‹ Sur l'Eunuque de TérenceChapitre 5 sur 17 · Cf. le Comment, de Donat sur le y · texte numérisé non relu

Cf. le Comment, de Donat sur le y

V. 505 Ehem^ curate istdm diligenter uirginem Domi : adsii is facile^. Thaïs partie les servantes ne songent qu'à s'amuser et la présence de l'eunuque sera justement ce qui causera le malheur.

L'identification de Pamphila avec la sœur de Chrêmes fait du progrès dans l'esprit des spectateurs lorsque après avoir entendu Chaeréa s'écrier v. 318 Anni? sedecim^ on entend Chrêmes dire v. 526 amios natast sedecim, Non maior. La mention de son âge est du reste amenée très naturellement. Lorsque Chaeréa déclare qu'il ne demande qu'à l'épouser, v. 888, el qu'il répond d'avance du consentement de son père : V. 889 sq. CH... Emoriar, si non hancuxorem duxero, TH. Tamen si pater quid...? CH. Ahuolet^ certo scio\ ciiiis modo haec sit, rien n'est mieux en situation, car il est fort passionné, et cela nous achemine au dénouement.

Toutes ces indications scéniques sont utiles; elles sont insérées dans le dialogue d'une main assez habile pour qu'elles paraissent en faire nécessairement partie ; et pourtant le spectateur qui écoute les saisit : c'est en réalité pour lui qu'elles sont faites.

1. V. 505 sq. les mss., suivis par Fleckeisen, Umpf., Dziatzko, ont : Ehem^ curate istam diligenter virginem : domi adsitia facite. Mais la recoinmandatioa est assez singulière. Thaïs ne doit pas craindre que ses servantes ne sortent, et après son départ elles n'en manifestent pas la moindre velléité. D'autre part il est fait allusion à ces ordres plus loin, ceux il est vrai qui ont été donnés dans la maison : v. 578 CH... 7nihi ne abscedam imperat; In interiore parte ut maneam solus cum aola; v. 83i PY. Quid facerem? ita ut tu iusti, soli créditait. Thaïs a donc ordonné que l'eunuque restât auprès de Pamphila ; d'où la nécessité de lire v. 505 sq. Ehem, curate istajn diligenter uirginem Domi : adsit is facite. Le adsit is facite, étant donnée la suite, est très comique (Cf. le Comment, de Donat sur le v. 505).

Rapport de Térence avec soi^ original. La contamination.

On a souvent agité la question des rapports de la comoedia palliata avec les originaux grecs ; mais on ne saurait donner des conclusions absolument fermes à cause de la perte de ces originaux. Nous avons à propos de VEunuque quelques renseignements intéressants.

Perse, dans sa satire V, parlant des personnes qui se croient libres et qui ne le sont pas, a traduit ainsi le commencement de VEunuque de Ménandre, comme nous en avertit le scoliaste et comme nous pouvons Tinduire de nous-mêmes, v. 159 sq. :

Nam et luctata canis nodum abripit, et tamen illi, 160 Cum fugit, a collo trahitur pars longa catenae.

* Daue, cito, hoc credas iubeo, finire dolores Praeteritos meditor' crudum Chaerestratus unguem Adrodens ait haec * an siccis dedecus obstem Cognatis?an rem patriam rumore sinistro

165 Limen ad obscaenum frangam, dum Chrysidis udas Ebrius an te fores extincta cum face canto? '

* Euge puer, sapias, dis depellentibus agnam Percute*. *Sed censen, plorabit, Daue, relicta?' ' Nugaris; solea, puer, obiurgabere rubra;

170 Ne trepidare velis atque artos rodere casses,

Nunc férus et violens, at si vocet, « haud mora » dicas.' *Qui(i nam igitur faciam? nec nunc, cum accersat et

ultro Supplicet, accedamf ' si totus et integer illinc Exieras, nec nunc'

M. Nencini* a pensé que ces vers nous présentaient

\,De Terenlio eiusque fontibus scripsit Flaminius Nencini, Liburni, in officina Raph. Giusti, 1891, p. 81 sq. et la note.

un début tout différent de celui de Térence; du v. 171, qu'il comprend sans doute « ...farouche et violent pour le moment; mais, si elle t'appelait, tu dirais : tout de suite », on peut conclure, pense-t-il, que dans Ménandre Chaerestrate n'avait pas encore été rappelé par Chrysis : ces avances de Chrysis auraient eu lieu un peu plus tard ; au contraire, chez Térence, c'est un fait accompli ; de là une différence notable dans la première partie des deux pièces.

