‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 41 sur 101 · MELZ1, IL · texte numérisé non relu

MELZ1, IL

2. Chronique milanaise (manusciite) du chanoine ManTovanI (Bibliothèque Ambrosienne de Milan), à la date du 19 avril 1804.

dans le Tribunal de première instance, puis dans le Tribunal d'Appel. — Fidèle à sa vocation, il concourut après l'invasion française à fixer l’organisation judiciaire de la Cisalpine, dans laquelle il reçut des fonctions analogues à celles qu'il occupait sous l’ancien régime. Président du Tribunal d'Appel de Milan (14 août 1797), il fut nommé peu après juge au Tribunal de Cassation (10 novembre), reprit, après quelques mois d'interruption, son siège, qu'il avait dû quitter au moment de l'invasion autrichienne (26 juin 1800) et l’échangea dans les derniers mois de la seconde Cisalpine contre le poste de Grand-Juge, c’est-à-dire de chef suprême de l’ordre judiciaire. A Lyon, où son origine étrangère l'avait empêché de paraître, Bonaparte n'eut qu'à le maintenir en charge pour en faire un Ministre de la Justice (27 janvier 1802).

Sa nomination fit généralement bon effet, car il avait une réputation bien établie de magistrat capable. Seuls les patriotes intransigeants lui reprochèrent d’avoir servi le gouvernement autrichien, prés duquel deux. denses Mrérestétaienthencore employés’. À part cette réserve, il possédait l'estime de tous les partis par ses connaissances, ses talents et surtout son désintéressement *.

On dut malheureusement constater bientôt que son activité ne répondait pas à ses bonnes intentions. Au début, on attribuait à sa circonspection sa lenteur à réformer le personnel de son Ministère et à pourvoir à la composition des Tribunaux établis par la Constitution. Dés le mois de novembre 1802, Melzi signalait à Paris cette inactivité, qu'il l’attribuait à la santé chancelante de Spannocchi:. Ce dernier

1. Dépêche de Taglioretti 20 mai 1802. Arch. Berne, 3591, Corr. Milan, 1802.

2. Marescalchi à Melzi 26 avril 1802, Arch. Vienne 17. Quelques mois plus tard le Vice-Président traçait encore de lui ce portrait : « Spannocchi est un homme respectable par sa probité, ses principes et ses lumières. Lui seul a témoigné d’abord d'une grande répugnance à se charger du fardeau de ce Ministère. Il connaissait trop l’état afigeant dans lequel se trouvait l’administration de la justice dans tous les départements... Sa santé est faible et l’homme est fatigué... il s’accuse déjà comme accablé par sa besogne ordinaire. » MELzi, IL, 45.

3. Melzi à Marescalchi 5 et 11 novembre 1802. Arch. Vienne, 19. Les motifs de la disgrâce de Spannocchi semblent donc fort clairs, bien que son biographe Casini (p. 293) les tienne pour obscurs et peu connus.

d'ailleurs, se rendant compte de sa décadence physique, demandait sa mise à la retraite ‘. Décidée en principe dès 1803, elle fut précipitée par la transformation de la République en royaume. Lorsque Napoléon vint à Milan pour se faire couronner et donna audience aux corps constitués (mai 1805), il aurait, d'après la légende, fait remarquer au ministre de la Justice que son administration était trop coûteuse. Celui-ci lui ayant répliqué ingénument que le ministre de la Guerre dépensait bien davantage, l'Empereur lui aurait tourné le dos en prononçant à mi-voix le mot d’ « Imbécile ». — Le 9 juin 1805, un décret remplaçait Spannocchi par Luosi et le mettait en retraite avec une pension de 15.000 livres. Il rentra dès lors dans la retraite et vécut jusqu'à sa mort dans sa propriété de

Modonella ?.

VENERI

Veneri, Ministre du Trésor, sortait comme Vaccari du duché de Modène. Comme Spannocchi, il appartient à cette catégorie de spécialistes, qui, sans jouer un rôle politique de premier plan, durent à leurs connaissances techniques d’être toujours employés dans l'administration, et devinrent les serviteurs les plus utiles du régime français.

Né à Reggio le 19 avril 1741, Antonio Veneri y mena d’abord l’existence d’un petit propriétaire foncier, vivant de l'élevage et du produit de ses terres; en même temps, il s'adonnait à des études de science financière qui lui attirèrent une précoce renommée et firent de bonne heure recourir à ses services. A Modène il fut mis par le duc à la tête de l'administration de l’Annone, mais dut quitter son poste à la suite d’accusations qu'expliquaient peut-être ses idées libérales, et dont une enquête officielle fut impuissante à établir le bien fonde. Sa réputation ne devait d’ailleurs pas en souffrir, car en 1785

1. Note de Melzi à Napoléon sur les ministres, juin 1805. À Fiv 17009. 2. Ilavait été nommé membre de l’Institut italien le 6 novembre 1802.

il sé vit appelé à Parme pour y réorganiser la comptabilité du duché.

Lors de l'invasion française, il joignit ses efforts à ceux de cette bourgcoisie éclairée qui prit la tête du mouvement révolutionnaire émilien pour le modérer et le diriger, et il figura comme représentant de sa ville natale au congrès de Reggio, au Corps législatif cispadan, puis au Corps législatif cisalpin, où il donna sa démission le 11 février 1798, presque aussitôt après avoir été nommé (9 novembre 1897). — La réaction austro-russe le fit rentrer dans une retraite dont il ne devait sortir qu'à l'établissement du régime constitutionnel. Il ne fut pas envoyé à la Consulte de Lyon ‘, mais il y recueillit les suffrages de plusieurs députés, qui le portèrent sur les listes de candidatures présentées à Bonaparte pour. les nominations aux hautes charges de l'Etat’. Cette désignation lui valut d'abord d'entrer au Corps législatif lors de sa formation (25 janvier 1802), puis d'échanger bientôt ce poste contre un portefeuille ministériel. Lorsqu'après quelques tâtonnements l'administration des finances eut recu sa forme définitive, il fut nommé par Bonaparte, qui l'avait distingué, au Ministère du Trésor (20 avril), destiné à doubler celui des Finances, et dont la création représente une des innovations les plus heureuses du régime napoléonien.

Il devait occuper ces fonctions pendant plus de neuf années. Lors de sa nomination, Melzi le représentait comme particulièrement apte à les remplir par son zèle, son désintéressement et ses lumières 5; après l'avoir vu à l'œuvre, le Vice-Président s'exprimera sur son compte en termes encore plus élogieux : « Il faut rendre cette justice au Ministre Veneri pour la conduite extrêmement exemplaire qu’il a tenue, pour son grand attachement au gouvernement, pour son zèle et pour sa prudence. Et il est inutile de dire qu'après tout cela il est parfaitement au niveau de sa besogne‘ ». En 180$ enfin, au

. C’est à tort que Casini (p. 295) l’y fait figurer. . CODRONCHI, op. cit., p. 735.

. Notes de Melzi sur les nouveaux ministres, 26 avril 1802. Arch. Vienne, Le . MELZL, Il, 44.

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