Napoléon à Eugène, $ juillet 1805, Corr., X, n
de reconnaissance et d'intérêt se manifestérent avec éclat, lors du second voyage impérial en Italie (1807) par l'octroi de la dignité ducale au Chancelier du Royaume (20 décembre) : « Voulant récompenser, disait le texte du décret, les services que M. Melzi. nous a rendus dans l'administration publique, où il a déployé pour le bien de nos peuples et de notre couronne les talents les plus distingués et la plus rigide intégrité, Nous rappelant d'autre part qu'il fut le premier Italien, qui nous portât sur le champ de bataille de Lodi les clefs et les vœux de notre bonne ville de Milan, Nous avons résolu de lui conférer la dignité de duc de Lodi”.» Ces considérants, tout en expliquant l’origine du titre dévolu à Melzi, montraient par un exemple frappant quel empire exerçaient sur l'âme de Napoléon les souvenirs et les collaborateurs de ses premiers succès.
Les fonctions occupées par Melzi correspondaient à celles de l’Archichancelier français ; plus honorifiques qu’absorbantes, consistant surtout à donner des signatures ou à servir d’officier de l’état-civil à la famille royale, elles lui laissaient de larges loisirs dont il profita souvent, soit pour fuir la chaleur dans sa magnifique propriété de Bellaggio sur le lac de Côme, soit pour aller soigner une goutte tenace aux eaux d'Aix ou de Barèges. Elles ne lui réservaient de rôle actif que lors des absences du Vice-Roi, à la place duquel il devait présider le Conseil des Ministres et assumer la direction générale de l'état. Ce cas se présenta lors des campagnes de 1809, 1812 et 1813- 1814. Pendant les deux premières, qui étaient lointaines, son rôle se borna à tenir le prince Eugène informé de la tranquillité du royaume. Pendant la troisième, au contraire, terminée en territoire italien et sur les bords de l’Adige, ses fonctions l’appelèrent à présider, après la chute de Napoléon, aux déliberations et aux événements qui fixèérent le sort définitif de la Lombardie. Lorsque le prince Eugène, alors à Mantoue, eut signé une armistice avec l'armée autrichienne (16 avril) il chargea le Chancelier de convoquer et de présider le Sénat pour que les membres de cette assemblée proposassent aux