Il n'en est rien, si l'on examine de près les choses : Perse compare Chaerestrate à ces gens qui, après une résistance momentanée, se croient libres, mais qui continuent à traîner leur chaîne. Nous assistons donc d'abord à la révolte de Chaerestrate, v. 160-166. Son esclave l'encourage dans cette révolte en lui donnant des conseils : « Bravo, fais preuve de bon sens, immole un agneau aux dieux qui écartent le mal. » Mais Chaerestrate retombe bien vite sous le joug, V. 168. En présence de cette rechute, l'esclave lui prédit son sort, et, comme il aime les situations nettes, il lui donne ironiquement des conseils appropriés à cette situation nouvelle. « Ne t'agite pas en rongeant les filets qui t'enserrent, en te faisant farouche et violent pour l'instant; mais, puisqu'elle te rappelle, réponds : « tout de suite ». Chaerestrate, qui sent l'ironie, répond : « Que dois-je faire après tout? Ne lui reviendrai-je pas même maintenant qu'elle me demande et qu'elle va jusqu'à me supplier la première ? » Il cherche ainsi à se justifier à ses propres yeux.

Dicas n'est donc pas un potentiel, mais un subjonctif d'injonction ; la difficulté réside dans uocet; on attend plutôt uocat, puisque c'est une chose certaine. On pourrait croire ou que le subjonctif a été introduit fautivement dans le texte, à cause des subjonctifs voisins, ou admettre qu'il exprime de la part de

Tesclave une nuance de doute : « du moment qu'elle t'appelle, à ce que tu dis ». Mais, sans doute, nous n'avons affaire ici qu'à une particularité de la syntaxe de Perse*. Quoi qu'il en soit, l'interprétation de M. Nencini disparaît. La seule différence entre le début de V Eunuque grec et celui de V Eunuque latin, c'est que Térence a supprimé quelques vers pour commencer, ainsi que nous l'apprend Donat, act. V, i, à elra t( izoïr^atà. La raison de cette suppression nous apparaîtra quand nous en aurons constaté un certain nombre d'autres.

Si l'on rapproche les vers 77 sq. de Térence :

Neque praeter quam quas ipse amor molestias Habet addas, et illas quas habet recte feras.

du fragment de Ménandre 187, Koch :

Mif| ôe-oixà/Êi {jL7)8à Tupocrayou tû TtpàyfxaTi yeiiJLàivaç ÉTspouç, Toùç S' àvayxaiouç çepe

on a sur les procédés de Térence une indication précieuse. L'imitation est exacte pour l'idée, mais non pour le. style. De belles et élégantes expressions (Ôeotxayst, ^^eijxwvaç) ont été négligées comme n'ayant pas leur analogue en latin. Le latin dit la même chose, mais d'une façon très ordinaire et, dans ce cas particulier, passablement lourde. On sait que les critiques romains qui pouvaient juger en connaissance de cause ne faisaient point difficulté de reconnaître la supériorité du modèle grec sur l'imitation latine ; c'est un jugement auquel il faut se ranger. D'autre part, nous voyons que l'imitation de Térence n'est pas une adaptation, mais une traduction; il suivait son modèle pas à pas.«

1. Cf. V. 172 ; nec nunc, cum accersat et ultro Supplicet^ aeeedam ? Térence dit, V. 46 : non e<im ne nunc quidem^ quom accenor ultro?

M. Nencini, p. 100, a rapproché du passage où Parmenon vante sa discrétion, v. 103 sq., le proverbe qui se trouve chez Zenob., V, 95, audTOfjLwTepoç dxaç&Tiç et qui est expliqué ainsi : 7rapoi(x{tt eitt tôv Taç axà^aç cpspovTwv [xeTo(xa)v. Sii to aTuappTjatadrov olç où8s jraveïv e(peÏTO. TaTTÊTai Bà 67ut twv {at, 8uva;xéva)V Tuap^TjdtaÇeffOat.

Que ce proverbe vienne de Tusage ici mentionné ou simplement de la forme de la dxàçpTj, le rapprochement est ingénieux et plausible sans être absolument sûr. L'omission de Térence s'expliquerait par une loi que paraissent observer scrupuleusement les auteurs de la comoedia palliata, à savoir de ne jamais introduire dans leurs vers d'allusions à des usages grecs trop spéciaux, allusions qu'un Romain n'aurait pu comprendre avec ses idées courantes.

