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(v. 1038 sq.). Mais les moyens qu'il emploie pour parvenir à son but sont nouveaux ; à la façon des philosophes, il a inventé un système et il forme des élèves (v. 262 sq.). Autrefois les parasites étaient de malheureux déclassés qui quêtaient un dîner, qui le payaient en bons mots ou qui, pour se faire pardonner leur présence, consentaient à devenir le point de mire de toutes les plaisanteries, le souflFre-douleur des jeunes gens en goguette ; à ce métier-là ils attrapaient des horions qu'il fallait empocher sans mot dire, et la plupart du temps ils mouraient de faim. Gnathon a changé tout cela : il s'attache tout simplement aux gens vaniteux, il se fait leur complaisant, il approuve tout ce qu'ils disent, flatte leurs défauts, les accable de compliments et se rend indispensable; telle est la théorie qu'il expose à la scène ii de l'acte II et qu'il pratique à la scène i de l'acte III. C'est un métier parfois pénible (v. 1085 satis diii hoc iam saxum uorso), mais qui assure le succès. Il a bon teint, l'air florissant; il est bien vêtu et en fort bon point (v. 242). Voilà où mène l'esprit d'invention.
Parmenon a en lui bien des traits de l'esclave classique. Confident des frasques de son maître, il recueille peu de profit au métier qu'on lui fait faire : ce sont des courses perpétuelles, des nuits sans sommeil (v. 275) ; bien qu'il serve un maître aisé, il n'en tire point d'avantage, car tous les profits sont pour la courtisane (v. 79 sq.) Aussi la courtisane est-elle son ennemie naturelle, et, bien qu'il soit moins agressif à son égard que certains esclaves de Plante, il traite assez mal Thaïs à la scène ii de l'acte I. Réduit au rôle d'observateur et n'étant pas aveuglé comme son jeune maître par la passion, il voit ce qui se passe dans les coulisses du demi-monde. Il connaît à fond ces femmes si bien parées, si élégantes hors de chez elles et qui, une fois rentrées, mangent du pain noir trempé dans la