‹ Sur la coexistence d'une angine pseudo-membraneuse atypique et d'un microbe nouveauChapitre 4 sur 19 · LIAO TL · texte numérisé non relu

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éveiller notre attention sur la possibilité d’un rôle pathogénique joué par ces bacilles dans l’angine à évolution si singulière de l'observation.

Dès ma rentrée chez moi, je me mets au lit et les instructions de M. Courmont sont immédiatement exécutées.

A 6 heures, M. Courmont revint me voir, accompagné de M. Rabot, médecin des hôpitaux, qui m'engage à rentrer dans son service à la Charité et me fait préparer immédiatement un lit dans une salle d'isolement de la section des diphtériques.

M. Rabot fait de suite une culture et ensemence deux tubes de sérum. Dans la nuit, la douleur persiste, la déglutition est extrèmement pénible, l’insomnie complète.

1° décembre. — Le matin, la température rectale est de 37°3, Les amygdales sont tuméfiées, recouvertes de fausses membranes blanches et nacrées ; les piliers du voile du palais commencent à être envahis; et l’engorgement ganglionaire est énorme, surtout accentué du côté gauche; l’amygdale gauche semble aussi plus hypertrophiée que l’amygdale droite et paraît ulcérée par places. Les urines ne contiennent pas d’albumine. La journée se passe sans amener ni aggravation, ni amélioration. Le bouillon et le lait sont les seuls aliments absorbés et au prix de vives souffrances ; M. le Dr Rabot conseille de fréquents gargarismes à l'acide borique La température est le soir de 36°9.

2 décembre. — Une légère amélioration se produit. La température est le matin de 37°4, La dysphagie est moins pénible ; mais l'engorgement ganglionnaire est toujours très marqué surtout du côté gauche. La température du soir est de 37°5.

3 décembre. — A partir de ce jour, l’état général s'améliore sensiblement, La température ne s’élevant pas, on cesse de la prendre régulièrement. La déglutition se fait beaucoup mieux. Seul l’état local ne semble pas suivre cette marche vers la guérison. Un phénomène de bascule dans l'intensité des symptômes se produit aux dépens de l’amygdale droite qui, à son tour, prend un développement exagéré, tandis que l’amygdale gauche semble revenir à des proportions normales. Des fausses membranes blanchâtres, assez adhérentes, envahissent toute la région amygda-

lienne et ne semblent pas régresser sous l’infiuence de gargarismes nombreux.

G décembre 1894. — Etant dans le service des diphtéries à l’hospice de la Charité, et, après des recherches négatives faites par M. le D' Rabot, comme nous l’avons déjà vu, on apporte au laboratoire de M, le professeur Arloing un tube de sérum gélifié ensemencé vingt-quatre heures auparavant avec des fausses membranes cueillies dans la gorge par le procédé ordinaire. Désirant s'assurer à nouveau de l’absence de bacilles de Lôffler, on reprend un peu de cette première culture, ayant déjà passé vingt-quatre heures à l’étuve, que l'on reporte en l’étendant largement à la surface de deux nouveaux tubes de sérum placés immédiatement à l’étuve à 38 degrés.

7 décembre. — Après dix-huit heures de passage à l’étuve, les deux tubes présentent un aspect à peu près identique : la culture est formée par de grosses colonies de 2 à 4 et 5 millimètres de diamètre, épaisses, saillantes, arrondies et convexes, humides et grasses, à surface luisante, d’un blanc laïiteux un peu transparent, Les colonies primitives, par suite de leur confluence empiètent les unes sur les autres, et leur contour arrondi ne devient très net que sur le bord de la culture. Ce bord est festonné, découpé en forme de segments de cercle accolés, dus à la confluence des colonies voisines primitivement isolées. Quelques colonies ont d’ailleurs | conservé leur individualité. On ne constate pas d’autres colonies franchement différentes.

On fait de multiples préparations, les unes simplement colorées avec une solution hydroalcoolique de violet de gentiane, les autres colorées par la méthode de Gram.

Les premières fourmillent d'énormes bacilles, en général courts, mais larges, épais, trapus, deux à quatre fois plus gros que larges, arrondis à leurs extrémités, homogènes ou ayant un espace clair assez net au centre, semblables, quoique moins longs, à ceux trouvés par nous dans l'examen direct des fausses membranes.

Par la methode de Gram, sur un fonä presque complètement décoloré mais où s’estompent cependant les contours des microbes que nous venons de décrire et qui n’ont pas gardé leur coloration,

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