruveilher et de Thoma ; beaucoup (Weber, Eppin- ger, Schroetter) leur réfusent ce nom d'anévrysme . ét leur donnent celui d'artériectasies.

Ilest certain que donner le nom d’anivrysme à

toute aorte tant soit peu dilatée (comme le font Cruveilher, Thoma) est fâcheux parce que cela semble impliquer une identité (qui n’est pas prouvée) entre ces lésions et celles énumérées précédemment. On y est bien autorisé par l'étymologie, mais les mots ont, en réalité, le sens que l’usage leur attache, et l'usage a fait que, quand on parle d’anévrysme, on pense de suite à une poche plus où moins volumineuse, limitée, contenant généralement des caillots, etc., et qu'on n'emploie guère ce mot pour indiquer que la circonférence d’une aorte a 2 ou 3 centimètres de plus que normalement.

Mais, d'autre part, faut-il, comme Eppinger, y voir une lésion essentiellement différente à laquelle il faut donner un nom spécial ? Cela est également exagéré, car il y a des cas où la dilatation est considérable, où même il peut y avoir une couche fibrineuse ; bien qu’il n'y ait pas de collet, l'usage a fait qu’en général on appelle anévrysmes de telles dilatations. Mais la difficulté provient de ce qu'entre ces types extrêmes il y a tous les intermédiaires ; comme on na pas trouvé de limite brusque entre eux, les auteurs ont pris le parti plus simple de faire rentrer toutes ces dilatations dans les anévrysmes, ou bien les en ont, au contraire, toutes exclues. Mais ce n’est là qu’un pis-aller et on doit tendre à chercher ce qui différencie ces cas les uns des autres. }

Dans les aortes simplement athéromateuses on trouve souvent un certain degré de dilatation diffuse. Mais celle-ci ne nous à jamais paru considérable.

Dans une dilatation diffuse considérable (cas VI)

ce

nous avons trouvé des lésions scléreuses des trois tuniques et, notamment, d’abondantes formations fibreuses au sein de la tunique moyenne. Ces lésions semblaient, en somme, de même ordre que celles des anévrysmes sacciformes ; nous discuterons p'us loin à quoi peut tenir cette différence d'évolution. Une autre considération qui montre encore la parenté de ces dilatations considérables avec l'anévrysme sacciforme, c’est que (Voir les obs.) très souvent celui-ci est greffé sur une telle dilatation dans laquelle on trouve les mêmes lésions histologiques que dans le cas VI. Dans une bosselure également, nous avons trouvé (cas III) ces mêmes lésions fibreuses avec interruptions de la moyenne. Nous croyons donc que certaines dilatations diffuses sont dues à des lésions de même ordre que celles qui produiseni les anévrysmes sacciformes, ces lésions s'étant trouvées plus diffuses, moins intenses, etc., particularités sur lesquelles nous reviendrons.

Ton”

Page 1