C.— Arguments anatomiques
Le principal est la ressemblance, la similitude. même, des aortes anévrysmales (en dehors de l’anévrysme) avec les aortites syphilitiques.
L'existence d’aortites syphilitiques a été admise depuis longtemps par Virchow (1859), Beer (1868), Hedenius (1867), Huber (1881), ete. Beaucoup d’au-
(1) LanGenBeck. — Ann. Derm., 1881.
(2) Parscxkowski. — Hufeland'sche Gesellschaft, 1897. (3) Mexpersonn. — Jbid.
(4) Scaucrz. — VIIe Verhandlungen aerztlicher Gesell-
schaften, 1889.
(5) Renpu. — Soc. méd. des Hôp., 1890.
teurs, comme Mauriac (1), pensent que l'aorte est rarement enflammée par la syphilis. Les statistiques tendent, au contraire,à démontrer que cela a lieu fréquemment. Welch (2), sur 117 cas d’aortite fibroïde, trouve 46,9 0/0 de sujets indubitablement syphilitiques, et 6,8 0/0 probablement syphilitiques; sur 58 cas de syphilis suivis de mort iltrouvait des lésions dans 60 à 70 0/0 descas. Davidson (3), sur 144 soldats autopsiés, trouve de l’athérome chez 22; parmices 22 il y avait 17 syphilitiques. Bordès-Pagès (4) note de l’aortite dans toutes ses 50 autopsies de paralytiques généraux. De même Straub (5) dans 82 0/0 de ses autopsies de paralytiques généraux, a trouvé (photographies à l’appui) des lésions aortiques qu’il considère comme présentant les caractères de l’aortite syphilitique et non ceux de l’athérome. On doit donc concevoir déjà des doutes sur l’exactitude de l’objection que fait Eppinger : « Jamais, dit-il, la syphilis n’atteint les grosses artères ».
Même parmi les auteurs qui admettent que la syphilis peutamener des aortites, la plupart déclarent que leurs lésions n'ont rien de spécifique, ne difièrent pas de l’artério-sclérose. Ainsi s'expriment Verdié, Mauriac; Cornil et Ranvier, Bureau ne donnent pas
(1) Mauriac. — Artériopathies syphilitiques. (Arch. gén. de Méd., 1832).
(2) Weccn. — Loc. cit.
(3) Davipson. — Army médical dep. Report. T. V.
(4) Bornès-PaGÈs. — Th. Paris, 1884.
(5) Srraus. — 71. Versamml. deutscher Naturfarscher und
Aerzte zu Munchen; 1890.
de description spéciale de l'aortite syphilitique, et ce dernier auteur admet l'existence d’aortites syphilitiques uniquement « parce que la syphilis donne très fréquemment lieu à des anévrysmes de l’aorte et que ceux-ci sont forcément consécutifs à l’aortite » ; Deguy (1) exprime cette même idée que la syphilis produit des lésions banales.
Cette ignorance où nous sommes des caractères des aortites syphilitiques est facile à comprendre.
D'abord,un très grand nombre d'auteurs, appelant artério-sclérose ou athérome toutes les lésions de l'aorte, le plus souvent pour indiquer les lésions trouvées chez des syphilitiques, disent seulement qu'il y avait de l’artério-sclérose. Il en résulte une cause d'une erreur fréquemment commise dans l'examen des cas publiés, erreur qui consiste à admettre que les observateurs étaient réellement en présence d'athérome vulgaire, que, par conséquent, les lésions syphilitiques sont identiques à l’athérome. En réalité, les observateursavaient souvent désigné par le terme vague d'artério-sclérose, les lésions les plus spéciales de la syphilis aortique. Dans l’interprétation même des faits personnels il est une autre erreur à éviter, erreur que commet Duguy quandil dit : « Nous avons eu l’occasion d'examiner des aortes de sujets notoirement syphilitiques... L'aspect des aortes de syphilitiques présentant des lésions, n'offre aucune caractéristique de spécificité... Rien ne nous permet, en présence d’une aortite, de dire qu'elle est syphili-
(1) Decuy. — Le cœur et l'aorte des syphilitiques. Th. Paris, 1900.
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