Cf. le Comment, de Donat ad h. loc
apparaître et disparaître ses personnages sans nous avertir d'où ils viennent et où ils vont. Remarquons également qu'il s'est arrangé pour inscrire leurs noms dans ses vers, généralement avant qu'ils ne prennent part à Faction. De cette façon le spectateur n'avait pas besoin de consulter d'avance une affiche et, pour les représentations suivantes comme pour les lecteurs, les noms des acteurs étaient faciles à retrouver. Au vers 81 est nommé pour la première fois Phaedria, désigné par toute la première scène comme un adulescens et par le v. 57 ère comme le maître; au vers ^3, Parmenon; au vers 91, Thaïs, désignée comme une meretrixv, 48 meretricum et v. 79 nosiri fundi calamitas; au vers 353 seulement Thrason, désigné comme un capitaine v. 125 miles et ailleurs ; au vers 228 Gnathon ; au vers 308 Chaeréa, désigné v. 289 comme erilem filium minorem; au vers 440 Pamphila, qui du reste est un personnage muet ; au vers 472 l'eunuque Dorus ; au vers 500 Pythias; au vers 531 Chrêmes, désigné V. 204 comme le frère de la jeune fille et un adulescens nobilis; au vers 538 Dorias; au vers 565 Antiphon (peut-être au vers 560 où le texte est altéré); au vers 776 Sanga; au vers 772 les personnages muets qui accompagnent Thrason ; au vers 807 la nourrice Sophrona. Quant au senex déjà désigné au vers 298, il n'a pas de nom, ce qui montre peut-être que Térence le considérait comme un personnage quelconque et sans importance.
A côté de ces indications de détail, d'autres ont plus de portée ; elles nous annoncent d'avance soit un événement qui va se passer, soit un développement de caractère.
Toute la tirade de Parmenon à la scène première de l'acte I, V. 50 sq., nous fait prévoir que Phaedria ne résistera point à Thaïs et en passera par où elle voudra.
Dans le récit de Thaïs qui constitue Texposition, l'interruption de Phaedria Ciuemne? au v. 110, en parlant de Pamphila, fait prévoir le dénouement. Les vers 147 sq. Sola sum; haheo hic neminem Neque amicura neque cognatum : quam ob rem, Phaedria, Cupio aliquos parère amicos heneficio meo^ expliquent qu'à la fin de la pièce elle se fasse recevoir dans la clientèle du senex. Les vers 139 sq., 165 sq. annoncent les cadeaux que Thaïs recevra au second acte de Thrason et de Phaedria, les vers 189 et 207, ceux de Phaedria en particulier, le vers 205... Et is hodie venturum ad me constituit domum la visite de Chrêmes.
Le scepticisme de Parmenon sur les résolutions de Phaedria, v. 219 Nam aut iam reuortere, autmox noctu te adiget horsum insomnia, présage le retour de celuici avant la fm de la pièce ; son appréciation de la beauté de Pamphila v. 231 haec superat ipsam Tkaïdem^, du caractère de Chaeréa v. 299 sq. fait prévoir la folie que le jeune homme va commettre.
Les conseils donnés par Gnathon à Thrason sur les moyens d'exciter la jalousie de Thaïs en vantant Pamphila, v. 440 sq., sont préparés par quelques vers de l'exposition, v. 142 sq., et auront leur application dans l'issue malheureuse du dîner donné par Thrason ^.
Les ordres tout naturels de Thaïs à Pythias : v. 500 sq., TH. Diligenter, Pythias, Fac cures, si Chrêmes hoc forte aduenerit, Ut ores, primum ut redeat; si id non commodumst, Ut maneat; si id non poterit, ad me adducito, nous remettent en mémoire la visite déjà annoncée de Chrêmes et préparent toute la fin de la scène suivante^. Quant aux recommandations à propos de Pamphila, ce sont des indications au rebours :