‹ Sur l'évolution des trigoniesChapitre 2 sur 8 · O OU · texte numérisé non relu

O OU

il/, costata Zenkei’

4 côtes.

M. curvirostris v. Schl.. . .

il/, vestita v. Alb

Orn.

il/, eleqans Diink

concent.

.1/. postera Quenst

Ainsi que je l’ai indiqué au début, à propos de la division du G. Myophor'ta en plusieurs groupes, et comme on peut le constater en jetant les yeux sur le tableau ci-dessus, il existe des espèces lisses ou ornées presque à tous les niveaux ; celles qui sont semblables à des Trigonies {cosfatæ), telles que 31. elegans, apparaissent dès les grès de la Thuringe, c’est-à-dire immédiatement après le Carboniférien, tandis que l'autre {31. postera) n’a vécu que dans le Rliétien, tout près de la limite inférieure du Lias; d’autre part, si le Keupérien n’en fournit ([u’avec des côtes rayonnantes et nombreuses, cela tient peut-être à ce que les formes lisses n’ont été trouvées qu’à l’état de moules internes, d’autant plus que M. Rühenstrunck a dû laisser de côté un certain nombre de formes ou de variétés douteuses, peu déterminables, sur lesquelles les renseignements font défaut et dont le classement générique n’est même pas certain : Corbula grefjarïa Munst. , 3lgophor\a e.rigua Rerger, 31. pleurophoules Rerger, 31. tr'igonioides Rerger (ces trois dernières, des grès de la Thuringe), 31. miitkn Richter, 31. pholadomgoides Passarge, 31. Frit.sc/di Prôscholdt, 31. Struckmanni V. Stromb., 31. alata \. Alberti, 31. secarifonnis Sandb., 31. modiolina Dunker, 31. Keferste'mi Munst.

Système JURASSIQUE. — Durant toute cette période, ni la charnière, ni les impressions musculaires ne varient sensiblement dans le G. Trigonia, le seul qui représente désormais la famille qui fait l’objet de cette étude. Les valves semblent alors avoir

atteint le degré de spécialisation qui convient à un milieu oolithique, et elles s’y maintiennent sans autres variations que celles de la forme et de rornementation. Pour préciser davantage ce que j’ai précédemment exposé, à propos du G. Trkjoma, au sujet de la valeur purement spécifique de ces variations, il suffit de feuilleter l’excellente monographie de J. [Palæontolog. Soc., 1872-1881), dans laquelle

j’ai puisé une partie des renseignements qui vont suivre : on se rend compte ainsi qu’il est à peu près impossible d’attribuer une importance évolutive ni à la forme, ni surtout à l’ornementation des Trigonies dont l’existence a été constatée aux divers étages du Jurassique.

Lias. — Lycett ne décrit, en Angleterre, que quatre espèces réparties dans les trois étages du Lias et appartenant précisément à quatre groupes différents : T. »iodesta Tate irostatæ), T . Hngonensis [glahræ], T. indchella Ucaphnideæ), T. Ullerata Young et Bird [undidatæ) à laquelle se rapporte 7\ lïrala d’Orb. {non Fhill.). 11 faut y ajouter: T. cf. costata Chap. et Dew., T. navis Lamk., T. sinidts Ag., T. costellnla, sur le continent; et en outre, deux espèces hettangiennes d’Oviedo en Espagne : T. ociedem'is Lyc. [glabræ), T. infracostata Lyc. [costntæ).

Bajocien. — En y comprenant les sables « supraliasiques » de Lycett, le développement des Trigonies prend une rapide importance : M. Bigot cite, en Normandie seulement, sept costcdæ et cinq clavellatæ ; en Angleterre, Lycett y ajoute neuf undu- Intæ, quatre scaphoideæ, soit en tout une quarantaine d’espèces; il est vrai qu’il y comprend celles du Fuller’s Earth que M. Bigot place dans le Batlionien inférieur. Quelques autres ont été décrites par Agassiz ou dans le Prodrome de d’Orbigny, il serait fastidieux d’en donner la liste ; je préfère donner les figures de bons spécimens d’une espèce qui a été souvent confondue avec T. costata Sow. et qui en a été séparée par Agassiz sous le nom Uneolata, à cause de sa forme subquadrangulaire et de la saillie de la carène marginale de l’aréa. Les deux valves figurées (PL I, fig. 1-5) proviennent du Bajocien supérieur de Nuars (coll. de Dom Valette), elles sont entièrement dégagées et laissent voir, par conséquent, tous les détails de la charnière et des impressions musculaires, ainsi que les critériums distinctifs de l’ornementation, sur lesquels a insisté, avec beaucoup d’exactitude, M. Bigot dans le Mémoire précité (p. 19).

