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caires ». Thérèse (1) voit (coli, Léœæffler, etc.) urc infiltration embryonnaire autour des vaisseaux de l'adventice. Croq(2) tantôt ne trouve rien, tantôt des végétations. Pernice (1895) (staphylocoque, charbon, etc.) voit des lésions qui débutent par les ‘yasa vasorum. Boinet et Romary (3) disent obtenir soit avec les microbes, soit avec leurs toxines, de l'infiltration autour des vasa vasorum et des plaques d'endartérite ; leurs examens histologiques sont très vagues ; ce qui enlève une grance valeur à ces expériences, au point de vue des déductions pratiques, c'est qu'ils obtiennent les mêmes lésions avec Île plomb, le mercure, la phlorydzine, etc., qui, certainement, n'amènent pas d’aortite chez l’homme. On a donc expérimentalement obtenu des lésions si diverses qu'il est difficile d'en tirer des conclusions catégoriques.
Les lésions infectieuses de l'aorte sont donc très mal connues et elles se présentent avec une diversité d'aspect qui ne cadre guère avec la constance des lésions des aortes anévrysmales.
Boinet (4) leur fait jouer un rôle dans la production des anévrysmes, uniquement parce que dans un casila observé un anévrysme chez un malade ayant eu la grippe l'année précédente. On avouera que la démonstration est peu rigoureuse. Rien ne prouve que les maladies infectieuses soient une
(1) THérèse. — R. de Méd., 1803.
(2) Croo. — Arch. Méd. exp., 1894.
(3) Boxer et Romary. — Arch. Méd. exp., 1897. (4) Boxer. — R.de Méd., 1898.
— AT — cause d'une telle lésion ; d’ailleurs pas n'est besoin d'avoir recours à des faits aussi hypothétiques quand on trouve constamment des lésions semblant syphilitiques et capables parfaitement d’ cute la po duction de cette dilatation.
30 Syphilis. — L'acrtite syphilitique est la cause habituelle des anévrysmes de l'aorte.
Nous savons que, de tout temps, quelques auteurs ont pensé que la vérole pourrait bien être une cause de formation d'anévrysmes, et que cette notion, après avoir été souvent contestée, s’est cependant établie
peu à peu. Mais, si nous faisons exception pour
quelques auteurs, surtout allemands, on a considéré généralement la syphilis comme un élément étiologique à placer à côté de l'alcoolisme, comme une cause prédisposante agissant surtout par un trouble
général de la nutrition. Il en est bien peu qui ont osé
penser que les lésions syphilitiques de l’aorte fussent la cause habituelle générale des anévrysmes de l'aorte.
Le rôle de la syphilis peut être démontré par des considérations de trois ordres.
À — Arguments étiologiques.
Nous y insisterons peu, car notre étude est, avant tout, une étude d'anatomie pathologique. Mais nous ne pouvons cependant passer sous silence les indications favorables qu'ils fournissent, indications qui sont d'autant plus importantes que nous avons vu que les
UP autres données étiologiques sont à p2u près négatives
10 Fréquence de la syphilis chez les malades porteurs d’ (Hp
Voici quelques- unes des preioule statistiques. Welch (r) trouve 17 fois la syphilis sur 33 cas; mais si l'on en retranche les cas dans lesquels les antécédents ne sont pas indiqués, on arrive au chiffre de 81 0/0. Verdié (2) indique 20 0/0. La statistique de Malmsten (3) donne 80 0/0. Celle de Thibierge (4) 48 9/0. Schmidt (5) 4 0/0. Frankel (6) ‘47 0/o. Heiberg (7) 42 0/0. A. Frankel (8) sur 30 nouveaux cas, trouve 11 syphilitiques, soit 37 0/0. Klemperer (9) 10 sur 40, soit 250/,. Etienne (10) a compulsé les observations de 2.000 anévrysmes; dans 240, on avait cherché si la syphilis existait, ou non, et 166 fois elle était notée, soit 69 0/0. La proportion est la même si l’on se borne aux anévrysmes aortiques, car, sur 133 de cette espèce, 94 existaient chez des syphilitiques, soit 69 0/0 également. Huchard, d’après ses cas per-
(1) Wezcx. — Lancet, 1875.
