‹ Sur la "Coramine"Chapitre 2 sur 7 · MONS · texte numérisé non relu

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convulsions, toniques et cloniques, et finalement la mort par arrêt de la respiration. |

Les qualités analeptiques de la Coramine se traduisent sur le cœur de la grenouille examiné «in situ » par une augmentation de la diastole, suivant une légère diminution de la fréquence des pulsations. Le cœur semble agrandi et se contracter mieux. Le lapin réagit à la Coramine par une augmentation de la pression sanguine et une accélération du rythme respiratoire. Tous faits observés et relatés tant par Lagier, Faust et Uhlmann dans leurs travaux, que par nous.

A la lecture des travaux soit de Faust, soit d’'Uhimann nous avons quelque peine à nous rendre compte de l'action de la Coramine. Les protocoles d'expérience sont trop résumés et les graphiques des instruments enregistreurs nous montrent un moment trop court de l'expérience pour que nous puissions nous rendre exactement compte de l'expérience dans son ensemble.

Lagier est plus détaillé dans ses protocoles où nous constatons que l'effet de la Coramine sur la pression sanguine à dose non toxique est minime et passager, et ne devient manifeste qu'avec l'apparition de phénomènes toxiques.

L'expérience I de Lagier sur le lapin injecté à fréquentes reprises de doses faibles — 2-4 mgr. par kilo d'animal — nous montre à chaque injection une augmentation de la pression légère et peu durable et un état subconvulsif se manifestant en même temps que la pression augmente sensiblement.

Dans l'expérience II de Lagier où le lapin reçoit la Coramine à la dose de ? centigrammes par kilo le résultat est le même. À dose thérapeutique l'effet est médiocre ou nul sur la pression sanguine ou la fréquence du pouls, qui ne réagissent qu'au moment où apparaissent les convulsions.

On injecte d'emblée dans l'expérience III de Lagier une dose de 10 centigrammes par kilo d'animal. La pression augmente d'environ 8-10 % durant 6 minutes. Une deuxième imjection porte à 20 centigrammes au total la dose de Coramine injectée et détermine un tétanos, puis l’animal reste flasque et apnéique. Ensuite le pouls s'accélère; la pression baisse sans que des injections subséquentes puissent la relever.

Dans les travaux d'Uhimann, de Faust, il est fait mention de convulsions, toniques et cloniques, de crampes pou-

Je ei

vani cesser ou mener à la mort, sans que nous puissions les situer à leur place exacte au cours d’un protocole d’expérience.

On ne peut employer en thérapeutique une substance analeptique à dose donnant des convulsions.

Du reste, pour juger de la valeur d'un analeptique il ne suffit pas que ce corps relève la tension de l'animal normal, car cet effet peut-être le résultat de différentes causes et non pas uniquement d’une activité analeptique sur le cœur et les vaisseaux, spécialement quand il s’agit d’un corps à propriétés convulsivantes.

Pour pouvoir dire qu’un corps est véritablement un analeptique, il faut que ce corps soit capable de relever l’action d’un cœur affaibli. à

Lagier s’est nettement rendu compte de la chose et a cherché à déterminer l’action de la Coramine sur un cœur affaibli par un choc opératoire.

Expérience V de Lagier : Lapin anesthésié à l’éther. Extirpation des deux reins. Suture de la plaie.

La pression est abaissée approximativement de 50 %. Trois injections, au total 6,18 centigrammes de Coramine par kilo d'animal, ramènent la pression à ce qu’elle était avant le choc opératoire.

Uhlmann indique quelques expériences dans lesquelles ayant affaibli le cœur de la grenouille isolé, par de l’hydrate de choral, il administre ensuite de la Coramine. Il ne donne pas de procès-verbal de l'expérience, mais des courbes où l’action du cœur affaibli se relève. Il est difficile de tirer de ces expériences sur le cœur isolé des conclusions valables pour l’animal intact, les conditions étant par trop différentes.

D'autre part, il ne suffit pas de constater que la substance dont on veut déterminer l’activité est capable de relever la fonction affaiblie, mais il est nécessaire de se rendre compte quelle est son activité par rapport à d’autres corps à action analogue dont l’activité est connue, tel, dans l'occurence, le camphre.