Bathonien. — Réduit, en Angleterre, à la Grande Oolithe et aux coucbes supérieures du Forest marble et du Corn Brasli, cet étage contient encore, d’après Lycett, dixhuit espèces [clavellatæ, iinchdatæ, costcdæ) ; c’est au même chiffre qu’arrive M. Bigot, pour les trois niveaux batlioniens de la Normandie, et dans le nombre, il y a un représentant de son groupe semdæves [T. Eudesi Bigot) remarquable par sa surface à peu près lisse et par la disparition presque complète de la carène anale; mais elle est moins orbiculaire que l’espèce charmouthienne [T. Hngonensis qui appar-

tient au même groupe et que j’ai mentionnée ci-dessus comme glabc'æ., d’après Lycett; la charnière n’en est pas connue jusqu’à présent. Je viens d’y ajouter tout récemment (A. F. A. S., 1912) deux nouvelles espèces, l’une du Boulonnais [T. Le-

Annales de Paléontologie, t. Vil, 1912.

M. COSSMANN

ga/ji)^ l’autre de la Sarthe (T . Gndoisi), toutes deux du groupe rostatæ] dans la même Note, j’ai donné de bonnes figures de T. Bergeronl Bigot, dont la charnière n’était pas encore connue.

Callovien,Oxpürdien et Rauuacien. — Lycett a réuni dans une même liste lesTrigonies de ces trois étages, tandis que M. Bigot les a séparées.

Sur les seize espèces cataloguées par Lycett, les deux tiers environ sont des davellatæ^ les autres sont des sraphoideæ^ undulalæ et costatæ\ ce sont à peu près les mêmes proportions dans le Mémoire de M. Bigot, quelques e.spèces passent d’un niveau à l’autre [T. elongata Sow., T. papdlata Ag.) ; près.de la moitié des espèces anglaises se retrouvent en Normandie. A titre documentaire et pour bien faire ressortir que les caractères internes ne varient pas durant toute cette période, quelles que soient les différences d’ornementation, j’ai fait figurer deux des espèces critiques, recueillies dans les sables de Cordebugles où les coquilles sont dans un état exceptionnel de conservation : T. Bronni Ag. (PI. I, lig. 15; et PI. IIL fig. 14-10), T. papdlala Ag. (PI. I, fig. 6-9), variété un peu plus transverse que le type du Kimméridgien du Havre [loc. cit.^ p. 40) ; on pourrait presque confondre entre elles les charnières de ces deux espèces, et il faut y regarder de très près pour en saisir les caractères distinctifs.

Il y a lieu de remarquer en passant que les gisements de Glos et de Cordebugles ont été, depuis la publication du Mémoire de M. Bigot, attribués .à un niveau plus élevé : probablement le Séquanien.

Kimméridgien et Portlandien. — Encore neuf claoellaiæ en Angleterre, une undulalæ, une costatæ et cinq glabræ : c’est surtout dans le Portlandien que se développe ce groupe caractérisé, selon Agassiz, par T. gibbosa Sow. (PI. IV, fig. 16-17). M. Bigot, qui n’a d’ailleurs pas eu à s’occuper du Portlandien en Normandie, enregistre une costulæ, une scaphouleæ et quatre clavellatæ. On peut donc dire qu’il y a majorité de costatæ à la partie inférieure de l’OoIithe, tandis que les clavellatæ prédominent au contraire dans les étages moyens et supérieurs du Système jurassique, et que les (Bigot) démembrées des glabræ peu près cantonnées

dans le Portlandien. M. Bigot a, en outre, fait remarquer que les excentricæ, également extraites par lui des glabræ, et dont le type est T. excentr'ica Sow., du Cénomanien, débutent déjà dans le Kimméridgien supérieur de la Haute-Marne. Néanmoins, je le répète, chez toutes les formes, la charnière ne présente pas de différences appréciables au point de vue générique; on constate seulement chez ce dernier groupe une tendance à la suppression de toute limite entre l’aréa anale lisse et le reste de la surface des flancs qui est ornée de côtes parallèles au bord palléal.

