‹ Sur La Cloque Du PêcherChapitre 3 sur 4 · SÉANCE DU 14 JUIN · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 14 JUIN

elles se sont plus ou moins étendues en largeur selon qu’elles ont trouvé un espace plus ou moins grand pour se développer: elles se sont ainsi évidemment modelées sur les méats intercellulaires. Ce mycélium est très-ramifié ; ses branches se terminent par de très-petite^ ramifications en forme de digitations qui s’appliquent sur les parois des cellules du parenchyme et ressemblent beaucoup en très-petit aux extrémités digitées des poils radicaux des végétaux supérieurs. Les filaments du mycélium se rencontrent surtout en grand nombre au-dessous de l’épiderme, mais ils s’étendent aussi au loiu à travers tous les tissus où l’altération se manifeste.

Telle est la structure du Champignon à l’état stérile. Si l’on examine une feuille fortement atteinte par la cloque, on voit que souvent sa surface a un aspect blanchâtre et un peu velouté qui rappelle assez ce qu’on nomme la fleur des fruits. Dans ces places, l’épiderme est couvert de Taphrina déformons en fructification, et d’ordinaire on trouve les uns auprès des autres un certain nombre de ces petits êtres à tous les divers états de leur développement.

Quand la fructification va commencer à se faire, on voit la cellule globuleuse qui constitue le Champignon stérile s’élever par sa partie supérieure et bientôt faire saillie à travers la cuticule, puis se dresser en forme de colonne. Peu après, il se forme vers le bas de cette longue cellule une cloison transversale qui sépare la partie saillante de la partie inférieure. La première, qui est cylindrique et trouquée au sommet, est une véritable thèque : on y voit bientôt apparaître une file de spores sphériques au nombre de huit.

Peu à peu ces spores vont s’amasser au sommet de la thèque, qui s’ouvre ensuite par une fente transversale de façon à former deux lèvres qui souvent s’enroulent en dehors et laissent un libre passage aux spores qui se disséminent.

Les spores germent en donnant naissance à de petits bourgeons qui produisent des corps de même forme.

D’après tout ce qui précède il me paraît difficile d’hésiter à voir dans le Taphrina defot'inans la cause véritable de la cloque. L’opinion qui règne aujourd’hui parmi les horticulteurs, et selon laquelle cette maladie serait due à une désorganisation des tissus par suite des gelées blanches et du froid, s’accorde mal, ce me semble, avec ce que nous savons de la structure des organes déformés : il n’v a pas trace de désagrégation de cellules, l’activité vitale y est développée à l’excès, la multiplication des cellules s’y continue avec une puissance extraordinaire. Ce caractère des organes déformés par la cloque s’accorde, au contraire, très-bien avec la supposition de l’action irritante du Champignon dont j’ai constaté la présence au milieu des tissus. C’est un fait général et bien connu que l’hypertrophie des organes sur lesquels s’implantent les parasites. L’existence reconnue du mycélium du Taphrina au milieu des cellules qui par leur multiplication excessi\e manifestent une activité maladive forme enfin une dernière preuve qui me semble tout à fait décisive.

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