Le rôle de Chaeréa soulève quelques difficultés. A propos du vers 289, Sed uideo erilem filium minorem hue aduenire, le commentaire de Donat nous ofi're la scholie : Non potest Terentius TpdçptfjLov proprie dicere, et ideo herilem filium dicit. M. Nencini, p. 90 sq., pense que le changement provient de modifications apportées par Térence dans le rôle de Chaeréa. Chaeréa, dans Térence, est appelé v. 824 ephebus; d'autre part, Pythias, v. 693, lui donne seize ans, annos natus sedecim. Or, v. 290, nous apprenons qu'il est au Pirée comme TueptTuoXoç : nam ibi custos publiée est nunc, M. Nencini voit là une contradiction : car il faut distinguer l'éphébie naturelle de l'éphébie civile, la première commençant à seize ans, la seconde à dix-huit. Or c'est pendant la seconde que les jeunes Athéniens faisaient leur service militaire ; il remarque que l'âge de seize ans convient mieux au rôle que joue Chaeréa* et il en conclut que le personnage, dans Ménandre, était plus jeune que chez Térence, qu'il

1. V. 315. Praeterea forma et aelas ipsast, facile ut pro eunucho probes.

n'y était point icepéicoXoç et qu'il ne tenait point garnison au Pirée.

Ces observations sont fortes et Thypothèse est ingénieuse ; mais elles se heurtent à l'objection suivante : si c'est Térence qui a imaginé d'enrôler Chaeréa dans l'éphébie civile, d'en faire un TcepÎTcoXoç attaché momentanément à la forteresse du Pirée, il a, lui élevé à Rome et qui n'était jamais allé en Grèce, ajouté au texte un détail tout spécial de mœurs exclusivement grecques et surtout athéniennes ; or ce n'est pas dans ce sens qu'on devrait s'attendre à le voir altérer le texte. Il ne pouvait guère apporter que des modifications de nature à atténuer la couleur locale et non point à l'accentuer; le changement n'est donc pas tiré de son fond. Quant à admettre qu'il soit allé chercher dans une autre pièce de la Comédie nouvelle un trait aussi particulier que celui-ci pour l'introduire dans son Eunuque^ c'est une supposition tout à fait en l'air. L'auteur de la scholie citée plus haut veut dire tout simplement que si Térence n'a pas traduit le mot Tpo<pi{xoç par celui d'a/umni/s, c'est que ce mot à'alumnus ne s'employait en latin dans ce cas que mis en rapport avec celui de pédagogue ou de magister. C'est bien ainsi qu'il est employé par Plante dans le Mercator^ v. 822; or il n'est pas question ici de pédagogue. Quant à l'appréciation de Pythias qui donne à Chaeréa seize ans, on remarquera que celle-ci ne le connaît pas, qu'elle ne l'a vu qu'une fois et qu'il serait singulier qu'elle eût la prétention de tomber absolument juste. Après tout, Chaeréa pouvait paraître moins que son âge, et le fait que Pamphila n'a que seize ans porte à croire que Chaeréa avait un peu davantage.

Une autre difficulté est soulevée par le commentaire de Donat à propos du rôle d'Antiphon : v. 539 : « Bene inventa persona est^ cui narret Chaeréa, ne nnus

diu loquatur, ut apud Menandrum. » Ce passage a été fort discuté, et peut-être faudrait-il attendre que nous ayons une édition critique de Donat pour prendre définitivement parti. Toutefois l'assertion est tellement nette qu'il est difficile actuellement de la révoquer en doute; le personnage d'Antiphon n'existait pas chez Ménandre : Térence l'a ajouté pour rendre le monologue suivant plus dramatique.

Comment les choses se passaient-elles donc dans Ménandre ?

L'apparition d'Antiphon est motivée par un trait de mœurs absolument grec. Les éphèbes en garnison au Pirée ont décidé de s'offrir un banquet par écot. Ils ont chargé Chaeréa de l'organisation; c'est pour cela que celui-ci est venu à Athènes** il a fait sa commission, et son aventure n'est venue qu'après. On sait combien la coutume des banquets par écot était chère aux jeunes grecs : on les a retrouvés figurés sur les vases. Dès lors l'adjonction du personnage ne saurait guère être du crû de Térence : tout ce qu'on peut admettre, c'est qu'il a trouvé tous ces faits mentionnés dans son original, mais qu'il leur a donné une autre forme.