Système crétacique. — Ce sont encore de vraies Trigonies, abondantes aussi à la partie inférieure, plus raréfiées à la partie supérieure, qu’on trouve dans les terrains crétacés. On en suit l’extension géographique de l’Europe aux deux Amériques, en

Asie et jusque dans l’Inde, ainsi que dans l’Afrique australe; il semblerait que le moment delà migration vers l’autre hémisphère approche, au fur et à mesui'c qu’on s’élève dans la série de ces terrains. La dent 2 de la cliarnière n’est pas plus sensiblement hilobée <[ue chez les espèces jurassiques, et les brandies S^, 3* ne sont pas plus divei’gentes; le muscle antérieur forme la même excavation sur un prolongement du plateau cardinal. En résumé, il n’y a aucun motif pour séparer les Trif/onia crétaciques, car elles ne marquent aucun stade particulier dans l’évolution de la Famille. On voit, il est vrai, apparaître les groupes des scabræ et des quadratæ qui ne sont pas encore représentés à répo((ue jurassique, mais qui dérivent en ligne directe, le premier, costaiæ ^ elle second des dai'ellalæ ; le second seul marque une tendance à l’etfacement de la limite entre l’aréa anale et les lianes comme chez les excentricæ ; mais la carène séparative reste bien apparente dans les autres groupes, de sorte que l’on ne peut réellement conclure qu’il s'agit là d’un caractère spécialisé.

De même que pour l’époque jurassique, je résumerai sommairement la répartition, terrain par terrain, des formes signalées durant cette période.

Néocomien ET Aptien. — Lycett cite encore clavellatæ q\\ Angleterre, à la hase du terrain crétacique, et Pictet trois espèces de cost(ilæ\ mais on ne trouve plus de représentants de ces deux groupes au-dessus. Il en est à peu près de même des sca~ phokleæ^ quoique Pictet en signale une autre espèce dans la Craie, mais il est facile de les confondre avec les scabræ.

Albien et Cénomanien. — Les quadratæ, (jlabræ, et surtout les scabræ forment le principal contingent des étages moyens du Crétacé; l’état exceptionnel de conservation des fossiles cénomaniens me permet de faire figurer, comme exemples, plusieurs espèces complètement dégagées : T. crenulala Lamk. (PL II, fig. 2-5), du Cénomanien du Mans, qui est une scabræ à aréa peu limitée mais bien excavée, avec 3„ et 3* presque orthogonales (ma coll.); T. Elisæ Briart et Corn. (PL II, fig. ! ; et PI. IV, fig. 18), du Cénomanien de Braquegnies (coll. de l’Ecole des mines), dontla forme est plutôt arrondie que quadrate et qui est particulièrement aplatie, les branches de 3 sont peu divergentes et presque isocèles, l’impression du muscle antérieur est relativement grande et passablement en contre-bas du niveau du plateau cardinal dont le contour inférieur est échancré sous un angle de 120° à l’aplomb du crochet; T. excentrïca Park. (PL III, fig. 2-3), du Cénomanien d’Yvrél’Evêque (coll. de l’Ecole des mines), souvent confondue avec T . smuata, et dont l’aréa lisse n’est aucunement limitée, les deux branches 3a et 3* forment un angle au sommet un peu supérieur à 90“, l’impression du muscle antérieur est exactement au même niveau que le plancher des fossettes cardinales, sur le plateau qui est échancré presque jusqu’au crochet de la valve droite.

