‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 71 sur 101 · MELzi, I · texte numérisé non relu

MELzi, I

La réalisation de cette espérance devait être ajournée par une malheureuse affaire, qui fut grossie à dessein par Lechi pour perdre son rival Teulié et par Murat pour amener la démission du Vice-Président. Le général avait eu l'imprudence de répondre par un accusé de réception banalement élogieux à l'envoi d’une pièce de vers dans lesquels son ami, le capitaine Ceroni déplorait l’asservissement de l'Italie en termes assez durs pour la France et son chef. Il n’en fallut pas plus pour qu'ilfût arrêté par l’ordre de Murat et, après 24 jours de détention, destitué par un décret de la Consulte d'Etat (11 avril), sur les instructions venues de Paris *.

Un mérite comme le sien ne pouvait longtemps rester inutilisé dans une République quicomptaitsi peu de bons généraux. Aussi, quand il fut question d'envoyer une division italienne au camp de Boulogne (septembre 1803), Melzi eut l’heureuse inspiration de le proposer, et Bonaparte la sagesse de l’accepter pour le commandement d’une brigade *. En fait, il devait avoir toute la division sous ses ordres, puisque son chef Pino dut rétrograder au début de l'expédition et que Trivulzi, successeur de ce dernier, ne fit qu'une apparition au camp de Boulogne. Les rares qualités dont fit preuve Teulié dans ses fonctions, sous les yeux mêmes de l'Empereur, amenèrent promptement un retour de fortune en sa faveur. En août 1804, il est proposé pour la Légion d’honneur avec cette mention : « Soldat par hasard, enthousiaste de son métier. Du zèle et de la bravoure. Préféré des soldats, malgré la discipline sévère qu’il leur impose. Tête chaude, mais honnête et cultivé ;. » En février 1805, il est nommé général de division. Peu après, l'Empereur le fait inviter à son couronnement à Milan. S'il passe l’année 1806 à garder avec ses troupes le camp de Boulogne abandonne, il est bientôt appelé (novembre 1806), sur sa demande, à la Grande Armée, traverse le Hanovre avec sa division, que grossissent

1. Cf. sur toute cette affaire, PINGAUD, Bonaparte Président lu République Italienne, pp. 141-160.

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