‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 93 sur 101 · CORACCINI, P. 213. x · texte numérisé non relu

CORACCINI, P. 213. x

3. Né à Milan le rer janvier 1814, celui-ci entra en 1837 dans la carrière diplomatique et mourut en 1874 à La Havane, où il était Consul Général de France.

On peut déjà le pressentir, en lisant les instructions rédigtes par Napoléon pour le prince Eugène, lorsque ce dernier vint prendre possession de son poste. Elles contenaient au sujet de Méjan les réserves suivantes : « M. Méjan vous sera utile s’il ne cherche pas à gagner de l’argent, et il ne cherchera pas à gagner de l'argent s’il sait que vous regardez ses actions, et qu'une seule faute le perdrait dans mon esprit comme dans le vôtre. Il doit être bien payé, et avoir l’espoir de toute espèce d'avancement, mais il faut pour cela qu'il soit sur pied nuit et jour. S'il prend l'habitude de ne travailler qu’à des heures fixes et de s'amuser le reste du temps, il ne vous servira de rien. Vous aurez à réprimer en lui, comme dans les autres Français, la disposition qui les porte à dépriser le pays où ils sont, d'autant que la mélancolie sv joindra, car le Français n’est bien nulle part ailleurs qu'en France * ». C'était là un avertissement à Eugène bien plus qu'un acte d'accusation contre son secrétaire, dont Napoléon n'incriminait guère que les tendances.

L'Empereur aurait probablement parlé d’un autre ton sil avait soupçonné qu’à linstant même où il traçait ces lignes Méjan, auquel il ne trouvait guère à reprocher que des fautes vénielles, se préparait à tromper sa confiance et à se rendre coupable de ce qu’il considérait comme un crime irrémissible. Sa surprise eût égalé son indignation, s'il avait pu savoir que l'argent n'aurait pas de part dans une trahison que suffiraient à expliquer le souvenir d'anciennes amitiés, l’inquiétude de l'avenir, le désir de se préserver des suites d’un renversement de fortune. L'histoire du Premier Empire nous offre malheureusement plus d’un exemple de ces défaillances de conscience, aujourd’hui si difficiles à excuser et même à concevoir.

En 1805 le comte d’Antraigues, émigré français et ennemi irréconciliable du régime napoléonien, dirigeait à Dresde pour le compte de la Russie une agence d’espionnage ou plutôt de contre-espionnage destinée à connaître les secrets des-

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