Crétacé supérieur. — On n’y trouve plus guère que des scabræ et AQ?,(/Iabræ ; j’ai fait figurer (PL II, fig. 7-9) une bonne valve droite de T. scabra, du Turoniend’Uchaux, qui ne diffère de celle de T. crenulata (sur la même planche) que par les détails de

M. COSSMANN

son ornementation. Aux espèces désignées par Agassiz, Pictet etLycett, il y a lieu d’ajouter ; dans le Maëstrichtien, T. vaalsiemis Bôhm, du groupe scabræ^ d’après Holzapfel (1889. Moll. Aach. Kreide), T. sp'midosocofitataVQÛVô (1906. Hypersenon Peterwardein, p. 251) ({ui est également du même groupe; en Syrie, T. synaca Fraas, T . dislans Conr. et Meek, T. reynlarkoslata, imdidatocostata^ Levim Blanck., T. pseudocremilata Nœtk, T. cuneiformis Conrad, qui sont soit des ylahræ^ soit des rnihræ^ d’après Blanckenliorn (1890. Beitr. Geol. Syriens, p. 81). On n’en a trouvé ni en Lybie, ni en Perse ; mais dans l’Inde, Stoliczka a catalogué 2 scabræ, 3 glabræ^ 1 costal æ et 1 quadratæ] d’autre part, dans l’Albien de la Tunisie, Thomas et Peron signalent une nouvelle espèce, T. pseudocaiidata^ du groupe scàbræ. Enfin, dans son étude sur le Crétacé du Brésil, Wliite (1887) a décrit T. subcremdata d’Orb., du groupe scabræ^ etLycett a figuré sous le nom T. conocar- Krauss, une grande espèce de l’Afrique australe qui a un peu l’aspect des scabræ^ mais dont l’ornementation est pseudo-rayonnante.

On voit, d’après ces dernières indications, que l’extension géographique des Trigonies vers l’hémisphère austral s’accentue tout spécialement à la fin de la jiériode crétacique : c’est un indice précieux dont nous aurons ci-après à tenir compte.

Système tertiaire. — On n’a signalé, jusqu’à présent, aucune trace de Trigonie fossile dans les terrainstertiairesdel’hémisphère boréal; à ce pointdevue, la démarcation entre la fin de la période crétacique — qui en comporte encore quelques espèces, ainsi qu’on l’a vu ci-dessus — et l’époque tertiaire, est aussi nettement tranchée qu’il estpossible. On savait cependantdepuistrès longtemps, mêmedu temps de Lamarck, que le Genre Trigonia avait persisté dans les mers actuelles et que, par conséquent, ces Mollusques ne s’étaient pas éteints comme les Ammonoïdés, les INérinées, les Budistes, etc., avec la fin du Crétacé. Mais en 1866, Jenkins d’une part, M’Coy d’autre part, ont fait connaître dans le Geol. Mag. deux espèces du Tertiaire supérieur d’Australie, ayant une réelle analogie avec l’espèce actuelle, T. pectinata Lamk. Le hiatus qui persistait encore, entre le Crétacé et le Néogène, a été plus récemment comblé par la découverte de plusieurs autres espèces dans les couches inférieures du Tertiaire (Balcombien) de Victoria et de la Tasmanie ; comme l’a remarqué Lycett {loc. rit.., p. 232), il se trouve précisément que l’aspect extérieur de ces Trigonies est à peu près intermédiaire entre celui des formes mésozoïques et celui des Pectinatæ vivants et néogéniques, de sorte que l’on peut suivre avec une apparente continuité la migration et la transformation de ce ces Pélécypodes jusqu’à nos jours.

Il me reste cependant à examiner, en me référant aux critériums beaucoup plus certains de l’intérieur des valves, si cet enchaînement est réel et s’il n’y a pas quelque part une coupure à faire dans le phylum en question. A cet effet, je vais d’abord décrire ci-après les espèces dont il s’agit et les comparer successivement à celles

qui les ont stratigraphiquement précédées. De hà se dégageront naturellement mes conclusions.

Trigonia semiundulata M’ Coy. PI. III, fig. 4-5.

