II
choire inférieure réclament ordinairement une mentonnière, que supplée parfaitement un simple mouchoir.
S'agit-il de fixer un cataplasme ou telle
autre chose dans le creux de Faisselle ? appliquez, vers cette partie, le milieu d’un mouchoir plié en cravate, ramenez, et croisez ses chefs sur l’épaule du même coté , et com duisez-les ensuite, l’un par devant et l’autre par derrière la poitrine , jusque sous l’aisselle opposée ou vous les attacherez. Si le mouchoir se trouve trop court, un ruban, un bout de bande , et , au besoin , un second mouchoir lié au premier ne vous laisseront plus rien à désirer.
Avez-vous besoin d’un bandage de corps pour la poitrine, le dos ou le ventre ? le mouchoir, plié en cravate ou en carré long , vous suffira encore le plus souvent. Nous dirons cependant plus bas un mot sur un moyen plus énergique et plus commode pour les fractures des côtes.
Désirez-vous un suspensoir > ou un moyen de maintenir , sur les parties génitales , un cataplasme , ou telle autre pièce d’appareil ? Le mouchoir plié en triangle vient encore à votre secours de trois manières différentes
que voici : i°. Place? le milieu de la base du tnangle sous le scrotum , conduisez ensuite sur les hanches et au bas du dos , les deux bouts du mouchoir que vous y attacherez aisément, et faites remonter la pointe du triangle qui, de cette manière, emboîtera et soutiendra assez bien les bourses. a0. Etablissez préalablement une ceinture avec une ficelle, un ruban , une bande ou même un mouchoir ; vous placerez ensuite votre mouchoir triangulaire , comme dans le cas précédent , vous dirigerez ses chefs sur les aînés , pour les y fixer à la ceinture ci-dessus, et vous remonterez la pointe du mouchoir comme dans les cas précédens. 3°. Mettez la base du triangle au-dessus des parties delà génération , nouez les extrémités derrière le dos , et dirigez la pointe en bas; celle-ci, prise par un bout d attache quelconque, sera conduite entre les cuisses ; et fat tache se fixera alors , comme
un sous-cuisse ordinaire, sur le coté et au
mouchoir même qui fait foffice de ceinture.
Vous faut-il un bandage en T pour faîne. Fan us ou les parties sexuelles delà femme? vous fixez à une ceinture quelconque et par derrière , le bout cf un mouchoir plié en cravate ou en carré long, et vous ramenez
1 autre extrémité entre les cuisses pour l’arrêter par devant à cette même ceinture, soit
au moyen d’un nœud, soit avec une ou deux épingles.
Vous etes embarrasse de maintenir un vé- • »
sicatoire, un cataplasme, une compresse etc. , sur la fesse ou la hanche ; servez-vous du mouchoir delà manière suivante: Une ceinture est d aboid placée au-dessus des hanches j la base d’un mouchoir triangulaire est appliquée ensuite au-dessous du grand trocanter; le triangle embrasse les muscles fessiers en s étendant depuis le raphé jusqu’à l’épine iliacjue antérieure et supérieure ; la pointe du tuangle dirigée en haut , est passée sous la ceinture, vers le tiers postérieur de la crête iliaque où elle est serrée et assujettie à volonté , et les deux chefs du mouchoir se fixent après avoir entouré la cuisse dans sa partie supérieure.
