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tion ancienne, la première menstruation d’après les observations d'Heidenreich s’accompagnent d’une hypertrophie thyroïdienne persistante ou passagère. Meckel (1) n’a pas hésité à considérer le corps thyroïde comme la répétition de la matrice ‘au cou. L’augmentation de la glande chez la femme enceinte, a été affirmée et démontrée par N. Guillot (2), F. Guyon (3), A. Ollivier (4), Lawson Tait (5) : Elle est plus ou moins accentuée et se dessine surtout à l’accouchement.
La même hypertrophie est constatée chez les animaux en rut par Wagner (6), Baillarger (7).
La pathologie n’est pas moins concluante que la physiologie. Steinberg a publié le cas d'une jeune fille chez laquelle, à la suite d’un refroidissement, un arrêt des règles fut suivi d’un gonflement rapide du corps thyroïde; le goître céda au bout de deux mois au traitement iodique et les règles suspendues reparurent aussitôt. On sait d’ailleurs que les manifestations sexuelles sont les causes occasionnelles les plus puissantes du goître exophthal-
mique.
1. Broca. Art. C. thyroïde, in Traité de Chirurgie de Duplay et Reclus, t. V, Paris. 1891.
2, N. Guillot. Soc. med. des hôpit., Paris. 1860, t. IV, p. 544.
3. F. Guyon. Arch. de physiol. norm. et pathol., Paris, 1868, t. I, p. 56.
4. À. Ollivier. Arch. génér. de meéd., Paris, 1873, 6% $., t. I, De o1.
5. Lawson Tail. Edimburg med. Jorn., t. XX, 2° part., p. 993.
6. Wagner. Handwærterbuch de Physiol. Braunschweïg, 1853, FNp. 119
7. Baïllarger. Gaz.hebdom. de med. et chir., Paris, 1862, p. 617.
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Bouilly, Tuffier, Guinard, Picqué, Bloch, ayant eu à opérer des malades atteintes de filromes utérins ou de salpingo-ovarites, chez lesquelles existaient des goîtres, dont quelques-uns avaient résisté à tous les traitements, ont vu, à la suite de l’extirpation des organes pelviens, disparaître ou tout au moins considérablement diminuer les tumeurs thyroïdiennes (1). Fischer (2) conclut dans le même sens que certains processus liés avec l'appareil génital de la femme, comme la puberté, la grossesse, les myomes, sont souvent accompagnés de processus hypertrophiques de la glande thyroïde et qu’'inversement son manque de sécrétion normale (thyroïdectomie, crétinisme, maladie de Basedow, obésité générale, etc.) est souvent suivi d’atrophies de l'appareil génital de la femme.
L’abondance des observations chez la femme s’explique par ce fait que le sexe féminin est plus que l’autre sous la dépendance de la vie génitale.
A la puberté, le gonflement du corps thyroïde est plus appréciable chez la fille; moins sensible, il n’est pas moins constant chez le garçon, au point que les modifications extérieures de la région cervico-pectorale, aussi marquées que celles de la voix, peuvent passer pour un des traits de la beauté juvénile.
Cette hypertrophie se traduit par une augmentation de la sécrétion thyroïdienne utilisée pour faire face aux exigences nouvelles du trophisme général. Elle n’est pas
1. Revue générale des Sciences pures et appliquées, 7° année, n° 19, 15 octobre 1896, p. 803.
?. J, Fischer, Club viennois, séance du déco tbe 1895.
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seulement parallèle à l'épanouissement des organes sexuels : elle lui est antérieure, car les enfants privés de glande thyroïde ne deviennent jamais pubères et on connaît la spécificité de l'iodothyrine dans la reprise de la croissance arrêtée par une cause dystrophiante.
L’hyperthyroïdie passagère ainsi constituée n’est pas toujours sans inconvénients : « La métamorphose de la puberté est parfois un peu difficile, la transformation est pénible, et il en résulte tels phénomènes qui figurent dans la maladie de Basedow : les palpitations, la tachycardie, la dyspnée, la dysménorrhée, quelques troubles gastro-inteslinaux, certaine versatilité du caractère, une irascibilité inaccoutumée. Bien plus, il n’est pas rare de constater un léger degré d’exophthalmie passagère et même un gonflement du cou (1).....» Le syndrome hyperthyroïdien est manifeste chez certains adolescents de trop baute taille, d’une maïigreur excessive, qui présentent de la tachycardie et de lexophthalmie.
Ainsi cette surthyroïdisation de l’organisme précède la floraison sexuelle et la dirige en exaltant la polarité nutritive constitutionnelle, par la voie des centres nerveux régulateurs du cœur et de la circulation, c’est dire de la nutrition dont l’iodothyrine, ainsi qu’il ressort des expériences de Cyon (2) active le fonctionnement. Il découle naturellement de là, que toutes ces allérations de la
glande thyroïde auront sur le développement, un retentis-
1. Brissaud. Corps thyroïde et maladie de Basedow, in Congrès des aliénistes et neurologistes de France, tenu à Bordeaux, 1* août . 1895. Rapports, vol. I, Paris.
2, Cyon. Académie des Sciences. Paris, 1897.