Taille médiocre ; valves peu conv'cxes, subquadrangulaires, très inéquilatérales ; côté buccal court, arrondi en arc de cercle dans le prolongement du contour palléal ; côté anal trois fois plus allongé, obliquement tronqué et môme un peu excavé sur son contour ; crochets petits, peu saillants, opposés ou à peine opistliogyres, situés à peu près au quart de la longueur des valves, du côté antérieur. Surface externe peu bombée, divisée en deux régions inégales et inéquisculptées ; la région buccale (ou les lianes) — qui occupe les trois cinquièmes de la surface — porte des costules serrées et concentriques, bientôt traversées par des lignes radiales dont l’épaisseur s’accroît rapidement et qui forment alors des crénelures à leur intersection ; la région anale et déprimée — (jui correspond à la troncature — porte dix à douze côtes rayonnantes et finement granuleuses, séparées par des intervalles un peu plus larges et ornés d’accroissements très serrés ; l’écusson lancéolé et très étroit — qui est contigu au corselet — est aplati dans un plan différent et porte six à huit rangées rayonnantes d’aspérités.

Charnière assez épaisse, très profondément écbancrée sous le crochet, de sorte ([ue le plateau cardinal se réduit aux fossettes destinées à loger les branches des dents 3 et 4 : 2 tellement bilobée qu’on pourrait y distinguer deux minces branches distinctes, seulement réunies par un talon au sommet, sous le crochet, et crénelées sur leur face externe ; 4^ plus épaisse et moins parallèle au bord que 4* (jui est presque horizontale, toutes deux crénelées sur leur face interne ; 3^ peu oblique, plus saillante et plus épaisse que 3* qui s’allonge — presque à 90“ — contre le bord supéro-postérieur ; elles sont toutes deux crénelées sur leurs deux faces. Nymphe formée d’une crête étroite et saillante, plus courte que les cardinales postérieures, et séparée du corselet par une profonde rainure.

Impression du muscle antérieur profondément creusée en contre-bas du plateau cardinal, immédiatement contiguë à 4^ et à sa fossette ; impression de l’adducteur postérieur grande, arrondie, superficielle, séparée de 4* et de sa fossette par une petite cicatrice profondément gravée et bien encadrée. Ligne palléale peu distincte, entière et très écartée du bord qui est lisse sur tout le contour buccal et palléal, seulement lacinié par les côtes externes sur le contour anal.

Dim. Longueur ; 36 millimètres; hauteur : 34 millimètres.

Var. lutosa Pritchard. PI. IV, fig. 5-8. Cette variété ne diffère de la forme typique que par sa forme un peu plus allongée dans le sens transversal (33 millimètres sur 29 millimètres), et par son ornementation qui ne comporte presque pas de rayons sur les lianes ; mais les côtes concentriques — un peu moins serrées — sont très légèrement ondulées sur les bords. A part ces différences, les autres critériums sont identiques.'

Loc. Muddy Creek (Victoria) ; peu commune dans le Balcombien (Eocène); macoll.

Trigonia intersitans Tate. PI. III, fig. 6-9.

Test épais, taille moyenne ; forme assez convexe, ovoïdo-trigone, très inéquilatérale ; côté buccal arrondi en arc de cercle, côté anal plus allongé, obstusément rostré, àcon-

M. COSSMANN

tour non rectiligne ; bord palléal faiblement arqué dans le prolongement de la courbe du contour antérieur, raccordé avec le contour anal par un angle arrondi ; crochets élevés quoique obtus, presifue opposés, non opistliogyres, situés aux trois huitièmes de la longueur des valves, du coté antérieur ; bord supérieur également déclive de part et d’autre du crochet, sous un angle apical de 100“ environ.

Surface externe bombée, divisée en deux régions inégales par un profond sillon rayonnant ; les lianes — qui occupent les deux tiers de la surface — sont ornés de rides grossières, parfois irrégulièrement disjointes, aboutissant normalement au contour buccal, croisées vers le milieu par de larges rayons d’abord obsolètes, puis épais et costuliformes, qui sont crénelés par les rides ; sur la région anale et aplatie, on distingue une dizaine de cotes rayonnantes crénelées et décroissantes, plus larges que les sillons séparalifs, et vaguement striées dans le sens radial ; elles cessent sur l’aréa excavée et à peu près lisse qui confine au corselet.

Charnière élevée profondément écbancrée sous le crochet ; 2 largementbilobée ; 4„ plus épaisse que 4* qui s’allonge contre la nymphe ; toutes sont crénelées sur les faces adjacentes aux fossettes ; 3^ et 3* inégaleset inégalement divergentes, orthogonales.

