‹ Sur l'Eunuque de TérenceChapitre 15 sur 17 · Il jouo cependant le premier rôle d'après VArgum. Dotmti · texte numérisé non relu

Il jouo cependant le premier rôle d'après VArgum. Dotmti

Les éléments grecs et les éléments romains.

Moralité de la pièce.

Nous n'avons pas à examiner ici d'une façon générale dans quelle proportion les auteurs de la comoeû^ia palliata ont mélangé les éléments grecs et les éléments romains ni à établir une formule qui convienne à tous ; il est certain qu'ils diflFèrent à cet égard. On peut dire pourtant que le fond de leurs pièces est toujours grec, que les traits de mœurs ou de langage inintelligibles au gros public ont seuls été supprimés, que les allusions aux mœurs romaines sont des additions de surface. Cela est au moins strictement vrai pour Y Eunuque,

Nous ignorons jusqu'à quel point le demi-monde avait pris possession de Rome à l'époque de Scipion Emilien ; malgré le dérèglement des mœurs dont témoigne Catulle, il semble qu'il faille descendre jusqu'à l'époque d'Ovide pour trouver un développement de la galanterie analogue à celui qui existait du temps de Ménandre à Athènes d'abord, où se conserva une certaine distinction qui ne se transportait point à l'étranger, puis dans les villes grecques d'Orient. Ce qui est certain, c'est que Thaïs est un personnage grec ; née à Rhodes d'une mère samienne, élevée avec une certaine recherche, mais non point pour une existence régulière, ayant suivi en Attique un négociant athénien et conservé l'habitude des liaisons plus ou moins passagères, de la vie facile et luxueuse (v. 1074 sq.), elle est le produit d'une civilisation toute différente de la civilisation romaine.

Ces jeunes gens si peu surveillés, qui sont confiés à

un esclave plus capable de les entraîner au mal que de les en défendre, ce Phaedria qui au vu et au su de tous est lié avec Thaïs, qui lui fait des cadeaux et subvient à ses dépenses, ce Chaeréa qui affiche si franchement la prétention de s'amuser sans vergogne, qui est au courant des affaires de son grand frère et se conduit plus mal que lui, ce père de famille qui tout en étant irrité des désordres de ses enfants ne fait pas grand'chose pour les empêcher, sont les représentants d'une classe de la société athénienne à partir du moment où, l'indépendance étant perdue, on oublia les souvenirs de Salamine et de Platées pour s'abandonner tout doucement à une corruption élégante et raffinée. Rien de pareil à Rome à l'époque de la prise et de la destruction de Carthage ; de pareilles mœurs, nationales à Athènes, ne pouvaient paraître à Rome qu'une importation exotique. Quant au capitaine d'aventures allant se mettre à la solde des rois d'Asie, il remonte au moins jusqu'à l'époque de Cyrus, mais les Romains ne le connaissaient que par ouï-dire.

Si nous entrons dans le détail, nous surprenons çà et là une foule d'allusions purement grecques.

V. 110 sq. Une jeune Athénienne est enlevée à Sunium par des pirates : elle est vendue à un marchand qui la cède à une femme de Rhodes; celle-ci lui donne une éducation assez raffinée, mais qui ne paraît pas la destiner à une carrière honnête ; elle en fait une musicienne (v. 133 fidibus scire), La jeune fille est vendue par un oncle avide, achetée par un capitaine, ramenée à Athènes pour être donnée en présent aune courtisane. Voilà un roman qui était sans doute plus fréquent dans la comédie que dans la vie, mais qui a une saveur grecque assez prononcée.

V. 165 sq. Thaïs a eu un caprice; elle a voulu avoir parmi ses suivantes une négresse d'Ethiopie et un

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eunuque « parce que les reines* seules en ont ». C'est là une fantaisie qui ne pouvait venir qu'à une personne familiarisée avec les usages des harems de l'Orient. .

Non seulement le personnage du parasite est tout grec, mais l'allusion aux philosophes (v. 262 sq.), à leur prétention de fonder des écoles, de s'entourer de disciples, rappelle quelle place la philosophie tenait à Athènes. Les fragments de la Comédie nouvelle nous ont conservé bien des passages où il en est question, passages que les auteurs de la comoedia palliata ne pouvaient qu'effleurer discrètement.

V. 289 sq. Chaeréa fait son service militaire comme éphebe; il est pour le moment TreptTroXoç et occupe avec ses camarades un des forts du Pirée. Térence a rendu la chose en termes assez vagues : nam ibi custos publiée est nunc. Probablement bien des Romains de cette époque étaient parfaitement étrangers à l'organisation de l'éphébie athénienne. Il n'en est que plus curieux que Térence n'ait pas négligé ce petit détail si exclusivement grec.

V. 313 sq. On comprend que dans une société très raffinée les mères de famille aient tenu à ce que leurs filles eussent la taille fine et l'apparence fluette. Ce n'était certainement point la préoccupation des matrones romaines contemporaines de Térence; le trait est donc grec.

V. 476 sq. Parmenon définit les choses que doit savoir un jeune homme de naissance libre : fac péridura in litteris, Fac in palaestra, in musicis,,, etc., c'est là l'éducation d'un jeune Athénien et non d'un Romain.

V. 506 sq. Thaïs s'en va au festin, auquell'a conviée Thrason, escortée de ses suivantes (cf. 581). Cet usage des courtisanes d'emmener avec elles une partie de

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