‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 89 sur 101 · MURAT, IL · texte numérisé non relu

MURAT, IL

La rédaction de ce document s'inspire de certaines idées que Murat laissait complaisamment agiter et développer autour de lui, dans les premiers temps de son commandement. Accessible à toutes les influences, il s'était vu, dès son arrivée, entouré et circonvenu par des émigrés vénitiens, dont le plus marquant était le général Lechi. Désireux de rentrer dans leur patrie restée sous la domination autrichienne, ceux-ci n'avaient pas eu de peine à le gagner à un projet de conquête qui souriait peutêtre à son ambition. C’est probablement dans leurs rangs qu'il faut chercher l’auteur anonyme du mémoire (en français) qu'on va lire et dont l’objet principal et de montrer la nécessité pour la République italienne de s'étendre par l'annexion de la Vénétie. Toutefois l’auteur ne touche ce point qu’en terminant; il s'étend au contraire très longuement sur les considérations de politique intérieure qui justifient d’après lui la hardiesse de ses projets. Bien qu'il se propose, de son propre aveu, de soutenir une thèse bien plus que de procéder à une enquête, il est ainsi amené à tracer, lui aussi, un tableau complet de l'esprit public sous le gouvernement de Melzi. S'il se montre trop souvent prolixe jusqu'au verbiage et diffus jusqu’à l'obscurité, du moins trouve-t-on dans son exposé des aperçus intéressants, des observations pénétrantes et Justes, soit sur l’état des partis, soit sur les effets différents qu'a produits la révolution en France et en Italie, par suite de la diversité des milieux. Jai cru pouvoir en retrancher sans inconvénient, au début les longueurs inutiles d’une entrée en matière un peu laborieuse, et à la fin les courtes pages consacrées au projet de soulèvement et de conquête de la Vénétie, qui appartient à l’histoire conjecturale.

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