CHAPITRE IT
LIMITE D'INFLAMMABILITÉ DES MÉLANGES MÉTHANOL-ÉTHANOL,
a Mode opératoire.
Nous avons utilisé le dispositif de Boussu. Le récipient cylindrique était en tôle d’une capacité de » litres, son diamètre avait une dimension suflisante pour supprimer l'influence des parois. Le couvercle était percé de 3 ouvertures; une de 2,5 em. de diamètre pour l’agitateur; deux autres de 1,5 em. pour le thermo-. mètre et le couple thermo-électrique. Celui-ci s'applique sur les parois à environ 1/3 de la hauteur au-dessus du fond. L’étanchéité était assurée par une rondelle en caoutchouc comprimée entre le couvercle et le bord du récipient par des vis à oreilles.
Le dispositif étant plongé dans un bain-marie, on introduit le liquide par la grosse ouverture au moyen d’une pipette graduée en 1/100 de em. On ferme aussitôt, on agite. Après quelques minutes on introduit une flamme par la grosse ouverture. On a pris un petit tampon d'amiante légèrement imbibé d’alcool et enflammé. Si le mélange est combustible un souflle se produit à l'ouverture et le millivoltmètre du couple thermo-électrique dévie indiquant que la flamme s’est propagée jusqu'au fond. La violence du souffle s’atténue près des limites. Au-dessous de la limite inférieure on n’observe aucune combustion, au-dessus de la limite supérieure la combustion a lieu à l’orifice mais la flamme ne se propage pas à l’intérieur du récipient. La distinction de la limite inférieure est très nette, mais pour la limite supérieure le phénomène est moins bien caractérisé; si l'agitation n’a pas été suflisante, beaucoup de vapeurs combustibles sont rassemblées à la partie supérieure du vase où la concentration peut être dans cette zone supérieure à la limite et la flamme ne se propage pas. Cependant avec une bonne agitation on obtient des chiffres très concordants.
L'inflammation a été opérée à une température de 79°. Les
VE
alcools avec lesquels nous avons travaillé ont été soigneusement desséchés et rectifiés.
b. Résultats.
Nous avons trouvé comme limite inférieure de l'alcool éthylique 0.090 €m° par litre alors que Boussu indique 0.088 à go° et 0.114 à 50° (1) ce qui correspond à 0.096 environ à 79°, nos résultats ne s’accordent pas avec ceux de White qui a trouvé 0.10 à la température ordinaire.
Les chiffres trouvés vérifient la loi de Le Chatelier sur les mélanges de gaz combustibles. Boussu avait déjà fait une application de cette règle aux vapeurs de liquides combustibles volatils.
n . N NE
X est la limite trouvée expérimentalement, N et N' les limites de chacune des deux vapeurs et », »' leurs proportions dans le mélange. Nous donnons ci-dessous le tableau des résultats obtenus :
Limite inférieure.
no n90
CHon. cH'on. LE NN 100 mn 0,090 1,00 80 20 0,098 0,98 60 ho 0,101 1,01 Lo 60 0,109 1,00 20 80 0,110 0,97 0 100 0,190 1,00
Limite supérieure.
100 0 0,320 1,00 80 20 0,332 0,99 60 Lo 0,348 0,99 ho 60 0,371 1,00 20 80 0,382 0,98 0 100 0,110 1,00
(1) Boussu, loc. cit.
Dee
Ces résultats montrent que la règle des mélanges s’applique non seulement à la limite inférieure mais aussi à la limite supérieure des mélanges de vapeurs d’éthanol et de méthanol.
En opérant dans un vase de 2 litres la méthode est sensible à 0.01 em soit donc 0.005 em° par litre. La pipette graduée
Limites d’inflammabilité du système :
CHSOH — C’HFOH à 75°.
cms alcool
litre air
0 20 40 TROREZT 100% C2H5 0H CH3 9H
en 0.01 em° permet d'apprécier 0.005 em soit 0.005 em° par litre d’air. L'erreur est inférieure à 0.01 em.
Si nous portons les chiffres des tableaux ci-dessus sur un système de 2 axes de coordonnées ayant pour abscisse la composition des mélanges liquides et pour ordonnées les limites correspondantes, nous obtenons deux courbes (voir fig. 1) qui déterminent trois régions. La région centrale est la zone d’inflammabilité. Tous les mélanges d’air carburé contenant les proportions d’al- <ools comprises à l’intérieur de cette zone sont combustibles.