(2) VERDIÉ. — Loc. cit.
(3) MALMsTEN. — Studier ôfver Aorta-aneurvsmus Etiologie, Stockliolm, 1888.
(4) THiBierGe. — Gaz. des Hôpitaux, 1889.
(5) Scxmipr.— Loc. cit.
(6) FRankeL.— Loc. cit.
(7) HeiserG —. Norsk Magazin for Lägewid, 1878.
(8) FrankeLz. — Soc. de méd. interne de Berlin, 1896.
(9) KLemperEer. — Jbid.
(10) ETIENNE. — Loc. cit.
SATa
Sonnels, trouve la syphilis 13 fois sur 30, soit 430 Jo. Hansemann (1} sur 64 autopsies d'anévrysmes .de l'aorte, trouva 12 fois d’autres lésions syphilitiques. C.Rasch (2) a eu, en 5 ans, à Copenhague, 28 autopsies d'anévrysmes de l'aorte, dont 13 sacciformes, 14 fusiformes et un disséquant. La syphilis était certaine dans 16 cas, probable dans 7 ; donc 56 0/o étaient sûrement syphilitiques, et la somme de ceux-ci avec les syphilitiques probables, donne 82 0/0. Cette proportion était particulièrement élevée pour les anévrysmes sacciformes, car, sur les 13, dans un seul, on ne trouva pas de syphilis, c’est-à-dire que,. dans 92 0/9 des cas, la syphilis avait été reconnue.
En somme, la syphilis était connue dans plus de la moitié des cas, parfois même dans une proportion bien plus élevée. Or, les statistiques qui donnent la proportion la plus élevée doivent être les plus rapprochées de la vérité; en tout cas, leur valeur n’est attaquée en rien par celles qui sont moins favorables En effet, dans les cas où la syphilis a été reconnue, elle existait bien réellement, tandis que, quand celle-ci n'a pas été trouvée, ces cas doivent être considérés non comme négalifs, mais comme des cas dans lesquels on ignore si elle existait ou non.
Car on sait combien souvent il est impossible de retrouver, à l'interrogatoire d’un malade, une syphilis dont on a les preuves sous les yeux, parfois parce
(1) HANSEMaNN. — 17e Congress für innere Medicin in Carlsbad, 1800.
(2) C. Rasca. — jUeber die Beziehungen fder Aorten-
aneurysmen zur Syphilis(Arca.f. Dermat.und Syphilis, 1890.
que le malade trompe volontairement, mais, bien plus souvent parce qu’il l'ignore réellement, soitque les accidents aient été tout à fait inaperçus de lui, soit qu'il en ait perdu le souvenir. C’est là un point sur lequel on ne saurait trop insister.
Fournier est revenu fréquemment sur la fréquence de ces syphilis ignorées soit dans ses livres, soit dans les thèses de ses élèves. Sur 36 cas de gommes du voile du palais, Fournier n’a trouvé aucun antécédent syphilitique dans 56 0/0 des cas. Jumon (1) examinant des malades atteints de lésions tertiaires, n'a trouvé des antécédents syphilitiques que dans 48 0/0 des cas. M. Viannay a fait plus récemment une recherche semblable dans le service de M. le Dr Cordier à l'hospice des Chazeaux. Il a interrogé soigneusement 100 femmes atteintes de lésions tertiaires typiques dont la nature était encore contrôlée par le traitement spécifique; 32 fois seulement il trouva des antécédents. Donc dans 68 0/0 de ces cas de syphilis tertiaire les malades niaïient avoir eu la syphilis, et rien à l’interrogatoire ne permettait de la faire retrouver dans les antécédents.
. Donc, comme fait remarquer d’ailleurs M. Viannay, Si on interroge, au point de vue de la syphilis, des malades porteurs les uns d’anévrysmes, les autres de lésions tertiaires typiques, la statistique
(1) Jumon. — Etude sur les syphilis ignorées (Thèse de Paris, 1880).
(2) Vianway, — De la fréquence des lésions tertiaires sans
antécédents chez la femme dansle milieu hospitalier (Ann. de Dermat. et Syphil., 1898).