Bollettino delle Leggi, 1807, p
puissances alliées, au nom de la nation, sa candidature au trône d'Italie conservé, mais devenu vacant par labdication du souverain. Melzi semble s'être sincèrement employé à faire triompher ses vues; malheureusement une attaque de goutte, en le retenant au lit, l'empêcha de diriger en personne les débats du Sénat (17 avril) et d'obtenir par son ascendant l'adoption complète de la motion proposée; il ne put obtenir que le vote d’un texte contenant une manifestation vague et platonique en faveur d'Eugène, et dont l'effet même fut anéanti par l’'émeute qui éclata trois jours après (20 avril), coûta la vie au Ministre des Finances Prina, amena loccupation de Milan par les troupes autrichiennes et ruina les dernières espérances d'Eugène. La Lombardie retomba bientôt sous la domination du cabinet de Vienne.
Melzi était trop las de la politique et trop compromis avec l’ancien régime, qu'il avait personnifié à son corps défendant pendant douze ans, pour solliciter ou se faire offrir un poste par le nouveau. Il rentra dans une retraite pleine de dignité, et dont il ne lui fut même pas donné de savourer le repos. La maladie qui le tourmentait depuis un quart de siècle l’emporta dès le 16 janvier 1816.
Pour porter un jugement sur son caractère, après avoir retracé les événements de sa vie, le meilleur moyen serait de s'adresser à lui-même et de chercher les éléments d’un portrait complet dans son journal intime ou dans sa correspondance. Nul chef d'état n'y a revendiqué avec plus de force les vertus qui le recommandaient comme homme, ni confessé avec plus de modestie apparente les insuffisances qui l’ont desservi comme politique. Toutefois ces appréciations personnelles, si sincères et si pénétrantes qu'elles paraissent, sont forcément intéressées. Il peut être utile de les contrôler et d’en établir la contre-partie, en cherchant quelle impression Melzi avait laissée de son caractère à ses contemporains.
1. Surson rôle en cette affaire, voir ses lettres à Eugène des 17, 18, 19 et 20 avril 1814, Memorie, 1, 433-442 et LEZAT DE Pons, Etude sur l’histoire de la Lombardie dans les trente dernières années. Paris, 1846, pp. 42-85.
Parmi les témoignages à citer à cet effet, le plus intéressant est celui de Bonaparte. Celui-ci, comme on l’a vu précédemment, Sétait parfois laissé aller à quelques mouvements d'humeur envers un homme dont le caractère différait si profondément du sien ‘. Avec le recul du temps il lui rendit pleinement Justice et le représenta dans son récit des Campagnes d'Iahie comme |
«le plus accrédité par ses lumières, son patriotisme et sa probité.…. + , , x OP | , ,
plein d'amour de son pays, et tout dévoué à l’idée de l'indépendance
de l'Italie. »
2 \ : ! È 2 C’est là un jugement formulé en termes presque identiques à ceux qu'emploiera dans ses Mémoires Miot de Mélito.
« L'un des citoyens les plus éclairés et les plus respectables de la Lombardie ?. »
Les diplomates étrangers qui avaient l’occasion de rencontrer Melzi ou d'entendre parler de lui, ne se sont pas prononcés sur son compte en termes moins favorables. C'est Lucchesini, Italien passé au service prussien, qui écrit en novembre 1801, au moment des préparatifs de la Consulte de Lyon :
« J'ai peine à supposer qu'on donne la présidence au comte Melzi, sujet plein d'honneur et d’ambition, qui a plus d'instruction que d’habitude des affaires, mais qui pourrait bien obtenir et remplir à merveille une seconde place 5. »
C’est Eggers, ministre de Danemark qui, ayant connu autrefois Melzi à Milan avant de le retrouver à Rastadt, trace de lui ce panégyrique en style fleuri.
1. On a vu plus haut (p. 28) un exemple, Dans un rapport de police envoyé au gouvernement autrichien en 1814, on prétend également qu’à la Consulte de Lyon, Bonaparte, ne pouvant fléchir la résistance de Melzi sur certaines questions, se serait écrié devant témoins : « Qu'il s’en aille donc, ce petit-là, avec son grand orgueil! » (Rapport de l'agent Chetuzzi du 26 novembre 1814, Arch. Vienne, Int., 1764). L’anecdote paraît vraisemblable mais sans présenter de garanties sufhisantes d’authenticité. s