‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 54 sur 101 · Biographie MicHAUD article Moscati · texte numérisé non relu

Biographie MicHAUD article Moscati

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dès lors figurer au premier rang de toutes les manifestations destinées à fonder un nouvel ordre de choses en Émilie. En juillet 1796, il se fait envoyer au quartier général de Bonaparte pour lui demander, au nom de ses compatriotes, son appui contre leur souverain le duc de Modène. Après la fuite de ce dernier, il préside le congrès de Modène (octobre), où se décide l’union fédérative des gouvernements provisoires de l'Emilie, et prend part à celui de Reggio (27 déc. 1796- 9 janv. 1797) où ils se fondent en une République unitaire cispadane. Lors des remaniements territoriaux qui suivent les préliminaires de Léoben, le rôle prépondérant qu'il avait su prendre dans son pays d’origine lui échoit dans la République Cisalpine, nouvellement formée. Il en devient (30 juin 1797) l’un des premiers Directeurs. — Dans l'exercice de ces importantes fonctions, il ne tarda pas à encourir l’inimitié des partis extrêmes, moins encore par sa modération que par un souci trop visible de les ménager tous. Les réactionnaires le représentaient, par la plume d’un de leurs pamphlétaires, comme « versatile, hypocrite, intrigant, assez habile pour paraître successivement républicain aux patriotes, oligarque aux nobles et bon chrétien aux prêtres ‘. » Les patriotes de leur côté lui reprochaient de ne pas les soutenir, même de les persécuter, d’entretenir des correspondances secrètes avec les cours de Turin, Parme et Florence, de chercher à concentrer entre ses mains l'autorité qu'il aurait dû partager entre ses collègues. Les représentants du gouvernement français enfin ne pouvaient lui pardonner son opposition au traité d'alliance humiliant et onéreux imposé à la Cisalpine par le Directoire de Paris. Pour le punir de son attitude, le général Brune, commandant l’armée d'occupation, le fit venir chez lui et exigea sa démissionimmeédiate (13 avril 1798) *. Rentré à Modène, Paradisi ne fut troublé dans sa retraite que lors de l'invasion de 1799 ; il refusa de fuir à l'approche des armées alliées et se livra volontairement au

1. Lettere cisalpine (pamphlet réactionnaire anonyme paru à Pesaro, an X), p. 7. 2. « J'étais chez le citoyen Sopransi, où se trouvaient plusieurs patriotes, lorsque ce ministre vint annoncer cette nouvelle. Leur allégresse fut générale. Ils accusent Paradisi et Moscati d’avoir entretenu des correspondances secrètes avec les cours de

gouvernement ducal restauré, qui lui fit expier par une détention de quelques semaines son rôle dans le mouvement révolutionnaire.

Après cette brève éclipse, sa carrière politique se rouvrit au retour des Français pour ne se fermer qu'en 1814. Dès l'entrée de Bonaparte à Milan, il était nommé (22 juin 1800) l’un des neuf membres de la Commission de gouvernement chargée d'exercer provisoirement le pouvoir exécutif dans la Cisalpine rétablie. En 1802, il prenait part à la Consulte de Lyon, où les suffrages de ses collègues , comme l’ardeur de son zèle à soutenir la candidature du Premier Consul à la Présidence le signalèrent à l'attention de ce dernier. Récompensé de son attitude par son entrée à la Consulte d'Etat (26 janvier 1802) et plus tard à l’Institut National (6 novembre), n’espérait-il pas une récompense plus haute de son dévouement ? Il semble avoir regretté de ne pas obtenir, au lieu d’une dignité surtout honorifique, un poste de ministre où ses qualités auraient trouvé un emploi plus actif. Déçu dans cet espoir, il chercha du moins à se faire par ses relations personnelles une situation morale en rapport avec ses ambitions. Il prit dès ce moment l'attitude qu'il devait conserver pendant toute la durée du régime, et que des témoignages d’origine très diverses peuvent servir à caractériser.

Voici d'abord celui d'un de ses amis et compatriotes de Modène, François Valdrighi : « Comme tu le sais, écrit ce dernier à son frère (17 mai 1802)*°, Paradisi est toujours négligé et paresseux, toujours plongé dans les mathématiques, toujours entouré de courtisans de lettres qui lui font oublier, sans qu'il s’en aperçoive, les devoirs de l'amitié et de

Turin, de Rome et de Florence. Ils les accusent d’avoir persécuté tous les républicains et d’avoir opprimé et trompé leurs collègues pour concentrer dans leurs mains toute l'autorité. » Lettre de David (secrétaire de Légation française à Milan) à Talleyrand du 25 germinal an VI-14 avril 1798. Aff. Etr. Corr. Lomb., 56, fo 112.

1. Nommé l’un des premiers membre de la Commission des Trente (chargée de présenter des listes de candidats au choix de Bonaparte) il fut proposé le troisième par celle-ci pour faire partie du Grand Conseil ou Consulte d'Etat. (CoproNcHI, op. cit. P: 734).

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