LE POÈME DE L'AMIE
Tu m'apparais pensive en la douceur du soir,
Avec ton front nimbé de rêve en tristesse
Mienne, et le réconfort de ta chaude tendresse
Me vient dans l'heure ainsi qu'un' parfum d'encensoir.
O Très bonne, c'est dans tes yeux.
Dans tes grands yeux mélancoliques.
Que mes chagrins, ces Chimériques Dont on rit souvent, se font oublieux.
Tes yeux couleur de mer, tristes de solitude Furent l'asile où vint rire mon rêve las. La source de silence aux ombres lilas Où s'apaisa la soif ardant aux chemins rudes.
O Très tendre, ta bouche a la douceur du Songe
Et des désirs apaisés, Et j'ai, pour atteindre à la joie de tes baisers. Traversé l'océan haineux des vieux mensonges.
Tes bras blancs, et tes seins et tes hanches.
Sont le jardin de neige et d'avril Où vagabonde mon doux rêve puéril.
Et tout l'espoir de mon exil Est aux doigts caresseurs et bons de tes mains blanches.
O Très chère, l'orgueil de ton àme hautaine Se lit dans ton regard impérieux et doux.
Dans tes yeux graves de nuit sereine.
O Très Chère ! Indulgente à mes rêves fous ! Ton rire, que parfois j'évoque aux heures gaies, Sonne jeune et léger — comme dans le soir bleu Une chanson se mêle aux larmes de l'adieu — Et chasse aux bois d'Oubli les robes de lin bleu De mes peines fatiguées.
O Meilleure ! Chaque aube amène sur tes lèvres
La promesse des hauts lendemains.
Des jours calmes de joie et de rêve sans fièvres Où pour guide au jardin d'Avril, j'aurai tes mains.
Et je t'adore, au long des Chemins et de l'Heure.
O Très bonne! O Très tendre! OTrès chère! O Meilleure