Impression du muscle antérieur entaillée sur un rebord épais, en contre-bas de 3« et de 4^ ; impression de l’adducteur postérieur en segment de cercle, bien gravée, surmontée d’une petite cicatrice bien visible. Impression palléale entière, très écartée du bord lisse ; trois ou quatre fortes crénelures laciniées et décroissantes vers l’avant, à partir d(> la jonction du bord palléal avec le contour anal ; mais elles n’atteignent pas la moitié inférieure de la hauteur des valves, le reste est lisse.

/)im. Longueur : 38 millimètres; hauteur : 36 millimètres.

Lor. Maude Mooratool (Victoria) ; peu rare dans le Balcombien (Eocène) ; ma coll.

Rapports et différences. — Si l’aspect extérieur de ces deux espèces éocéniques rappelle un peu celui de certaines costatæ du Mésozoïque, leur forme a aussi de l’analogie avec certaines undulatæ ou f/labræ; mais il n’y a aucune ressemblance d’ornementation avec les scabræ qui sont précisément les dernières Trigonies crétaciques, avant la migration du Genre.

D’autre part, les crochets — si nettement opistliogyres chez les wvaiesTrigonin — deviennent ici et constamment opposés comme ils le sont chez Myophoria ; enfin, la dent 2 est tellement bilobée qu’on pourrait croire qu’elle est constituée par deux branches distinctes, mais ces deux lobes se réunissent par un talon et ne sont pas séparés par une véritable fossette, comme d’ailleurs il n’y a aucune trace de dent I sur la valve droite où le plancher cardinal n’existe pas entre 3„ et 3*, jusque sous le crochet.

L’impression du muscle antérieur est certainement plus en contre-bas des fossettes cardinales que chez les Trigonies crétaciques. On remarque encore une autre dilférencc, résultant de l’existence de crénelures anales, sur la commissure des valves, tandis (jue les formes mésozoïques n’ont que des festons sur le contour palléal, principalement chez les scabræ, et que les costatæ ont plutôt la commissure lisse ou unie.

De cette comparaison, il ressort bien nettement que les espèces actuellement connues dans les couches balcombiennes de l’Océanie se distinguent — à première vue — des Trigonies crétaciques, non seulement par quelques particularités de leur ornementation,

mais surtout par leurs crochets non opislliogyres, par leur dent 2 très profondément bilobée et par leur impression musculaire moins hautement placée contre l’extrémité antérieure du plateau cardinal.

Néogène. — Tuigoni.v Howitti M, Coy. PI. II, (ig. 13-15; et Pi. IV, lig. 9-12.

Test épais. Taille moyenne ; forme médiocrement convexe, ovoïdo-transverse, inéquilatérale; côté antérieur court et arrondi, côté postérieur obliquement allongé, ovale, non anguleux sur son contour ; bord palléal arqué, raccordé avec les contours latéraux; crochets obtus, exactement opposés, situés au tiers de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur faiblement arqué de part et d’autre du crochet. Surface dorsale un peu bombée au milieu, faiblement déprimée sur la région anale, légèrement excavée sur celle du corselet, sans qu’aucune limite bien nette sépare ces régions ; ornementation uniformément composée de côtes rayonnantes, trapézoïdales, écartées, crénelées surtout à l’avant et sur le corselet, tandis (jue les intervalles sont finement striés par les accroissements; en les comptant toutes, il y en aenviron vingt-cim|, mais elles s’effacent un peu, à l’âge adulte, vers les bords de la région anale.

Charnière puissante, écliancrée jusque sous le crochet sur la valve droite : 2 formée de deux minces branches réunies au sommet sous un angle de Gܰ; 4^ assez épaisse, 4* mince et contiguë à la nymphe qui est courte et saillante, limitée à l’extérieur par une profonde rainure ; et 3* orthogonales, inégalement épaisses, séparées du bord supérieur par des fossettes très inégales.

Impression du muscle antérieur située presque au niveau de la surface interne des valves, dont elle est séparée par un épais contrefort qui est le prolongement delà fossette sur la valve gauche, et de la dent 3^ sur la valve droite; impression de l’adducteur postérieur très grande, en segment de cercle, avec une petite et profonde cicatrice tout contre le plateau cardinal. Impression palléale très écartée du bord qui est grossièrement crénelé sur presque toute son étendue.

