‹ Sur l'écran de rêve, 1892-1896Chapitre 13 sur 18 · VERS L'OUBLI · texte numérisé non relu

VERS L'OUBLI

Ta voix d'Oubli, dans le décor roux de l'Automne Passe comme un vol grave et fugitif d'oiseaux.

L'étang sommeille inerte, et les roseaux Disent continûment leur peine monotone.

Ce soir, ta voix d'Oubli chante au Palais des Rêves 1

Nous allons à travers l'ombre grise des bois

Où l'heure allume ses flambois.

Le jour se meurt, saignant à de lointaines grèves.

Ce soir, ta voix d'Oubli chante au Palais des Rêves !

Les Villes du Passé derrière la colline Hérissent leurs profils aigus et familiers :

Mais nous allons vers les halliers De l'Espoir, où la Nuit sereine s'illumine.

Le Palais a rouvert ses portes de lumière : Eblouis, nous avons franchi le seuil sacré, Et vers l'horizon désiré Tu me guides de ta voix claire !

J'aime tes yeux d'eau songeuse, Où mon àme se grise et s'altère, oublieuse ! J'ai le cœur las d'errer aux pierres des chemins; J'ai soif du vin grisant et pur de ta chair ivre. Ta chair aux désirs fous et flambants, qui délivre Mon cœur, las de l'Espoir menteur des lendemains.

Tes lèvres ! Mon passé sombre comme un navire ! Tes lèvres ! iMes chagrins titubent dans le soir ! Tes lèvres ! L'Avenir s'enfuit comme un Espoir!

Je n'entends plus que la musique de ton rire.

Evanoui sous la caresse Exquise et tiède de ton corps, Je tends mes lèvres que tu mords !

J'ai soif, toujours ! — Ta bouche ! Encor ! Jusqu'à l'ivresse!

Ah ! —

L'aube nouvelle, aux nouvelles Luit, fraîche de parfums d'Eté !

Aux Villes de Là-bas. des jours ont existé !...

Ce soir, ta voix d'Oubli chante au Palais dçs Rèy

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