‹ Sur l'histoire de la République italienne 1802-1805Chapitre 97 sur 101 · La livre milanaise avait une valeur de 77 centimes · texte numérisé non relu

La livre milanaise avait une valeur de 77 centimes

fonds à l’accaparement des soies, et ont fait, par un gain d’un moment, tomber ce commerce et plonger leurs compatriotes dans la plus affreuse misère. Une grande d’Espagne, fort protégée de Madame Joséphine, amie intime de Madame Borghese, n’a pas eu honte, lan XI, d’accaparer tous les fromages et d’exciter une espèce de révolte. La marquise C.... qui a du crédit comme ancienne m... de Berthier, a acheté en an XII pour 600.000 livres de riz, avec une compagnie. Ainsi le commerce est ruiné par ces malheurs et par la manière dont le font ces vilaines gens ; il n’y a pas le plus petit sentiment de loyauté dans ce pays.

Il n’y a pas la moindre énergie, ni le moindre regret d’être à la France, mais, au premier succès, on passera ailleurs volontiers, pourvu que cela ne soit pas à l’Autriche. Il n’y a pas de révolte à craindre dans le plat pays, mais il en existe le péril dans le pays voisin de Bergame et Brescia, à commencer du pays appelé la Camonica. Le peuple y est féroce, dévot, et tient du caractère de ses voisins, les Bergamasques et Brescians, où les Français sont en abomination. Je n’ai pu encore savoir à quoi tient cette haine du diable qu’on nous porte. Le pays n’a pas été aussi taxé que le Piémont et le Milanais, et il n'était pas fort attaché à Venise. Nous avons fait ce qui dépend de nous pour nous attacher deux grandes familles, les Lechi et Martinenghi ; malgré cela, les préfets et sous-préfets, et le consulteur Moscati, qui en revient, ont dénoncé ce pays au Vice-Roi comme rempli d'agents autrichiens et poursuivant dans son sein tous les germes d’un complot. Il est donc clair qu’on peut tirer parti de ce pays en cas de guerre... Le pays où Bonaparte est abhorré, c’est Pavie et le Pavesan ; Il ne manquerait pas de se révolter, Si nous étions mal traités, mais au total, c’est une haine sans moyens, et comme Bonaparte la connaît, il les écrase de toutes manières. Ces pays si mécontents, si remplis de sujets dangereux, sont cependant très essentiels pour nous, par leur voisinage. Ils touchent à la Valteline et au Véronais, où est notre première ligne de défense militaire. La Valteline est un pays vraiment scélérat. La France les a ôtés aux Grisons qu'ils détestaient et les a unis à l'Italie : ils sont à présent redevenus amis des Grisons, et nos ennemis. C’est un pays exécrable, j'en parle ex-professo. J'y ai été; à Chiavenna, à Bormio, j'ai failli il y a 16 jours y être assassiné, malgré mes quarante hommes d’escorte et partout j'ai entendu de mes oreilles crier lors de la proclamation : Alla Berlina il Corsicano ! * Nous y enverrons des garnisons considérables en

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