‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 76 sur 101 · EE & D · texte numérisé non relu

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devant le juge d'instruction de la Seine (6 juin 1811), il évita par décision du Conseil privé sa mise en jugement, fut enfermé comme prisonnier d'Etat dans une maison de santé de Chaillot, et se vit relâché le 30 octobre 1811, à la suite de la lettre suivante de Napoléon au ministre de la Guerre :

« Le général Lechi est depuis longremps en prison. Laissez-le sortir sans décision et donnez-lui un passe-port pour se rendre à Naples, où le roi de Naples consent à l’employer. Nous serons ainsi débarrassés d’un officier qui, d’un côté, a rendu de grands services, puisqu'il s’est déclaré le premier pour notre cause en Italie, mais qui de l’autre s’est couvert de tous les crimes à Barcelone. Trois ans de prison au secret lui serviront de punition‘. »

Devenu ainsi général napolitain, Lechi suivit désormais la fortune de son nouveau maître, dont il semble avoir contribué à ébranler la fidélité à Napoléon. Il lui persuada en effet qu'il avait un grand rôle à jouer comme champion de lindépendance italienne et qu'il n'avait qu’à se présenter comme tel pour trouver partout des partisans enthousiastes *; en même temps Lechi travaillait à gagner à la cause du roi de Naples plusieurs de ses anciens amis et collègues de Milan, notamment Pino3. En 1813 le moment lui parut venu de satisfaire ses ressentiments et de réaliser ses projets. Il commandait l'avant-garde de cette armée que Murat devait conduire contre les Autrichiens et qui finit par s'unir à eux contre Eugène. Il occupa Livourne et Florence, signa avec Fouché (24 février 1813) une convention pour l'évacuation de Rome par les troupes françaises, et arriva sur le Pô pour y apprendre la révolution de Milan (20 avril),

qui ont servi sous ses ordres qui ne s’entretiennent de lui dans les cafés, et d’une manière qui, malheureusement pour lui, est loin de lui être favorable. »

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