NUIT BLANCHE
J'ai le front baigné de nuit, Le ciel enveloure sommeille.
Je songe à tes yeux et je veille
Dans la torpeur de l'Ennui.
Dans le calme du soir bleu.
Il me vient, à travers les brandes, Des parfums, genêts et lavandes,
Que je bois la lèvre en feu.
Et j'y reconnais, surpris, Enamouré par leur exquise Ivresse capiteuse et grise
Les parfums que tu m'appris.
La senteur de tes cheveux Apre où je humais ma folie, Lorsque frissonnante et pâlie
Tu mordais mes bras nerveux.
Maintenant, c'est dans le clair Silence de la nuit profonde, La senteur de ta peau si blonde.
L'odeur blonde de ta chair.
Parfums mêlés de ton cou.
Des seins veinés d'aigue-marine, De ton ventre et de ta poitrine
Où dormait mon chagrin fou.
Je suis bien seul dans les îleurs, Dans le soir bleu que tu parfumes.
Et je songe que nous connûmes
Le parfum lourd de nos pleurs.