CHAPITRE
CRITIQUES ADRESSEES AUX QUARANTAINES PREMIÈRES CONFERENCES SANITAIRES INTERNATIONALES
Si l'Ecole conlagioniste et le système des quarantaines triomphait, des adversaires ne devaient pas tarder à combattre les conséquences de la loi et à en demander la révision.
Les Compagnies de navigation attaquaient le système en vigueur à cause des entraves qu'il mettait aux relations commerciales que l'emploi de la vapeur allait rendre plus rapides et plus importantes ; tel navire parti de Constantinople en 1827 ,ne pouvait entrer à Marseille qu'au bout de 135 jours, après avoir subi sereine et quarantaine en plusieurs lazarets ; de plus, la diversité des mesures adoptées par les Etats rendait toute opération commer-
ciale difficile et aléatoire : « On ne pouvait prévoir quel
« traitement aurait à subir un navire dans un port »;
{(Secur-DupeyroN) ; mais surtout l'Angleterre, pour protéger son commerce, avait rapidement supprimé Îles
anciennes institutions sanitaires, et les marchandises
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venant d'Alexandrie, arrivaient plus vite à Paris en passant par l'Angleterre qu'en faisant quarantaine à Marseille ;la France perdait ainsi le bénéfice de sa situation
géographique en Méditerranée.
À ces raisons d'ordre économique, le monde scientifique ajoutait des raisons tirées de recherches nouvelles sur les maladies pestilentielles.
Pour la fièvre jaune, CHErRvix déclara les quarantaines inutiles, estimant que la maladie naissait sur place et qu'elle n'était pas transmissible par l'homme ; il porta le
débat jusqu'à la Chambre des Députés (pétition de 1843).
Le choléra envahit l'Europe en 1832 ; parti d'Asie et se dirigeant vers l'Ouest, il avait, malgré l'établissement de cordons sanitaires sur une grande échelle en Russie et en Europe centrale, continué sa marche envahissante et gagné l'Europe occidentale ,alors que des ports restés en libre communication avec le foyer initial, sans contrôle au départ ni à l'arrivée, restaient préservés. Ce fut l’occasion de mettre en doute la transmissibilité de la
maladie et l'efficacité des quarantaines.
La peste surtout devait fournir des arguments aux adversaires de la loi : les Musulmans la traitaient par l'indifférence, et les hardes des pestiférés, vendues à Constantinople, n'avaient jamais contaminé les marchands, pas plus que les cent mille balles de coton expediées d'Alexandrie en pleine période pestilentielle, n'avaient provoqué d’épidémies dans les divers marchés d'Europe. Depuis la conquête de l'Algérie, le Gouverne-
ment Français enfreignait sans danger ses’ propres règle-
DESTORE ments; Clot Bey proclumait « lFinulilité de toute mesure « restrictive à l'égard d’un mal plus puissant que « l’homme, qui n'en viendra pas moins à son heure: «quelles que soient les mesures qu'on veuille Iui oppo-