L'ABSENTE
Ton souvenir aimé me hante comme un rêve; Et j'ai peur d'être seul, loin de tes yeux aimants Dont le regard songeur m'accompagne. J'entends Dans le calme, ta Voix qui me parle sans trêve.
Par la Ville en rumeurs, j'ai mené mon Ennui Cherchant le vain oubli des heures disparues, Et j'ai marché longtemps au dédale des rues, Sans savoir, comme vont les fous. Et c'est la Nuit.
je cherche auprès de moi tes poses coutumières. Ton fin parfum, flottant dans l'air subtilisé. Ma bouche vainement demande ton baiser.
O Fantôme invisible aux lignes familières.
Je rentre, le front las du lourd tocsin des fièvres. Transi d'hiver, roulant au seuil d'ombre du lit ; Et solitaire, je m'endors, soudain pâli Sous la caresse ardente et longue de tes lèvres.
Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés
Dans les bois, où l'Automne a posé ses tons roux. Nous n'irons plus rêver comme autrefois, l'Aimée. Car la neige a poudré de velours blanc les houx. Et les halliers n'ont plus leur gaité parfumée.
L'Eté vivant, l'Eté fleuri, l'Eté joyeux
Qui fait les yeux plus gais et les lèvres plus chaudes.
S'en est allé, menant loin des pays brumeux
Ses rires de clartés, ses chagrins d'émeraude?.
Nous n'irons plus aux bois, les feuilles meurent toutes, Et de vieux ors sont sur les horizons lointains. Nous n'irons plus aux bois, voici venir les doutes Et les accueils menteurs et les baisers éteints.
Et maintenant, c'est tout là-bas, sur les collines,
La tristesse des jours charmants et disparus.
Les brumes, sur les prés, tendent leurs mousselines —
Nous n'irons plus aux bois aimés. — Nous n'irons plus.
Couchant
d'Amour