Voulez-vous soigner, assez bien , très-simplement et sans gêne une fracture de la clavicule , et permettre en même temps à votre malade de sortir ? laissez-lui remettre sa chemise comme à l’ordinaire, et un gilet à manches, s’il veut; appliquez, sur ces vêtemens, un mouchoir en forme d’écharpe qui supporte
et soulève bien le coude; puis passez , sur cette écharpe et vers le coude, le milieu d’un second mouchoir plié en cravate et dont les chefs iront se réunir au côté opposé , après avoir entouré le corps comme une ceinture. Un autre moyen analogue consiste à placer le milieu d’un mouchoir sur la partie inférieure et externe du bras et tout près du coude ; les chefs en sont ensuite ramenés et croisés du côté diamétralement opposé, c’està-dire vers le condyle interne de l’humérus, puis ils sont conduits autour de la poitrine pour y être fixés comme une ceinture: une légère écharpe soutient , enfin, la main ou lavant bras. Avec l’un ou l’autre de ces moyens tous simples et d’une application extrêmemen t facile, votre malade ne sera jamais dans le cas de regretter l’appareil de Desault , ou tel autre analogue ; et vous ne lui laisserez autre chose à désirer , que d’être traité par les mêmes principes , mais avec la gouttière bracchiale au lieu du mouchoir en écharpe (i)«
(i) Ce procédé l’emporte assurément sur tous les autres, et se distingue par sa plus grande propreté et presque par son élégance, et parce qu’il laisse au malade plus de liberté et lui permet d’être compté -
Les praticiens qui mettent une très-grande confiance dans un coussinet placé sous 1 aisselle , pourront également y avoir recours avec les uns et les autres de ces procédés i
tement habillé. Cet appareil que les Anglais emploient comme une simple écharpe, que j’ai simplifié et modifié avantageusement pour ce qui concerne la suspension, et que j’ai adapté au traitement des fractures de la clavicule, se trouve si mai décrit dans quelques journeaux de médecine , que je crois devoir le rappeler ici en peu de mots. Cette gouttière peut être en cuir bouilli ou en peau , mais le carton et même un bout d'écorce pourront suffire. Elle est faite de manière que l’avant bras puisse y être à son aise, et que, terminée en cul de sac, le coude y soit convenablement emboîté. Il y aura également une petite allonge, qui glissant comme une coulisse dans cette gouttière , servira au besoin à soutenir la main ou à laisser celle-ci en liberté. Ce carton sera recouvert d’une étoile simple ou d’un tissu pins ou moins recherché. Mais ce qu’il importe surtout de connaître, c’est la manière particulière dont il est suspendu , et qui permet des moüvemens variés tout en donnant la plus grande facilité de l’appliquer, de l’ôter, de l’élever et de l’abaisser à volonté. Deux forts liens sont assujettis solidement aux deux extrémités des bords de cette gouttière et y forment comme deux anses «collatérales , dans le genre de celles qu’on remarque
maïs on peut leur promettre un succès tout aussi heureux sans ce moyen , qui est bien loin de rendre le service important qu’on sè plait encore d’en attendre dans le cas qui nous '
occupe*
aux pauetières ou aumonières de nos Dames. Ces deux anses sont réunies ensemble dans un anneau de métal ou simplement d’un fort tissu, de manière à pouvoir y glisser aisément. Cet anneau ou cette boucle tient à un autre lien qu’on peut suspendre autour du col, à une boutonnière, à un bouton, à droite, à gauche ou vers la partie médiane du corps , et qu’on pourra même rendre inaperçu et masquer au besoin ; car il est également loisible de porter la gouttière dans la manche même et d’avoir ainsi le bras en écharpe , suspendu et fixé au corps sans qu’il y paraisse aucunement. On s’en doutera d’autant moins que les mouvernens de la main seront parfaitement libres , et que ceux d’extension et de flexion de l’avant brasseront également très-faciles, malgré que le coude, je veux dire la partie inférieure de l’humérus reste tout-à-fait immobile. Cette immobilité, dans le cas qui nous occupe, résulte d’un ruban qui partant de la partie interne de la gouttière (celle qui , répond au codyle interne de l'humérus) se porte autour de la taille et l’embrasse comme une ceinture ou bandage de corps , et dont l’effet est de maintenir le coude en place. Il est inutile d’étendre davantage cette description. La petite machine suspendue dira
occupe. L'essentiel sera toujours ici d'empêcher les mouvemens de l'épaule; en fixant tout simplement le coude sur les côtes. Peutêtre trouvera-t-on queîqu'avantage à pouvoir, au moyen de l’écharpe qui emboîte bien le coude s relever celui-ci, tout en le dirigeant en avant , afin que , par là , le moignon de l'épaule soit repoussé en arrière et en dehors , et qu'on empêche de cette manière une légère difformité. Celle-ci, toutefois, sera
facilement le reste. Ce qui la rend si avantageuse, c’est son mode de suspension que je réclame et que, le premier, j’avais adapté à l’appareil de Sauter longtemps avant que j’eusse occasion de le faire connaître à Londres et à Paris, en 1827, Appliqué à un morceau de cuir ou de peau, ou à une feuille de carton ou d’écorce , de 7 à 8 pouces de longueur sur 3 à 4 de largeur , et sans cul de sac pour renfermer le coude, ce moyen suspendu constitue encore une écharpe simple aussi commode que propre et peu embarrassante, et qui laisse au malade la facilité de faire beaucoup de mouvemens , qui seraient évidemment impossibles avec l’écharpe ordinaire. Ce genre d’écharpe devrait , ce semble, être introduit dans les hôpitaux , et chez les troupes de terre et de mer , comme étant moins gênant et nullement dégoûtant , et pouvant s’ôter et se remettre très - aisément sans le secours d’aucun aide.