A la fin de la scène ii de l'acte II, Parmenon s'étonne que Chaeréa ait quitté le Pirée : v. 290 Miror^ quid ex Piraeo abierit. Cet étonnement reste sans réponse : or, il serait tout à fait conforme aux usages de la pièce que Chaeréa en arrivant nous dit pourquoi il vient et prononçât quelques vers analogues à ceux du début du monologue d'Antiphon. La dérogation à l'usage s'explique par l'état d'agitation dans lequel se trouve Chaeréa. Nous ne pouvons que l'approuver ; mais estil sûr qu'elle existât dans Ménandre? Déjà, au début

1. Il a déjà dû y venir la veille; il connaît en effet l'achat de l'eunuque par son frôre : v. 357 GH. Illumne obsecro Jnhoneslum hominem^ quem mercatus est heri,... ?

de la pièce, Térence a supprimé quelques vers et commencé avec plus de vivacité que ne l'avait fait Ménandre. Qui» nous dit que nous ne nous trouvons pas en présence d'une suppression analogue ? En tout cas, il est bien possible que dans la scène m de l'acte II Chaeréa ait indiqué à Parmenon l'objet primitif de sa venue. A l'acte III, scène v, à la fin de son monologue, Chaeréa devait se rappeler qu'il avait négligé de prévenir ses camarades et avoir envie de changer de vêtement. La maison d'Antiphon étant la plus voisine, il se décidait à s'y rendre avec l'espoir d'y rencontrer Antiphon lui-même et de lui donner de ses nouvelles. La modification apportée par Térence se réduirait donc à ceci ; il aura trouvé chez Ménandre la mention d'Antiphon et il aura eu l'idée de le mettre en scène. De là un changement à la fin de la scène v de l'acte III ; Chaeréa prenait seul la détermination que prennent ensemble les deux amis. Ensuite Térence a retardé les indications qui expliquaient sans doute 'au deuxième acte l'arrivée de Chaeréa; il les a mises dans la bouche d'Antiphon, afin que celui-ci eût quelque chose à dire en arrivant et que sa présence fût justifiée. La raison capitale pour Térence de le mettre en scène, c'était de donner un interlocuteur à Chaeréa dans la scène v de l'acte III. En effet, Antiphon ne paraît que juste à ce moment, et ensuite nous ne le voyons plus.

Notons à propos de cette scène la probabilité d'une petite suppression. Au v. 959 de VAndrienne nous lisons dans le commentaire de Donat : Hanc senlenti'am totam Menandri de Eunucho transtulit. Or, les V. 959-9bl de YAjidrienne concordent absolument, comme l'a remarqué M. Nencini, p. 43 sq., pour le ton et le sentiment, avec le début de la scène v de l'acte III de V Eunuque. Nous avons donc une petite suppression dans un passage qui a été augmenté

d'ailleurs par raddition d'un nouveau personnage. L'explication qui s'offre le plus naturellement, c'est que les deux faits sont en relation l'un avec l'autre et que Térence a cherché une sorte d'équilibre.

M. Nencini, p. 85 sq., pense que le personnage de Chrêmes, que Térence avait trouvé dans V Eunuque de Ménandre, a été transformé par lui du tout au tout. Il remarque en effet que le nom de Chrêmes est ordinairement, dans la Comédie nouvelle^ celui d'un vieillard; il suppose donc que chez Ménandre Chrêmes était non pas un jeune homme, mais un vieillard, et que c'est dans sa clientèle, après le service rendu, que Chrysis entrait à la fin de la pièce. L'idée est séduisante; il est en effet assez difficile d'expliquer pourquoi le père de Phaedria et de Chaeréa consent à prendre sous sa protection une femme dont les rapports avec son fils aîné n'ont rien qui puisse lui plaire. Mais l'argument tiré du nom n'a pas de valeur ; nous ne savons pas en effet si le personnage en question portait chez Ménandre le nom de Chrêmes, et nous avons tout lieu de croire que non. C'était sûrement un jeune homme, comme le prouve le commentaire de Donat, au v. 507 : Haec persona apud Menandrum adolescentis rustici est^ et inconsequens oratio est, Sed conceditur secum loquentibus multa transcendere, quae taciti intelligunt. Ce passage est assez singulier; il semble qu'il doive s'expliquer de la façon suivante : Donat rappelle que le personnage est chez Ménandre un adulescens rusticus et note qu'ici il s'exprime avec des sous-entendus ; il rétablit ensuite les idées sousentendues ; la dernière partie de la scholie se rapporte donc uniquement aux vers de Térence ; la première indique l'origine et le caractère du personnage : ce sont deux choses différentes, entre lesquelles on a eu tort de vouloir établir un lien étroit. Il n'y a pas lieu de douter de l'exactitude du renseignement en ce qui

