‹ Sur l'ontogénèse de l'insecteChapitre 26 sur 33 · CRIE · texte numérisé non relu

CRIE

ancestral qui s’est conservé à l’abri des transformations adaptatives auxquelles se sont pliés les métamères préabdominaux.

Sommeil nymphal

Si, par le mot sommeil, nous entendons le repos relatif des centres nerveux et la cessation de faits qui dépendent du fonctionnement de ces centres, les faits relatifs à l’ontogénèse et à la vie végétative de certains organes étant exclus, on peut dire que la nymphose est accompagnée d’un état de sommeil bien caractérisé.

Chez la larve, le système nerveux dirige un organisme où dominent les fonctions de nutrition. Chez l’imago, il a, surtout au point de vue psychique, des fonctions bien plus importantes. Il en résulte que, bien qu'il ne soit frappé, pendant la période nymphale, d'aucune histolyse notable, il lui reste à subir, pendant cette période, des modifications histogéniques importantes.

Les mouvements des anneaux abdominaux d’une nymphe de Coléoptère ou d’une nymphe de Lépidoptère que l’on excite en la touchant, montrent qu’il y a encore fonctionnement de centres sensitifs et de centres moteurs persistants. Mais il est certain que les centres psychiques, en voie de profonde transformation, sont dans un état de sommeil d’autant plus profond que les différences entre l’activité éthologique de la larve et celle de l’imago sont plus considérables.

Asitose nymphale

L'état de nymphe est un état d’asitie. L’immobilité nymphale, les phénomènes histolytiques et histogéniques dont le tube digestif est le siège, suspendent complètement l’ingestion d’aliments. Par contre, il y a un accroissement des phénomènes internes de nutrition, aux dépens des réserves accumulées au cours dela la vie larvaire et aux dépens des substances histolytiques assimilables.

Réduction de la respiration pendant la nymphose

La respiration n’est pas suspendue pendant la nymphose,

mais, à cause de l’absence ou, tout au moins, de la très grande

réduction des mouvements respiratoires, et en présence d’actifs phénomènes d’histolyse et d’histogénèse, l’équilibre des échanges

HIS ae

gazeux ne s'établit, au moins à certains moments, qu’au niveau d’une teneur assez élevée du liquide cavitaire en acide carbonique.

Accumulation des produits uriques dans les urocytes pendant la nymphose

L’excrétion ne cesse pas, mais les tubes de Malpighi larvaires n'étant plus fonctionnels, et ceux de l’imago n’étant pas encore formés, les produits uriques s'accumulent dans les urocytes, cellules annexes du corps adipeux. Ces urocytes jouent, momentanément, le rôle de reins d’accumulation.

Persistance de la circulation pendant la nymphose

Le cœur, n’ayant pas subi d’adaptations larvaires proprement dites, n’a pas à se transformer notablement pour entrer dans l’organisation imaginale. C’est aussi l’organe dont le fonctionnement physiologique est le moins influencé par la nymphose. Il est en effet facile, chez beaucoup de nymphes transparentes, de constater les pulsations des chambres cardiaques et la propulsion du sang.

Moyens de défense pendant la nymphose

La période nymphale est une période d’autant plus dangereuse que l'abondance des réserves nutritives accumulées dans l'organisme de la nymphe peut en faire une proie de choix.

Malgré des dispositifs protecteurs, qui sembleraient devoir être très efficaces, un certain nombre de nymphes sont fréquemment dévorées. C’est ainsi que, d’après Girard (1885 p. 107), la rareté du Lépidoptère Harpya milhauseri peut être attribuée à ce que sa nymphe, bien que protégée et dissimulée par une coque très dure, formée de raclures d’écorces agglutinées et solidement fixées sur le tronc du Hêtre, est mangée par les Pics.

Cependant, les nymphes se trouvent, en général, assez efficacement protégées par leur immobilité, par le choix d’emplacements favorables, plus ou moins cachés ou plus ou moins inaccessibles, par des enveloppes protectrices. Elles peuvent aussi être protégées par une homochromie, parfois très remarquable,

DERRÇREE

telle que l’homochromie des chrysalides de Vanessa et de Pieris, qui est variable, entre d’assez larges limites, d’après la couleur du support. Il peut y avoir aussi protection, par une répulsion due au goût du liquide cavitaire de certaines espèces (Vanessa io), protection dont profiteraient toutes les nymphes de même aspect.

Chez les Formicinae, la larve tisse un cocon qui protége la nymphe contre les parasites ou contre les aspérités des matériaux du nid, et qui permet aux ouvrières de la saisir entre leurs mandibules et de la transporter sans danger de blessure.

Chez les Myrmicinae, au contraire, bien que la cuticule nymphale soit mince et délicate, il n’y a pas de cocon. Gette enveloppe protectrice est rendue inutile par les soins plus assidus que les nymphes reçoivent de la part des ouvrières, et par les précautions, toutes particulières, que prennent ces dernières pour ne pas blesser les nymphes qu’elles transportent.

Stades de la nymphose

En général, par exemple chez les Hyménoptères, la nymphose comprend les quatre stades suivants :

1° le stade exuvial protonymphal (Nymphe en premiére contraction, Pronymphe). Il commence avec le début du décollement de la dernière cuticule larvaire.

20 Je stade cuticulaire nymphal (Nymphe de première contraction). Il commence avec le début de la formation de la cuticule nymphale.

30 le stade exuvial nymphal (Nymphe en deuxième contraction). Il commence avec le début du décollement de la cuticule nymphale.

49 le stade cuticulaire préimaginal (Nymphe de deuxième contraction). Il commence avec le début de la formation de la cuticule imaginale et se termine avec l’achèvement de l’organisation de l’imago.

On peut reconnaître facilement ces quatre stades chez des nymphes de Fourmis dépourvues de cocon, telles que celles du Tetramorium cespitum que nous prendrons ici pour type, et chez qui, d’ailleurs, les choses se passent exactement comme chez les autres Hyménoptères.

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