bien difficile à éviter complètement s quel que soit r appareil auquel on ait recours ; mais elle s’efface pour l’ordinaire insensiblement, comme le savent tous les praticiens.
Les mouchoirs sont les meilleurs moyens de porter' et de maintenir , sur les extrémités supérieures et inférieures, des cataplasmes , des sinapismes etc. ; et pour panser des vésicatoires et la plupart des blessures et des dépôts dans ces mêmes parties. Leur usage simple et commode est si généralement connu et répandu , sous tous ces rapports, que je dois me dispenser d’en rien dire de plus (i).
Je ne puis passer sous silence les avantages inappréciables des mouchoirs dans les hémorragies graves, à la suite de lésions vei-
(i) La vue du parti que savent tirer du mouchoir » les pauvres, les campagnards et les militaires, dans les circonstances que je viens d’indiquer, n’a pas peu contribué , je l’avoue , à la confection de ce mémoire, en me fournissant l’idée de généraliser, en leur faveur, cet excellent moyen de déligation. Puissé-je, en effet, contribuer à le rendre plus commun pour les malades et les blessés de ces nombreuses classes de la société , particulièrement exposées aux lésions graves, privées de secours éclairés , et forcées, le plus souvent , de se suffire à elle-même.
lieuses et même artérielles , et où les secours sont urgens. Un mouchoir pourra servir ici de compresse (i) ou de tampon , et un autre mouchoir assujettira très-bien et instantanément cet appareil -provisoire . doublions pas de rappeler, dans cette circonstance, qu’au moyen de deux mouchoirs on peut avoir encore, sur le champ, un garot parfait (2).
(O Une compresse , pour nous , c’est un mouchoir ou une portion cîe mouchoir pliés en plusieurs doubles. Rien n’est plus facile que d’indiquer la manière de les graduer , et l’usage qu’on en peut faire ainsi arrangés.
(2) L’ignorance assez générale , chez le peuple , lorsqu’il s’agit d’arrêter l’écoulement du sang, à la suite d’une blessure , et la facilité avec laquelle on perd la tête en pareille circonstance, m’engagent à transcrire ici quelques préceptes généraux que j’ai cru devoir donner, à ce sujet, a mes élèves sage-femmes, et qui se trouvent à la suite du manuel qu’elles ont entre leurs mains.