Dim. Longueur : 47 millimètres; hauteur : 40 millimètres.

Loc. Muddy Creek (Victoria); peu raredans le Kalimnien (Miocène ou Pliocène) ; ma coll.

Rapports et différences. — L’évolution graduelle de la surface extérieure et de la charnière se poursuit dans le Tertiaire supérieur ; toutefois, T.l/oivilti ressemble beaucoup plus aux formes actuelles (pecfinafœ) qu’à celles du Tertiaire inférieur, car elle s’écarte essentiellement de ces dernières par la disparition complète d’une aréa anale limitée, l’ornementation rayonnante étant la continuation de celle des flancs; d’autre part, si la charnière est analogue, 4* est encore plus mince chez T. Howitti que chez T. semiundiilata, et les deux branches de 2 sont encore plus distinctes ; mais ce qui caractérise le plus l’espèce miocénique, c’est que l’impression du muscle antérieur, quoique encore bien séparée de la surface interne des valves, s’abaisse au même niveau et cesse par suite d’être à la place qu’elle occupe sur un prolongement du plateau cardinal, chez toutes les Trigonies mésozoïques et même aussi chez celles de l’Éocène. Il y a donc, entre les deux groupes de Trigonies de l’époque tertiaire, des différences nettement tranchées, qui

M. COSSMANN

permettent de désigner, au premier coup d’œil, les spécimens appartenant à l’un ou à l’autre des deux étages.

Epoque actuelle. — Tuigonia pectinata Lamk. PI. IV, fig. 1-2.

Valves ovales-arrondies, inéquilatérales ; côté antérieur en arc de cercle, côté postérieur plus allongé, plus atténué, à contour à peine troncjué ; bord palléal bien arqué ; crochets peu saillants, opposés, presque situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale peu bombée, ornée d’une vingtaine de côtes rayonnantes, étroites et saillantes, séparées par des intervalles beaucoup plus larges, ornées de crénelures régulières qui sont plus saillantes et plus relevées sur les côtes extrêmes ; les intervalles portent seulement des stries fibreuses d’accroissement.

Charnière très écbancrée sous le crochet, le plateau cardinal se réduisant aux planchers des fossettes : 2 formée de deux branches presque orthogonales, simplement reliées par un épaississement circontlexe, 4* beaucoup plus mince que 4„; 3^ et 3* inégales et orthogonales, séparées par une cavité angulaire qui atteint le crochet et qui est dépourvue de plancher cardinal ; toutes les faces contiguës aux fossettes sont finement crénelées un peu en courbe ; nymphe étroite et assez courte, séparée du bord par une étroite rainure.

Impression du muscle antérieur située au niveau de la surface interne, dont elle est séparée par un épaississement qui forme le prolongement de 3„ ou de 4„; impression de l’adducteur postérieur également bien limitée et surmontée d’une cicatrice minuscule; impression palléale peu distincte, très écartée du bord qui est grossièrement crénelé et lacinié sur toute son étendue.

Üim. Longueur : 45 millimètres ; hauteur : 43 millimètres.

Rapports et différences. — Il n’y a guère, entre T. llowitti et T. pectinata., que des différences spécifiques, la forme de la coquille qui est plus ovale et plus haute chez l’espèce actuelle, l’ornementation qui comporte plus de côtes plus trapézoïdales chez l’espèce miocénique; mais la charnière et l’intérieur des valves sont identiques ; de sorte qu’il est bien évident que l’ancêtre miocénique appartient bien à la même Section que la coquille actuelle.

Loc. Mers d’Australie : valve droite (PI. IV, fig. 1-2), coll. de l’Ecole des mines.

Trigonia Lamaucki Gray. PI. I, fig. 13-14; PI. II, fig. 6; PI. III, fig. 1 et 10-13;

PI. IV, fig. 3-4 et 13.

T. acuticostata M’ Coy {îion Ag.).

Rapports et différences. — Ce n’est peut-être qu’une variété de petite taille de T. pectinata ; cependant les côtes sont plus serrées, armées d’aspérités plus aiguës ; l’extrémité anale est plus tronquée; charnière et impression identiques.

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