Pour arriver à obtenir quelques données sur les activités respectives de la Coramine et du camphre, nous avons entrepris une série d'essais. Les recherches de Ming nous donnent un point de repère précieux sur ce qui concerne l’activité du camphre sur le cœur de grenouille affaibli par l'hydrate de chloral.

Dans le même ordre d'idées nous avons commencé par administrer de l’hydrate de chloral jusqu’à ce qu'une dé-

AR

pression de l'activité cardiaque devienne manifeste. Cette administration n'est pas sans exiger un certain doigté, car il faut, d’une part, que la dose soit suffisante pour avoir une action dépressive et, d'autre part, il faut se garder de pousser l’intoxication à l’extrème.

Quand nous parvenons à l'état de dépression voulu, nous administrons la Coramine et, après un temps suffisant pour que son action aie pu se faire sentir, nous donnons du camphre, sous la forme de l’émulsion employée par Ming.

Dans les 21 expériences valables, soit effectuées « lege artis » sur l’animal ayant reçu la dose nécessaire d'hydrate de chloral, nous constatons que:

dans 13 cas la Coramine n’a exercé aucune influence manifeste, alors que la réaction au camphre l'était;

dans 4 cas l'influence de la Coramine à été nulle alors que celle du camphre était indistincte;

dans 4 cas enfin l'influence et de la Coramine et du camphre a été nulle.

Nous donnons ici le relevé « in extenso » d’un de nos protocoles d'expérience.

Rana esculenta © Poids 27 grammes.

12 h. 00 min. Hydrate de chloral 5 % 0,8 cc.

15 h. 10 min. Pulsations en 60” 11 16 Coramine 0,05 ec. — 0,0125 16 Pulsations en 60” 11 18 dl 25 10 39 9 39 10 44 8 50 Îl 16 h. 00 min. 7 05 Camphre en émulsion à 5 % 0,8 ce. —0,015g 06 Pulsations en 60” 6 08 7 16 Ÿ 26 9 28 10 33 12 43 12 17 h. 10 min. 12

Interruption de l'expérience.

DR de

Poids 3 Chloral Coramine Camphre de la grenouille Dose Puls, cardiag. Dose Puls. cardiaq. Dose Puis, cardiaq. Grammes 1 30 0,025 8 0,1 8 0,0075 10 2 40 0,045 10 0,025 8 0,01 9 3. 42 0,040 5 0,1 5) 0,01 7 5. 39 0,025 13 0,15 1 6,01 3 7. 22 0,015 8 0,975 3 0,075 10 8 25 0,02 10 0,075 6 0,075 3 9 38 0,03 5 0,1 1 0,01 2 10 38 0,035 9 0,1 3 0,01 5 qui 30 0,025 14 0,1 6 0,01 15 15 50 0,035 10 0,125 3 0,015 6) 16 40 0,03 10 0,125 5 0,02 7 17 54 0,035 12 0,25 4 0,015 6 18 30 0,025 6 0,1 4 0,02 8 19 43 0,03 13 0,1 d 0,025 6 20 40 0,025 10 0,125 4 0,0175 6) 22 27 0,015 11 0,0125 7 0,015 12 24 28 0,02 14 0,0125 9 0,010 10 25 31 0,015 13 0,0125 6 0,015 5 26 36 0,015 15 0,037 7 0,015 16 27 30 0,02 20 0,0125 10 0,015 15 29 42 0,025 11 0,025 % 0,015 15

Dans les expériences mentionnées ci-dessus nous pouvons constater que si la dose d’hydrate de chloral a été suffisante pour produire une dépression appréciable de l’activité cardiaque, on ne réussit pas avec de la Coramine administrée à dose moyenne de Lagier à relever cette activité, tandis que dans la plupart des cas une injection de camphre produit un relèvement notable et durable du nombre des pulsations et de leur intensité.

Dans certains cas où l’action du camphre est très faible ou peu manifeste, il faut admettre que le cœur a trop souifert de l’action de l'hydrate de chloral pour pouvoir être ranimé.

Mais, dans aucun cas, nous ne constatons une action de la Coramine là où le camphre s’est montré inefficace.

Lagier a éprouvé l'effet de la Coramine sur la tension artérielle préalablement déprimée artificiellement par le chloral.

Tension artérielle normale, 100 mm.

Injection de chloral, 0,5 par kilo d'animal en 5 doses, en 5 minutes.

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