‹ Sur l'écran de rêve, 1892-1896Chapitre 15 sur 18 · NUIT BLANCHE · texte numérisé non relu

NUIT BLANCHE

J'ai le front baigné de nuit, Le ciel enveloure sommeille.

Je songe à tes yeux et je veille

Dans la torpeur de l'Ennui.

Dans le calme du soir bleu.

Il me vient, à travers les brandes, Des parfums, genêts et lavandes,

Que je bois la lèvre en feu.

Et j'y reconnais, surpris, Enamouré par leur exquise Ivresse capiteuse et grise

Les parfums que tu m'appris.

La senteur de tes cheveux Apre où je humais ma folie, Lorsque frissonnante et pâlie

Tu mordais mes bras nerveux.

Maintenant, c'est dans le clair Silence de la nuit profonde, La senteur de ta peau si blonde.

L'odeur blonde de ta chair.

Parfums mêlés de ton cou.

Des seins veinés d'aigue-marine, De ton ventre et de ta poitrine

Où dormait mon chagrin fou.

Je suis bien seul dans les îleurs, Dans le soir bleu que tu parfumes.

Et je songe que nous connûmes

Le parfum lourd de nos pleurs.

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