‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 79 sur 101 · STENDHAL, Journal d'Italie (éd. Arbelet), p · texte numérisé non relu

STENDHAL, Journal d'Italie (éd. Arbelet), p

le gouvernement provisoire formé à Milan, à la suite de l'expulsion des Autrichiens, recourut à son expérience militaire pour tenter de former en quelques semaines une armée lombarde. Agé alors de 62 ans, il avait perdu l’activité nécessaire pour accomplir une tâche à laquelle un jeune homme aurait à peine pu suflire. Il n'eut d'ailleurs que le temps de montrer sa bonne volonté, et fut heureux, quand l'annexion au Piémont eut été votée (mai) de déposer ses pouvoirs entre les mains du roi Charles-Albert. Il lui fit hommage à cette occasion des aigles qu'il avait autrefois rapportées de Russie’ : unissant ainsi par un geste symbolique les souvenirs d’un passé glorieux aux espérances d’un meilleur avenir. Il devait également renouer les traditions napoléoniennes, en allant, au cours d’un voyage postérieur en France, saluer le Prince-Président, qui accorda au vieux serviteur de son oncle la croix de Commandeur de la Légion d'honneur (25 septembre 1852).

Après le retour des Autrichiens à Milan (1848), Lechi avait été forcé dese retirer à Turin et n’espérait plus guère, en raison de son âge, revoir sa ville natale ; sa robuste santé lui permit de résister aux fatigues de la vieillesse comme aux tristesses de l'exil, de voir la guerre libératrice de 1859 et de revenir à Brescia où il mourut en 1866, à 88 ans. La longue durée de son existence lui avait valu le privilège de jouer le rôle de trait d'union entre la génération qui avait préparé le Risorgimento et celle qui l'avait accompli *. Sa vie a fait l’objet d’un ouvrage spécial de Giuseppe Gazcra (Biografia del generale Teodoro Lechr, Brescia, 1867) complété par une notice {Il generale Teodoro Lechi da Brescia), insérée par le baron LumBroso dans la Rivista Slorica del Risorgimento, t. IL, p.349.

r. Elles ont été déposées et se trouvent encore actuellement à l’Armeria reale (Musée d'artillerie) de Turin. ,

2. Le même rôle échut également à son frère cadet Luigi né en 1785, et qui, après s'être adonné aux belles-lettres, fut membre du Gouvernement provisoire de Brescia en 1848, devint Sénateur du royaume d'Italie en 1860 et ne mourut qu’en 1867.

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