Lors d’un accident quelconque , où la perte abondante du sang peut mettre , plus ou moins promptement , les jours du blessé en danger , on réussit tou- l jours à suspendre l’écoulement en appliquant un ou plusieurs doigts sur l’endroit même par où jaillit le sang. C’est de cette même manière qu’on arrête trèsbien l’écouieiïient du vin lorsqu’il s’est fait un trou
Puis-je ne pas indiquer ici les ressources précieuses qu’on peut retirer des mouchoirs , pour la fixation des attelles , des appareils variés et des fragmens osseux dans le plus
au tonneau. Les doigts sont, en effet, les meilleurs bouchons ou tampons, pour le premier moment, et en attendant qu’on puisse se procurer d’autres secours. Ces secours sont toutes les substances mollettes et douces qu’on applique directement sur le vaisseau ouvert, par parcelles , ou petites boulettes , afin de mieux boucher la plaie ; ainsi, on pourra employer l’amadou, l’éponge , la charpie , la toile d’araignée , du papier mâché ou mouillé, des étoupes , du vieux linge , du coton , de la laine , et même , au besoin , de la mousse . Mais Vépûnge est préférable pour ce premier moment, parce qu’elle se prête bien à remplir le fond et les interstices de la plaie , en s’y insinuant plus facilement, et qu’elle s’y accroche et s’y fixe mieux , grâce aux petites dentelures ou aspérités dont elle est composée.
Pour que ce remplissage soit efficace , il faut commencer par enlever tous les caillots , s’il y en a, et laver la plaie avec beaucoup d’eau fraîche , afin qu’on voie, aussi bien que possible, l’endroit principal qui donne issue au liquide , et que le tampon soit immédiatement placé sur l’ouverture même du vaisseau. Cette seule précaution du lavage suffit souvent. On fait contenir ensuite avec la main les substances qu’on aura ainsi entassées dedans et sur la plaie , ou bien on les assujettit convenablement avec une bande , une jarre-
grand nombre des fractures des membres P C’est ici surtout que brillent les avantages de la bande , représentée par un mouchoir, à raison de V épaisseur et de la largeur con -
tière, une cravate. Si ces moyens n’arrêtent pas le sang, il faudra les enlever et se contenter de la seule application du doigt , jusqu’à l’arrivée d’un chirurgien ou de quelqu’un d’intelligent. Le blessé pourra luimême faire cette application.
Ces doigts , tenus toujours à la même place, pendant plusieurs heures, peuvent suffire pour arrêter les plus fortes hémorragies ; mais comme cette pression serait trop pénible , si elle était faite par une seule personne, il pourra y en avoir deux ou trois qui s’aideront en alternant. Si, cependant , on voulait se garantir encore mieux, on pourrait essayer, si la plaie était à l’un des membres, de serrer fortement le haut de la cuisse et du bras, en appliquant sous le lien quelconque qu on emploiera , et en dedans de ces membres , un mouchoir ou un chiffon plié en plusieurs doubles, et assez épais pour applatir le principal vaisseau qui se trouve vers ces parties, et que l’on y peut facilement sentir battre.
Le meilleur moyen est assurément de lier le vaisseau même qui fournit le sang , et à l’endroit où il est ouvert. Mais cette opération , quoique simple , offre souvent des difficultés. Il faut s’y être exercé quelquefois, ne fut-ce que sur des animaux, et sous la direction d’un chirurgien instruit. Je me suis assuré qu’en
sidéralles qu’on peut donner au corps, je veux dire à la partie du mouchoir qui appuie sur le membre même. Notez qu’au moyen de charpie, de ouate ou de simples linges usés ou souples que vous enveloppez dans la partie moyenne du mouchoir , vous pouvez augmenter cette largeur et cette épaisseur au gré de vos désirs et de vos besoins. Ainsi donc, nous aurons recours aux mouchoirs , comme bande ou lien , pour fixer à l’aîné et au pied , l’attelle extensive de Désault , et tous les appareils basés sur les principes de ce célèbre chirurgien. Nous nous servirons également des mouchoirs, plutôt que des rubans étroits de fil , pour serrer les attelles dans les fractures des extrémités, lorsqu’on emploiera ces moyens contentifs ; et nous devrons aussi donner la préférence
fort peu de séances on pouvait , de cette manière , acquérir assez de notion et d’aptitude pour exécuter fort bien cette opération, et être en état de rendre, par là , les services les plus signalés. Des hommes instruits et adroits comme ceux qui composent, en général , le corps des officiers et sous-officiers , répugneraient ils à consacrer quelques heures pour apprendre une chose d’une importance aussi majeure ? J’ai peine à le croire.
