‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 20 sur 101 · Arch. Milan, Afari Esteri, Corr. Paris · texte numérisé non relu

Arch. Milan, Afari Esteri, Corr. Paris

« de palais, Académie, ballet champêtre, chansons à allusions, « vaudeville, banquet, feux d'artifice. » (20 prairial-9 juin)".

Au cours de l'été de 1807, l'intérêt public est réveillé, d’abord par l’arrivée de Consalvi, reçu en audience immédiate avec les honneurs réservés aux ambassadeurs (4 messidor-23 juin) puis par les efforts tentés ou simulésde tous côtés pour amener enfin l'Angleterre à signer la paix. On dépense des sommes énormes pour une expédition au Brésil ou un débarquement en Grande-Bretagne (4 messidor-23 juin), on envoie à cet effet à Brest tout l'argent liquide des caisses publiques (10 thermidor-29 juillet), on annonce l'intention de profiter de la paix conclue par Lucien avec le Portugal pour occuper Cadix, de manière à maintenir toujours libre le passage vers l'Afrique et les Indes Orientales (20 messidor-9 juillet). — Bientôt ces bruits de guerre, propagés peut-être à dessein dans une pensée d'intimidation, font place à des nouvelles plus rassurantes.

« La nouvelle de la paix avec l'Angleterre, écrit Marescalchi « le 6 vendémiaire-28 septembre, était si généralement répan- « due que hier, à la Bourse, les fonds publics se sonttous relevés « d’un seul coup. » Aussitôt après en effet la signature des préliminaires provoquera une joie générale *? (12 vendémiaire- 4 octobre), qui se maintiendra encore, un mois après, lorsqu'on attendra Cornwallis, retardé dans son voyage par les vents qui soufflent sur la Manche (12 brumaire-3 novembre).

A partir de cette date, la correspondance de Marescalchi autant du moins qu'elle se rapporte à la politique générale, est interrompue pendant trois mois par les préparatifs de la Consulte de Lyon, puis par le voyage et le séjour de l’auteur dans cette ville. Elle ne reprendra qu’en mars, mais dans des conditions qui en changeront à la fois le destinataire et le caractère; elle sera à la fois moins continue et moins fragmentaire. Elle sera adressée, non plus à Pancaldi, Ministre de l'Intérieur chargé du service des Relations extérieures, mais au Vice-Président

1. On trouvera un récit détaillé de cette fête dans un article du Journal des Débats,

reproduit dans AULARD, Paris sous le Consulat, IE, 349. 2. Cf. AULARD, op. cit., II, 555-556.

Melzi. Au lieu d’avoir pour unique objet de tenir le gouvernement provisoire au courant des nouvelles du jour, elle traitera en même temps toutes les grandes questions administratives à débattre entre Paris et Milan. Marescalchi sera trop absorbé désormais par les affaires italiennes proprement dites pour noter au jour le jour, comme il le faisait précédemment, tous les menus incidents de la vie politique courante, mais il s’intéressera assez aux grands évènements dont il est le témoin pour leur consacrer, à l'occasion, des rapports complets qui se prêtent mieux à de longues citations qu’à une analyse suivie. On en trouvera ci-dessous les passages les plus intéressants :

Sur la paix avec l'Angleterre :

26 mars 1802.

« Déjà l’on entend résonner le canon. Toute la ville manifeste une joie bien plus grande que lors de la signature des préliminaires’. Tous attendaient la paix avec une anxiété à laquelle a contribué le bruit répandu par quelques-uns de nouveaux troubles intérieurs ?. »

Sur les premières audiences consulaires après la paix :

6 avril 1802.

«.… Le nombre des Anglais qui y ont pris part était prodigieux. M. Markov y a présenté ses lettres de créance. Il portait le nœud d'épaules en brillants dont le gouvernement lui a fait cadeau, et dont la valeur est estimée à 250.000 livres.

« Après l'audience, le Premier Consul a fait voir les armes de la fabrique de Saint-Etienne qu’il envoie à Sa Majesté Catholique, en un étui dont l’un monte à la valeur de 300.000 francs. Le second, de valeur un peu inférieure, contient 6 fusils de chasse. Un troisième est pour le Ministre Cevallos. Il renferme une ferme de pistolets telle quil n’en existe pas de plus magnifique. On dit qu’un des Préfets du Palais sera chargé de porter ces cadeaux en Espagne et de les présenter à Sa Majesté 5. »

Sur la conclusion du Concordat :

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