LA NOUVEAUTÉ DE L'INTUIGUE KT DES CARACTÈRES
sauce d'un ragoût de la veille et vivent dans le dénûment et la malpropreté (v. 934 sq.). Il est devenu une manière de philosophe ; il déclare que la passion est uAe maladie (v. 225 sq.), qu'elle ne raisonne pas, qu'il faut tâcher de s'en garer, sinon s'en tirer avec le moins de dommage possible (v. 56 sq.). Quant aux révoltes passagères de Tamant outragé, il sait trop qu'on ne saurait faire fond sur elles : il connaît à merveille Phaedria et ne se fait pas illusion sur la durée de ses résolutions (v. 218 sq.) Il s'égare un peu dans sa manie de moraliser, comme lorsqu'il espère que l'aventure de Chaeréa aura pour résultat de lui faire perdre ses illusions sur les courtisanes (v. 930 sq.). 11 n'a pas eu toujours d'aussi hautes visées et s'est préparé de bonne heure à ce rôle de confident et d'intermédiaire qui est celui de la plupart des esclaves de comédie auprès de leur jeune maître (v. 308 sq.) Rien de tout cela n'est nouveau ; ce qui l'est un peu plus — bien que non pas sans exemple — c'est le peu d'inQuence qu'a Parmenon sur l'intrigue* ; il y assiste sans la diriger, et, si l'idée première de l'escapade de Ch«ieréa lui appartient, il ne l'exécute que contraint et forcé. Il est du reste le jouet de Pythias qui l'épouvante en lui racontant les dangers imaginaires que court Chaeréa, le décide k tout révéler au père, et vient ensuite se moquer de sa naïveté. D'autres esclaves comiques sont plus actifs et plus délurés.
Pythias est moins eflFacée que ne le sont en général les suivantes; elle est plus irritée contre Chaeréa que Thaïs elle-même : elle entre dans des fureurs comiques, et se venge de Parmenon d'une façon assez amusante.