Arch. Milan, Afari Esteri, Corr. Paris
le projet, qu'on suppose propre à séduire Paul I, d'attaque des Indes anglaises au moyen d'une expédition par terre (8 pluviôse-28 janvier); c'est le bruit répandu dans Paris qu'un fils du tsar ou même . le tsar lui-même se trouve caché à l'Ambassade russe (22 pluviôse-11 février); c'est enfin l'arrivée de Kolytcheff (24 février) au milieu de la curiosité générale et de l’attente universelle (18 ventôse-9 mars). La nouvelle d'une catastrophe inattendue vient bientôt anéantir les espérances fondées sur sa venue.
« Avant hier à trois heures de l'après-midi, écrit Marescalchi à la date du 24 germinal-14 avril 1807, Talleyrand a annoncé au Premier Consul la nouvelle de la mort du Tsar, apportée à Kolytcheff par un courrier extraordinaire. Bien qu'on ne fût pas très sûr de pouvoir faire fond sur cet homme, l'impression produite fut pourtant très vive, car on ne peut se défendre du soupçon d'attribuer à cet accident une autre cause que celle que donne Kolytcheft, c'est-à-dire une cessation du flux hémorroïdal. Comme d'ordinaire en pareil cas, on parle beaucoup, et un peu au hasard, de son successeur. On s'accorde pourtant à le représenter comme pacifique, aimant l’ordre, ayant une médiocrité de talents à laquelle supplée en partie son épouse, et doué d’une extraordinaire vivacité. Il n'est pas douteux que cet événement ne doive avoir une grande influence sur la marche des choses ". »
Il semble en effet, dès que les détails en sont connus (8 floréal-28 avril) déranger tous les projets de Bonaparte. Après avoir décidé de laisser définitivement à la charge des pays Vassaux 60.000 hommes en Italie, 30.000 en Suisse et en Hollande, celui-ci devient un instant invisible, et se retire à la Malmaison, où il reste absorbé par son travail, et laisse Cambacérès présider à sa place le Conseil d'Etat (9 et 11 floréal- 29 avril et 1% mai). Marescalchi signale en même temps l'« universelle stagnation des affaires » et remplit sa correspondance avec de menues nouvelles mondaines : duel de Lannes, que Paris croit un instant mort de ses blessures (30 floréal- 20 mai), ou fête « de la dernière magnificence » donnée par Talleyrand, avec cillumination de tous les jardins, perspective