‹ Sur la circulation dans les insectesChapitre 2 sur 4 · Newport, 4. Bowerbank · texte numérisé non relu

Newport, 4. Bowerbank

2, Dugès. 5. Blanchard.

3, Brants. 6, Milne Edwards ?

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Suivant M. Blanchard : « Les trachées sont formées, » comme on le sait, de deux membranes entre lesquelles » se trouve interposé un fil solide contourné en spirale. » Puisque c'est entre les deux membranes que pénètre le » liquide sanguin, celui-ci se trouve ainsi de toutes parts » en contact avec l'air contenu dans l’intérieur des trachées. » L'usage du fil spiral se montre maintenant sous un double rapport, il ne sert pas seulement à donner la r'ésis- » tance ct l'élasticité nécessaires aux tubes aérifères , il sert » encore à maintenir écartées l’une de l’autre, les deux » tuniques trachéennes et à les tenir béantes près des ori- » fices respiratoires pour livrer passage au fluide nourricier. » La membrane interne seule se continue avec le tégument » qui borde les stigmates ». (p. 577 ).

Ces lignes textuelles fidèlement transcrites, sont la substance, l'expression fondamentale de la cireulation inter membranulaire où péritrachéenne que M. Blanchard dit exister dans les insectes,

Avant de disséquer ce passage, exposons en peu de mots, dans l'intérêt du lecteur qui n'aurait pas la pratique de ces fines anatomies , la structure intime des trachées au point de vue du fil spiral qui joue ici un si grand rôle. L'expression de jil contourné en spirale ne doit point représenter à l'esprit l’image d’un tire-bouchon; car dans le fil trachéen , les tours de spire, fort rapprochés entr'eux , et comme contigus, formeraient par leur ensemble, si celui-ci pouvait être isolé, un tuyau, un cylindre creux , comparable à ce qu'on appelle un élastique de bretelle. Toutefois, ce fil élastique ne serait pas dans tous les insectes un fil continu , Car Curtius Sprengel observe que dans les trachées de la Cétoine dorée, ce fil est manifestement interrompu ( C. Sprengel ,

(#02 ) p. 15, pl. 2, fig. 19). Dans la doctrine de M. Blanchard , ce fil serait libre de toute adhérence (1 ).

(1) Je me pique de franchise et de sincérité dans l’exposition de mes idées, comme dans le Contrôle des opinions d'autrui, et je ne recule point quand il s’agit de désayouer une erreur démontrée. Dans sa réplique, M. Blanchard, dit : «D’après cet anatomiste (L. Du- » four) , j'aurai montré le fil spiral comme libre de toute adhérence, » entre les deux tuniques entre lesquelles ilest interposé. Aucun mot, » dans mon mémoire ne justifie cette critique de M. L. Dufour ». J'avoue qu’en cilant ce passage de M. Blanchard, transcrit plus haut, j'avais compris que ce fil solide et interposé élait libre, et plus d’un lecteur sans doute a pu se laisser aller à cette interprétation. M, Blanchard, nous déclare que cette interprétalion est erronée. « Ce » fil, dit-il, adhère particulièrement à la membrane interne». Notez, je vous prie, sinon pour mon enlière justification , du moins comme circonstance fort atténuante , que nulle part dans son mémoire, que pour l’acquit de ma conscience, je viens de relire encore, il n’est question de celte adhérence du fil à la membrane interne. Cette adhérence étail donc sous-entendue par l'auteur. Quoi qu'il en puisse être, je l’accepte. Voyons si l’on concevra mieux l’action de ce fil pour maintenir écartées les deux tuniques dans l'intérêt de la circulation inter-membranulaire. Les (ours de spire de ce fil par leur adhérence au tuyau trachéen pressent incessamment celui-ci par leur élasticité et ce tuyau réagit, à sou tour, par la présence de l'air respiratoire, qui est un fluide élastique. Jusque-là, je comprends à merveille l'utilité de ces alternatives d’action et de réaction pour l'acte mécanique de la respiration, pour la circulation de l'air. Maintenant en admettant la doctrine de M. Blanchard, ce fil n’a aucune liaison anatomique , aucune connexion de tissu, avec la tunique extérieure, puisqu’une colonne de sang en circulation est sensée les séparer l’une de l’autre. Comment donc ce fil peut-il remplir la mission physiologique que lui attribue cel auteur? Comment enfin peut-il, dans la condition anatomique que je viens de signaler, tenir écartées les deux membranes constitutives de ces canaux ? Vous le voyez, j'arrive forcément à cette conclusion , que tout en agréant, sans réserve au cune , les organes établis et défendus par M. Blanchard, je ne par-

Je ne connais que M. Blanchard qui ait avancé que le fil spiral était simplement interposé entre les deux tuniques de la trachée sans adhérence à l’extérieure. Lyonet dont l’habile, l'intelligent scalpel a sondé tous les replis de la chenille du saule, dont il a fait une célébrité, n’a rien vu de semblable, non plus que Curt. Sprengel qui a traité spécialement et iconographiquement la question des trachées et des stigmates , non plus que Réaumur qui a donné de si intéressants détails sur cette structure dans la larve du Stratiomys (Tom. 4, p. 314). Et moi, si familiarisé avec les autopsies et les vivisections des insectes , combien de troncs trachéens de tous les calibres n’ai-je pas dévidés en saisissant et tirant le fil spiral soit dans l’eau soit dans l'air ! Si ce fil était tel que le dit l’auteur que je combats , s’il n'avait aucune adhérence avec la tunique externe , une fois ou autre j'aurais vu une portion quelconque du tube extérieur persister après ce déroulement, et jamais cela ne m'est arrivé. Récemment encore, j'ai renouvelé ces tentatives sur deux insectes, puissamment riches en grandes et belles trachées , la Courtilière ( Gryllo-talpa vulgaris), et les larves-nymphes des Aeshnes. La destruction complète du cylindre trachéen s'effectue constamment au fur et à mesure que l’on tire le fil spiral. Ce dévidement est parfaitement comparable à celui qui s'opère en tirant le fil d’un bas tricoté. Ce fil trachéen déroulé soumis au microscope, m'a toujours offert cà et là d’imperceptibles lambeaux membraneux adhérents

viens jamais à les voir fonctionner par une physiolologie tant soit peu rationnelle.

J'ai donc, dans un bien de paix, supprimé dans ma publication actuelle, tous les raisonnements qui prennent leur source dans l’isolement du fil spiral, et je fais abnégation entière de ceux exposés à ce sujet dans le compte-rendu de l’Académie.

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