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moment de quitter le pouvoir, Melzi rendra encore hommage à la conduite irréprochable et aux rares qualités d’administrateur de Veneri.
Ainsi recommandé à Napoléon, celui-ci conserva sa place lors de la transformation de la République italienne en royaume, et il y ajouta les faveurs accordées aux meilleurs serviteurs du régime : la Grand-Croix de la Couronne de Fer (20 février 1809), le titre de comte (12 avril), l'entrée au Sénat (ro octobre). Il fût parvenu à la même longévité ministérielle que son collègue et collaborateur Prina, si son administration n'avait fini par prêter à quelques critiques. En 1811 il touchait à la soixantaine et commençait à se ressentir des fatigues de l’âge. On lui reprochait de la lenteur dans l’exptdition des affaires, un peu de désordre dans ses bureaux, une crédulité exagérée, des scrupules excessifs". [l dut donc quitter le Ministère du Trésor (9 juillet 1811), où le remplaça Birago, mais il le reprit deux ans plus tard ($ novembre 1813), quand l'incapacité de ce dernier eut fait regretter sa présence.
Président du Sénat en 1814, il se vit appelé par ses fonctions à jouer un rôle qui dépassait de beaucoup la mesure d'activité et d'initiative dont son âge et son caractère le rendaient capable. Lors de la séance du 17 avril, où furent examinées les propositions du Vice-Roi Eugène, et qui décida du soit de la domination napoléonienne en Italie, 1l se contenta d'assister en témoin passif à des délibérations qu'il aurait dû diriger et ne sut rien faire pour déjouer les manœuvres des partisans de l'Autriche. Cette attitude ne semblait pas d'ailleurs dictée par un calcul personnel, car il rentra dans la vie privée après la chute du régime qu'il avait servi, et mourut à Milan le 20 février 1820.
Administrateur avant tout, Veneri était resté pendant tout le temps de sa vie publique confiné dans ses fonctions financières ; du moins les avait-il remplies de manière à gagner l'estime de tous, et à mériter même les éloges d’un critique aussi
r. Notes manuscrites de Custodi. Bibl. Nat., vol. 1559, fo 341.
sévère que Foscolo. Coraccini semble lavoir justement apprécié en le définissant «homme intégre et propre à ses fonctions par l'esprit d'ordre qui le caractérisait' ». Les détails biographiques les plus complets que nous possédions sur lui se trouvent dans les notices de Cantü * et de Casini’.