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difficilement de ces réactifs : on obtient donc toujours des solutions impures.
On peut employer un autre procédé : il consiste à utiliser l’action pulvérisante de décharges électriques qu'on fait éclater entre des électrodes placées sous l’eau (Brédig). Déjà Hittorf avait démontré le fait suivant : les cathodes de platine, placées dans des tubes où le vide a été fait, sont pulvérisées lors du passage des décharges électriques. De même Faraday en faisant éclater, dans l’air, l'arc lumineux électrique entre deux fils d'or, obtint par pulvérisation des dépôts composés d'or métallique et finement colorés. Tichomiroff et Lidoff constatèrent que l'arc électrique désagrège les électrodes immergées dans l'eau, mais les deux savants ne décrivirent pas les pseudo-solutions métalliques. Plus tard, Habert, Brugnatelli, Poggendorff, de la Rive, ont démontré qu'en employant un courant de potentiel élevé, les électrodes métalliques augmentent en surface et deviennent poreux.
Pendant l'électrolyse, le métal, de même que les autres colloïdes, se sépare de l’anode sous forme de poussière noire.
Les non-électrolytes, tels que l'alcool, l’acétone, le sucre, l’urée, ne déterminent pas la précipitation de la solution. L'addition de gélatine empêche la solution de précipiter par les électrolytes ou par la réfrigération. Mais si l'on précipite la gélatine avec de l'alcool, elle entraîne le métal sous forme de laque ; mais le métal, ainsi précipité avec la gélatine, peut se redissoudre dans l'eau. |
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Cette méthode remarquable de pulvérisation a été ensuite étudiée par Brédig en 1898. Voici le procédé qu'emploie le chimiste allemand : on place deux fils d'argent dans l’eau pure ; on fait passer sous l’eau un arc électrique; ces fils métalliques se pulvérisent alors pour former dans l’eau une suspension extraordinairement fine. On obtient ainsi des liquides foncés, contenant de gros morceaux de métal. Puis on filtre les solutions et on peut constater qu'elles passent avec toute leur coloration à travers le filtre.
Technique. — Brédig conseille, pour préparer le collargol, la méthode suivante : on prend 100 à 156 centimètres cubes d’eau distillée très pure et ne contenant pas d'acide carbonique. Un peu au dessous de la surface de l’eau sont placés deux fils d'argent de 1 millimètre de diamètre. On fait passer, entre les extrémités de ces fils, un arc voltaïque ; on se sert d’un courant de 40 volts et on prend comme intensité 8 à 12 ampères. Il faut avoir soin de refroidir l'eau avec de la glace, à cause de l’extrême chaleur que développe le passage du courant. On laisse déposer, on filtre plusieurs fois et on obtient ainsi un liquide brun assez transparent: c'est une solutiou colloïdale d’argent.
Pour préparer une solution colloïdale, il faut environ 20 minutes à une demi-heure. La solution colloidale d'argent comme toutes les solutions colloïdales est très stable.
M. J. Billitzer a étudié les solutions colloïdales et indiqué pour les préparer un procédé un peu différent
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de celui de Bredig; Billitzer emploie également l'électricité. Les expériences de ce savant ont surtout porté sur le mercure, mais le procédé qu'il indique peut également servir pour d’autres métaux, tel l'argent. Billitzer prend une solution très diluée d’azotate de mercure et la soumet à l'électrolyse. [Il emploie 220 volts. Il obtient ainsi une solution colloïdale de mercure.
Le collargol ainsi préparé par Brédig est-il une véritable solution ou une pseudo-solution ? [Il semble plutôt qu'on ait à faire à une « suspension » c’est-à-dire que le métal n’est pas dissout dans l'eau, mais qu'il se trouve dans un état de division infinitésimale. On pourrait penser par là qu'il s'agit d'une véritable solution. mais il n’en est rien; et en effet les solutions véritables ont un point de congélation inférieur à celui du dissolvant, pour une moindre tension de vapeur, etun point d'ébullition plus élevé que le dissolvant. Ce n'est pas ce qui se passe pour les solutions d'argent colloïdal. On voit en effet que
1° Leur tension de vapeur est la même que celle de la vapeur d’eau ordinaire;
2° Leur point de congélation est celui de l’eau.
On donne donc à ces solutions le nom de pseudosolutions.
Vanino indique un procédé pour reconnaitre les solutions colloïdales. Il suffit d’agiter une solution colloïdale avec du sulfate de baryum. Ce sel précipite le colloïde. On aurait là un procédé très simple pour distinguer une solution vraie des pseudo-solutions ou solutions colloïdales.
Diag
$8 — Analogie des solutions métalliques colloi-
dales, tel l’argent colloïdal etles diastases.
L'argent colloïdal, tel que le prépare Brédig, pos-
Sède des actions « catalytiques intenses absolument
comparables à celles des diastases ». Ces faits ont été étudiés par MM. Brédig, Müller von Berneck, K. Ikaeda, K. Ernst, Keindert.
1° Le premier fait,selon Brédig,est la quantité extrémement faible d'argent qui suffit pour produire à la catalyse de grandes quantités de substances.
Les auteurs précédents ont montré que l’action qu'exerce la solution colloïdale d'argent sur l’eau oxygénée est encore très sensible lorsque la solution ne contient plus que o milligr. 3 d'argent par litre. Un grand nombre de « poisons » ralentissent ou arrêtent la réaction. C'est ainsi qu'une dose correspondant à 1/50.000.000 de molécule d'acide cyanhydrique arrête l'action catalytique de la solution colloïdale.
2° Les diastases sont en général précipitées par les électrolytes. Il en est de même pour les solutions colloïdales.
3° D'après M. Mouton, d’autres propriétés rapprochent encore les diastases des solutions colloïdales. C'est ainsi qu'il ne suffit pas que deux solutions colloïdaies soient également concentrées pour être également actives. Leur activité variera avec l'état physique dans lequel le métal se trouve dans le liquide,