Ilen avait en réalité
3. D’EspiNCHAL, Souvenirs militaires, I, 31. Cf. également le Mémorial de NORVINS
(I, 372) qui assista comme gendarme d’ordonnance aux débuts du siège et parle du « brave général Teulié ». ME
4. C’est là l'orthographe la plus généralement adoptée; mais le nom était écrit Lecchi dans les documents officiels et dans les signatures des intéressés.
second la plus obscure, celle du troisième la plus longue et la mieux remplie.
Originaires de Brescia, ils appartenaient à la petite noblesse de Terre-Ferme, restée rebelle à la domination de Venise, qui les écartait des honneurs et des emplois. Leur père, Faustino, ctait au dire de Stendhal « ce fameux comte Lechi, dont les folies d'amour et de jalousie ont été remarquées, même à Venise ‘. » Il n'eut pas moins de 19 enfants, dont 7 fils ; parmi les quatre filles qui survécurent, se trouvait la comtesse Gherardi « l'être le plus séduisant et le plus beau que l'on ait jamais vu peut-être » et dont les charmes, célébrés avec enthousiasme par Stendhal?, devaient conquérir les généraux Petiet et Murat.
lfaînédes Hs Giuseppe, tétutnemRBrESanemrndEE cembre 17675. Cédant à une vocation militaire qu'il ne pouvait satisfaire dans sa patrie, il entra tout jeune au Theresianum de Vienne, et servit d’abord comme officier autrichien. Revenu dans sa ville natale, il songea à profiter de l'invasion française pour la soustraire au joug de Venise et, dans la nuit du 17 au 18 mars 1797, donna le signal du soulèvement qui devait avoir pour résultat de la réunir à la République lombarde, puis à la Cisalpine : ce fut le point de départ d’une rapide fortune. Son titre d’ancien officier lui valut le commandement de la Légion formée par les Brescians après leur libération ; il prit à cette occasion le grade de général de brigade, avec lequel il fut admis après Campo-Formio dans l’armée cisalpine. Il fit en cette qualité la campagne de 1799, et passa ensuite en France où Bonaparte lui confia (28 mars 1800) la mission de réunir en une « Légion Italique » tous les Italiens réfugiés. Il conduisit cette troupe dans la Lombardie recouvrée et obtint presque aussitôt après le grade de général de division.
Arrivé en quatre années au sommet de la hiérarchie militaire, il semblait n'avoir plus rien à désirer. Une ambition agitée, à
. STENDHAL, Wie de Napoléon, p. 140; cf. Rome, Naples et Florence (32 éd.), p. 49. . STENDHAL, Vie de Napoléon, p. 140.
et non en 1756, date donnée par Casini, Fonti per la Storia della Consulta di Lione, p. 246.
laquelle se mêlaient d’autres passions moins avouables, allait le jeter dans de continuelles intrigues et le pousser à des entreprises où il cherchait un autre profit que la gloire des armes. Son rôle politique commence à la Consulte de Lyon, à laquelle il est convoqué comme notable de la Mella, et d’où il sort comme membre du Collège des Possidenti et du Corps Législatif. Aussitôt après, il travaille à se former un parti et une clientèle dans le corps d'officiers’. Pour supplanter son rival Teulié, il postule ensuite le Ministère de la Guerre, grâce à l'appui de l’ancien triumvir Sommariva, qui prétend avoir ses entrées auprès de Joséphine. N'ayant pu y parvenir, il se rabat sur la Légation de Naples, qu’on s'apprête à pourvoir :
« S'il se met dans la diplomatie, écrit Marescalchi en annonçant cette nouvelle, attendez-vous, mon cher Melzi, non seulement aux embarras qu'il vous causera pendant son séjour à Naples, mais encore à ne plus avoir de tranquillité jusqu'à ce que vous l’ayiez nommé à Vienne et à Paris. Je connais cet homme sous toutes ses faces. »
Bonaparte ne veut pas entendre parler de ce projet, Melzi au contraire inclinerait à l’adopter, non pour satisfaire Lechi, mais pour l’éloigner ; car, dit-il « cet homme avide et ambitieux n'est environné que des plus mauvaises têtes, et ne formera jamais qu'un obstacle, et un embarras très grave’. » Plus tard, le Vice- Président le représente encore comme « immoral, cupide, intrigant, vénal, sans mœurs, autoritaire », tellement redouté qu'un employé du ministère de la Guerre n'ose lui réclamer des sommes indûment perçues, par crainte d’une vengeance ou d’un assassinat t.
Rencontrant la défiance du chef de l'Etat, Lechi se retourne alors vers Murat, qui vient de rentrer à Milan à la tête du corps d'occupation, et auprès duquel lui donnent accès ses fonctions de commandant de Place. Il n’a pas de peine à le circonvenir en le comblant de flatteries, en se faisant passer pour