MELZ1, Mem., II
3. Propositions pour la Légion d’honneur, 10 août 1804. (Arch. Guerre, Corr. Armée d'Italie).
certains corps français, et vient assiéger la petite place de Colberg en Poméranie. Il avait conduit les premières opérations de l'investissement avec assez de bravoure et d’habileté pour recevoir une lettre d’éloges de Napoléon (7 avril), et se voir décerner la Commanderie de la Couronne de Fer, quand il fut frappé d’un boulet, au cours d'un violent bombardement (14 juin). Il mourut après six jours de souffrances héroïquement supportées, emportant les regrets de ses troupes, l’admiration de ses compagnons d'armes, l'estime même de l’adversaire. Tandis que le commandant de la place assiégée faisait saluer ses funérailles par des salves d'artillerie, un officier français placé sous ses ordres devait lui consacrer dans ses souvenirs cette courte oraison funèbre: « Le général Teulié, âgé seulement de 34 ans *°, joignait à un physique fort agréable et à des manières parfaites de grands talents militaires et une bravoure remarquable. Sa sollicitude pour les troupes qu'il commandait le fit justement regretter’. » Ses restes furent transportés à Milan et sa biographie écrite par Jacopetti. Au témoignage de ceux qui l’avaient approché, sa simplicité de goûts, son irréprochable intégrité, sa sobriété de paroles, son extérieur grave et réfléchi contrastaient avec les allures de la plupart de ses collègues et achèvent de compléter sa physionomie de républicain de la première heure, resté jusqu’au bout fidèle à son idéal.
LES YÉECEN
L'armée italienne compta parmi ses généraux trois frères Lechi *, Giuseppe, Angelo et Teodoro, de fortune diverse et de mérite inégal : la carrière du premier fut la plus rapide, celle du
1. Le texté en est donné par LoMBROsO, p. 88, mais ne figure pas à la Correspon-
dance officielle.