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cipe thyroïdien est bien un fait incontestable et positivement démontré par la physiologie et la pathologie. C’est l'étude du myxœdème quia éveillé l’attention sur le mystérieux organe et qui a servi presque toute entière à le faire connaître. En même temps qu’elle montrait les effets de la privation d’iodothyrine, le goître exophthalmique
révélait ceux de l’excès des principes thyroïdiens dans
l'organisme. Les résultats thérapeutiques du traitement
thyroïdien dans la polysarcie et les sclérodermies, dans les arrêts de la croissance et diverses autres dystrophies ont achevé de confirmer ceux que la physiologie produisait parallèlement.
Le tableau primitif, que Gull et Ord ont tracé du myxædème s’est aujourd’hui considérablement agrandi. Autour de lui sont venus se grouper des états pathologiques de même ordre et qui relèvent comme lui des altérations de la glande thyroïde. Après l’idiotie myxæœdémateuse, forme extrême que l'intensité de ses traits désignait d’abord à lattention, on a isolé des états plus discrets, plus fréquents aussi : toutes les transitions ont été observées depuis la dégradation abjecte des crétins myxœdémateux jusqu’à des formes atténuées, dens lesquelles on ne retrouve plus même les symptômes considérés comme pathognomoniques du myxœdème. Aux termes supérieurs, le type est méconnaissable, en dépit de sa fréquence. Plus de mains en battoir, plus de lipomes sus-claviculaires ; l’infiltration des tissus cutanés est à peine saisissable ; la torpeur générale de l’organisme n’est plus qu’un peu de paresse physique, qu’une certaine
débilité, qu’un peu de lenteur intellectuelle, Cependant on
2 AR 2e peut encore assez aisément démasquer la dystrophie à des signes constants : le corps a grandi laborieusement et la taille ne dépasse quère celle des enfants de 12 à 13 ans ; une couche adipense recouvre les reliefs osseux et musculaires appauvris ; le ventre est toujours un peu gros, les organes génitaux puérils et peu actifs, la végétation pileuse rare ou nulle. Enfin, et c’est le plus frappant, la tête a conservé une grosseur disproportionnée avec le corps ; la face a gardé un peu de lPaspect bouffi, colloïde et gélatineux du jeune enfant : le teint est blafard, les traits, empâtes et frustes sont- peu accusés, avec une infiltration légère qui se marque le plus aux paupières et aux lèvres ; la barbe n’a pas poussé, les sourcils mêmes sont le plus souvent déplumés dans leur tiers externe.
Examinez la glande thyroïde de ces sujets, et son exigquité vous donnera la légende de ce tableau.
Pour de tels individus, le mot myxæœdème n’est plus assez compréhensif. Défectueux d’ailleurs au même titre que toutes les appellations symptômatiques et descriptives, il doit-être remplacé comme on l’a déjà proposé par celui d'insuffisance thyroïdienne, plus large ét plus exact et qui convient également à tout le groupe des états analoques. C’est M. Thibierge qui le premier a dépisté les myxædèmes atténués et frustes. Dès 1891 (1), il écrivait : « Le myxœdème spontané ne présente-t-il pas des formes atténuées, compatibles avec une longue vie, avec
une existence à peu près normale, et n’y a-t-il pas des