RAPPORT DE TÉRENCE AVEC SON ORIGINAL. ol

concerne le rôle de Chrêmes chez Ménandre, car, si Ton entre dans cette voie, toute base de raisonnement nous manque; et ainsi l'hypothèse de M. Nencini tombe d'elle même. Reste à savoir pourquoi Donat a fait cette remarque ; Chrêmes habite la campagne et Donat, à plusieurs reprises, souligne sa rusticité : par ex. à propos du v. 531 ego sum Chrêmes, qui est assez brusque, à propos du v. 735 où le maladroit avoue qu'il n'a pas compris les signes que lui a faits Thaïs, à propos du v. 744 où la rusticité n'est guère sensible, à propos du v. 755 où Chrêmes témoigne surtout sa poltronnerie... Il est certain que Chrêmes a dans son caractère quelque chose de particulier ; il est assez mal commode, défiant, timide; il n'a pas l'usage du monde; mais il n'a pas non plus la grossièreté native qu'ont chez Plante certains personnages rustiques. Le côté fruste du caractère paraît avoir été atténué par Térence, et la remarque de Donat a simplement pour but d'avertir qu'il était plus accentué dans Ménandre.

A la scène v de l'acte V, lorsque le senex est entré dans la maison de Thaïs pour y faire du scandale, Parmenon s'écrie : v. 1000 sq. Nam iam diu aliquam cansam quaerebat senex Quam ob rem insigne alïquid faceret eis : nunc repperit. Nous lisons dans le commentaire de Donat sur ce passage : Manifestius hoc Menander explicat, iampridem infestum meretrici senem post corrupium ab e%Phaedriam^ nunc demum se inventa occasione vindicatimirh. Ici encore Térence a abrégé. Que le senex éprouvât du ressentiment contre la courtisane qui ava-it dérangé son fils, il n'y a rien là d'étonnant ; la colère des pères en pareille circonstance est un lieu commun de la comédie nouvelle ; mais pourquoi Térence a-t-il supprimé cet éclat? Peut-être parce qu'il a d'autre part ajouté quelque chose au cinquième acte : la raison serait ce souci de la pon-

dération et de la mesure dont nous avons cru déjà constater Teffet. Il est possible aussi que, la pièce se terminant par une réconciliation assez inattendue, Térence n'ait pas voulu la rendre moins vraisemblable encore en insistant sur les ressentiments du senex.

Il nous reste encore à examiner quelques renseignements isolés. Stobée* rapporte de V Eunuque de Ménandre le fragment suivant :

TTCtVTa Ta ÇYlT0U[X6Va

Seîffôat (jLspîjjLVYiç ^aejiv oi ffocpwTepot.

M. Nencini attribue ce fragment au rôle de Chrêmes, sans du reste indiquer d'endroit précis; mais Chrêmes, qui est un personnage ridicule, ne fait pas grand effort en somme pour retrouver sa sœur; c'est Thaïs qui fait toutes les démarches et qui se donne tout le mal. Le passage se placerait bien dans le petit monologue de Thaïs, qui termine le premier acte ; il est tout naturel que Thaïs, qui est au début de ses recherches et à qui le succès tient au cœur, déclare qu'elle n'épargnera point sa peine. Térence, qui a supprimé quelques vers au début de l'acte, peut bien en avoir supprimé quelques autres à la fin. Il est vrai que dans les environs de l'attaque du capitaine, lorsque les inquiétudes de Thaïs sont au comble, une réflexion de cette nature pouvait trouver sa place; mais peut-être eût-elle été exprimée avec moins de placidité.

Au V. 689 colore mustelino^ le commentaire de Donat accuse Térence d'avoir fait un contresens : « Erravit Terentius^ nonintelligens Menandricum illud : ouTOffl 8è YaXewTTjç yspcov. Ait autem stellionem animal^ quod lacertae non dissimile est, maculoso corio : namque ad id genus coloris faciès exprimitur eunuchorum corporum^ quia plerique lentiginosi sunt, hinc ergo

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