‹ Sur l'étiologie traumatique de la tuberculoseChapitre 14 sur 15 · OBSERVATION N · texte numérisé non relu

OBSERVATION N

Hémoptysie traumatique suivie d'une poussée évolutive tuberculeuse.

M. J.. L..., âgé de 24 ans, est amené le 6 avril 1934 à l'Hôpital de Dinan, pour fracture de côtes multiples. Le blessé a eu un écrasement du thorax dans un accident d'automobile.

Il apparaît très dyspnéique et agité. Il porte plusieurs contusions superficielles, mais les seuls faits importants sont constitués par les fractures de côtes. Le blessé est très difficile à examiner en raison de la douleur locale intense. Trois heures après son arrivée à l’hôpital, il fait une hémoptysie abondante, suivie dans la nuit de plusieurs crachements de sang moins importants.

A la suite du repos et de la morphine, la dyspnée se calme. Le 7 avril, on examine le malade et l’on constate l’existence de quatre fractures de côtes. A droite, où siègent trois de ces fractures, il y a un épanchement pleural peu abondant.

La température est légèrement élevée: 38°2 le soir.

Les jours suivants, le malade a eu encore quelques

hémoptysies. Bien que la dyspnée diminue sensiblement, la toux et l’expectoration augmentent de jour en jour. La fièvre monte de plus en plus haut le soir et l’état général s'aggrave.

Le 20 avril, en raison d’une température oscillante et du mauvais état général, on ponctionne l’épanchement pleural droit et l’on retire du sang pur. Il s’agissait donc d’un hémothorax traumatique sans infection.

Le malade a des crachats purulents dont on pratique l'examen bactériologique le 24 avril et l’on y constate la présence de nombreux bacilles de Koch.

Le 30 avril, nouvelle hémoptysie d’abondance

moyenne.

Le 5 mai, le malade pouvant être mobilisé, on fait un examen radiologique des poumons et l’on constate une infiltration massive du sommet droit. L’épanchement pleural a diminué.

L’interrogatoire du malade décèle la mort d’un frère en bas-âge de méningite tuberculeuse. Lui-méme croit se souvenir d’avoir craché du sang à l’âge de 15 ans, mais depuis il a été toujours bien portant.

Pendant les trois mois que le malade a passé à l'Hôpital de Dinan, la poussée tuberculeuse se termine. L'image radiologique s’éclaircit progressivement, mais reste une petite cavité.

Au début de juillet, le malade part en sanatorium.

Il s'agissait donc d’une tuberculose pulmonaire ab

haemoptoe où le traumatisme a certainement joué le

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rôle d’un agent de déclenchement de la poussée évolutive, mais où le sujet était déjà porteur de lésions tuberculeuses.

OBSERVATION N° 2 Coxalgie post-traumatique.

Le jeune R.… B.., âgé de 17 ans, vient consulter à l'Hôpital de Dinan pour une douleur de la hanche droite.

Le début remonte à six semaines environ. À ce moment-là le malade est tombé du haut d’un rocher sur sa hanche droite. Il a immédiatement ressenti une douleur vive, l’empêchant de marcher et l’obligeant à rester au lit pendant une dizaine de jours. Le médecin a fait le diagnostic de contusion de la hanche.

Au bout de dix jours de lit, le malade a pu marcher, mais il a commencé à boiter et se plaignit d’une vive douleur qui n’était calmée que par le repos au lit La douleur et la claudication allèrent en s’aggravant et c’est son médecin qui envoie le jeune malade à l'hôpital pour une radiographie.

L'examen clinique montre une articulation légèrement augmentée de volume. Une contracture immobilise l’articulation coxo-fémorale. Toute tentative de mouvement passif provoque une vive douleur. A la pression on provoque de la douleur sur le grand trochanter et dans le pli inguinal.

MPIV Jess

La radiographie ne laisse pas de doute sur la nature tuberculeuse de la lésion et l’on porte le diagnostic de coxalgie.

Selon le malade et sa famille, il n’y a aucun antécédent tuberculeux. L’examen radiologique pulmonaire ne décèle aucune lésion. On ne trouve guère qu'une adénopathie discrète surtout marquée dans les régions inguinales.

Il semble donc que le traumatisme ait joué ici le rôle d’un agent déclenchant et la coïncidence pure peut être exclue.

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