‹ Sur l'Anatomie Pathologique et la Pathogénie des Anévrysmes Spontanés de l'AorteChapitre 57 sur 73 · OC · texte numérisé non relu

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tique. » Cette faute consiste à mettre sur un même plan fout ce qu'on trouve chez un syphilitique; c'est

comme si on disait que la syphilis pulmonaire n’a aucun caractère particulier, parce qu’on aura vu des poumons de sujets syphilitiques présentant les uns des gommes, les autres de la tuberculose ou une pneumonie. Deguy arrive même, en se basant sur une

description histologique bien vague, à conclure :

« L’aorte réagit toujours de la même façon, quelle

que soit la cause de son inflammation, et c'est ce qui

nous explique pourquoi une inflammation chronique banale présentera les mêmes aspects que la syphilis et que les dégénérescences sont toujours les mêmes,

quelle qu'en sait la cause ».

Il est enfin un troisième écueil plus difficile, il est vrai, à éviter ; on y arrivera cependant à mesure que l'anatomie pathologique sera mieux connue. Il est faux de nier catégoriquement la nature s;philitique d’une lésion par ce seul fait qu'on la trouve chez un sujet supposé non syphilitique, car nous avons vu combien souvent les anamnestiques font défaut chez des individus notoirement syphilitiques.

Cependant quelques auteurs ont cherché à distincuer l’aortite syphilitique et sont déjà arrivés à des résultats assez concordants.

La plupart des observateurs disent qu'il s'agit de lésions localisées, exubérantes, marquées d’abondantes plaques gélatiniformes, sans phénomènes dégénératifs. Doelhe (1) trouve des points épaissis et surtout

(1) Doexce. — Ueber Aortenerkrankung bei Syphilitischen (Deut. arch. f. Klin Med., 1895).

des enfoncements, soit en fossettes, soit en cicatrices rayonnées. Pye Smith (1) trouve des plaques molles injectées, à bords tuméfiés, mais pas d'athérome. Backhaus (2) dit qu’on voit à la surface interne des enfoncements en forme de sillons ou de fossés. Pour Heller (3), la paroi est souvent épaissie, nodulaire ; il y a souvent des rides de l’intime, avec amincissement et ratatinement de la paroi aortique ; on trouve aussi des dépressions à bords nets, comme faits à l'emporte-pièce. Les épaississements de l'intime peuvent être très marqués, mais ils nese ramollissent pas comme dans l'athérome. PercivalMay (2) décrit une aorte dilatée avec des plaques gélatineuses ; Crooke (4) un aspect boutonneux, sanslésions régressives, etc.

Au point de vue histologique Crooke trouve une infiltration diffuse et en foyer dela moyenne ;l’intime présentait aussi une prolifération de petites cellules. Letulle décrit uneinfiltration de toutes les tuniqués ; avec ürault il signale une variété spéciale, l’artérite térébrante, dans laquelle l'infiltration envahissait l'artère de dehors en dedans. Kalindero et Babès (6) trouvent des amas embryonnaires dans les diverses tiniques, amas qu'ils considèrent comme des gom-

(1) Pve Suirx. — Pathol. Soc. of London, 1897.

(2/BackHaus. — Ueber Mesarteritis syphilitica (Ziegler's Beitr., XXIII).

(3) Heccer. — Munch. med. Woch., 1800.

(4) Percivaz May. — Brit. med. Journal, 1800.

(5) Crooke. — Virchow's Archiv., Bd 129.

(6) KariNpero et Bars. — RoumanieMédica!e 1804.

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mes. Mais c'est Dohle (1895) qui établit, le premier, catégoriquement les caractères histologiques spéciaux de l’aortite syphilitique. Sa description est basée sur trois cas. Il a observé une infiltration de cellules rondes le long des vasa vasorum de l’adventice et de la moyenne (mésartérite) ; de distance en distance, dans ces infiltrations, existaient des cellules géantes. Les éléments de la tunique moyenne sont détruits et présentent des parties nécrosées. Puis ce tissu, riche en cellules, devient pauvre en cellules, et les fibres élastiques disparaissent. Ces points subissent une rétractiun cicatricielle. L’intime était assez peu intéressée. |

Pye Smith (1) ne trouve pas d’athérome, mais « une dégénérescence fibreuse marquée ». Rolleston (2) a vu une infiltration autour des vasa vasorum. Penrose (3) observe une infiltration de cellules rondes de l'adventice et de la moyenne.

Buckhaus (4), à la suite d’un travail important, s'exprime ainsi : « Sous l'influence du virus syphilitique, qui se trouve naturellement le plus facilement et le plus tôt dans la voie sanguine, il se développe, peut-être par suite d'excitations, des proliférations des parois des vasa yasorum. Cette prolifération conduit peu à peu à une oblitération du vaisseau ; que cette oblitération arrive toujours à être complète, cela est probable, mais ne peut pas être abso-

(1) Pve Sur. — Pathol. Soc. of London, 1897.

(2) Rozresron. — 1bid.

(3! Penrose. — John's Hopkins Hosp. Bulletin, 1897. (4) BuckHaus. — oc. cit.

lument démontré, car même dans des cas qui, évidemment, se trouvaient déjà à un stade avancé de la maladie, on trouve encore des vaisseaux avec une légère lumière. Par suite de ces rétrécissements, il doit se produire des troubles nutritifs dans Île territoire vasculaire correspondant, troubles qui mènent à une nécrose plus ou moins accusée. Dans ces points nécrosés pénètrent des leucocytes qui. unis à la prolifération cellulaire locale, forment de petites et très circonscrites tumeurs, qu’on peut considérer comme de petites gommes. Après quelque temps, l’infiltration se transforme en tissu de granulation, tandis que les cellules prennent d'autres formes et qu'il se forme entre elles une substance fondamentale striée. Il se forme donc ainsi un tissu qui est d’abord très riche en noyaux. Dans ce dernier stade, le tissu conjonctif se ratatine fortement. Mais nous observons, dans quelques cas, une destruction au centre de l'infltration. Je pourrais souligner cela spécialement, parce que cela me parait tout à fait important pour démontrer la nature syphilitique du processus morbide ».

La tunique interne n'est altérée que secondairement, et cette participation consiste seulement dans un épaississement circonscrit, ou dans la rétraction des parties voisines des parties atteintes de la moyenne ».

Heller (1) donne une description analogue ; il insiste à nouveau sur la mésartérit:. On trouve le

(1) Heccer. —Münch. med. Woch. 1800.

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long des vasa vasorum une infiltration de cellules rondes, avec ou sans cellules géantes. Ces amas de tissus de granulation se transforment en un tissu fibreux, pauvre en cellules, rétractile, ce qui amincit la paroi. Il se produit aussi de la nécrose par oblitération des vasa vasoru-. Au niveau des points amincis et déprimés, on trouve la moyenne amincie et même disparue complètement ou incomplètement ; là où existe une plaque fibreuse cicatricielle, celle-ci attire lintime en dehors et l'accole à l'adventice. L'endartère présente souvent des Éépaississements, mais 1ls ne se transforment pas en bouillie, comme dans l’athérome ; ils donnent lieu plutôt à la rétraction cicatricielle ; mais on peut parfois trouver à leur intérieur de petits foyers semblables aux parties caséifiées des gommes. L’adventice est infiltrée, puis fibreuse et épaisse.

Rumpf (1) décrit les mêmes lésions.

Donc les auteurs sont arrivés à trouver à l’aortite syphilitique des caractères macroscopiques et miscroscopiques bien spéciaux.

Nous avons trouvé les mêmes choses dans quelques cas d'aortites syphilitiques que nous avons examinées.

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