MELZ1, I
LE MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES 75 que brillantes, que Melzi lui reconnaît dans les notes qu'il lui consacre. Bien que son poste ne comporte que peu de responsabilités, il n'arrive pourtant pas à les éviter entièrement, notamment dans une circonstance où il se découvre par excès même de prudence. Lors de la querelle d’étiquette qui met aux prises les ministres de France et de Russie à la cour de Naples et qui se termine par le scandale du 1* janvier 1812, Testi a recommandé au ministre italien Tassoni de garder entre les deux adversaires la plus stricte neutralité. Tandis que Napolton, interprétant cette attitude comme une trahison, rappelle brusquement T'assoni, le ministre napolitain de la police Maghella rejette sa faute sur celui dont il a exécuté les instructions :
« En vérité, écrit-il dans un rapport à Murat, ne serait-on pas tenté de croire que, fidèle aux principes de l’ancienne école italienne, signalée depuis longtemps à Votre Majesté, qui en connaissait aussi bien les chefs que l'esprit et les détours, M. Testi est encore aujourd’hui d'opinion que l'Italie doit résister autant que possible à l'influence de la Érances
Dans l'ignorance des informations et des raisons qui avaient pu dicter à Maghella cette accusation, il est plus naturel de supposer que l'attitude de Testi dans l'affaire Tassoni s'inspirait de cette crainte des responsabilités dont il donnera une dernière preuve au moment de sortir de la vie politique. Lors de la chute de la domination napoléonienne, le Vice-Roï Eugene, à la veille de conclure une trève avec l’armée autrichienne, témoigne à Melzi (15 avril) son désir d'envoyer Fontanelli, Prina et Testi, regardés comme ses plus fidèles défenseurs, plaider sa cause au quartier genéral des alliés. Melzi, chargé de former la députation, ne peut que lui répondre, d'abord (17 avril) que « Testi fait des difficultés pour partir », puis (19) qu'il a été impossible de vaincre sa résistance ?. C’est la même attitude qu’en 1797. Testi termine sa carrière comme il l’a commencée, par une dérobade.
1. Rapport de Maghella, Ministre de la Police générale. à Murat 19 février 1812. ATMEt Cor Lomb. 163; 10 rs.