aux mouchoirs sur les bandes , pour fixer les membres brisés sur la planchette en suspension , et pour assurer aux fragmens osseux une direction bonne et durable sur cette précieuse machine. On voit , en effet , dans tous ces cas, que le mouchoir est facile à appliquer , qu’il appuie par une surface large et mollette , peu susceptible de blesser , et qu’il est presque impossible qu’il . se dérange et se corde ; toutes choses de la plus grande importance dans l’application d’un lien quelconque, qui doit rester long-temps en place .
Je ne dois pas oublier de rappeler , à l’occasion des fractures, que non-seulement le chirurgien le moins habile , mais que tout homme intelligent peut porter, à l’instant même, les plus heureux secours au malheureux dont un des membres vient d’être brisé. Deux ou trois mouchoirs suffiront , le plus souvent, pour maintenir ce membre dans la bonne direction qu’on aura eu soin de lui donner , et pour empêcher que , dans un transport ou des mouvemens indispensables, les extrémités des os fracturés ne déchirent à chaque instant les tissus sensibles et délicats au milieu desquels ils sont sans cesse poussés. Pour cet effet , on placera sous le
membre un mouchoir qui soit un peu plus long que le membre lui-même. A chacun clés deux bouts de ce mouchoir on roule une attelle; et si bon n’en a point, quelque chose d’analogue, c’est-à-dire, un corps consistant quelconque. Ces deux corps ainsi roulés en sens contraire, doivent finir r>ar arriver et se placer sur les deux côtés du membre ; ils seront maintenus en place par un ou deux mouchoirs qui entoureront et serreront modérément ce pansement d'attente . Les corps résis tan s dont nous venons de parler , et qui, roulés dans le mouchoir, doivent représenter ici des attelles , peuvent n’ètre que deux simples baguettes ou quelques verges de bois, ou deux bouts de bâton. De la paille , du foin , de l’herbe , des joncs etc., serrés et roulés en forme de cylindre qu’on pourra ensuite applatir légèrement ; de l’écorce , du carton ou du fort papier plié en plusieurs doubles, peuvent également tenir lieu d’attelles provisoires. Tous ces objets auront, ainsi que le mouchoir, un peu plus de longueur que le membre lui-même , et fourniront à celui-ci assez de résistance pour empêcher les os de trop vaciller , ou clu moins de prendre une fâcheuse direction. On obtiendra ces mêmçs
bons résultats en étendant le membre brisé sur un bout de planche étroite, à peu près de la longueur du membre, et qu’on aura bien garnie de linge , ou d’un épais sachet fait sur-le-champ avec un mouchoir qu’on remplira d’herbe, de feuilles, de mousse, de paille , de foin, de son , de sciure, de bdfljes de céréales ou de tout autres substances molles analogues (i). Le membre placé sur cette-
(i) Les chirurgiens qui ne sont appelés à pratiquer que dans les grandes villes , où tout abonde et où Ton n’est jamais embarrassé pour placer , panser et faire transporter un individu dont les membres sont fracturés, trouveront tous ces détails bien singuliers ou superflus ; mais ce n’est pas à eux que s’adressent ces lignes. Je le repète, j’écris pour les pauvres de la campagne, les habi tans des villages , Les militaires de toutes armes, et pour ceux qui sont appelés à leur donner les premiers soins dans des accidens graves et lorsqu’ils sont éloignés de tous secours. On trouve , sur-le-champ, autour du cou du blessé même , dans sa poche ou dans celle du voisin , soit en coupant, s’il le faut , dans sa chemise une ou deux pièces carrées d’une étendue suffisante , soit en fendant diagonalement en deux ces dernières pour en faire le nombre de triangles ou de cravattes simples dont on pourra avoir besoin ; on trouve , dis-je , tout ce qui est nécessaire pour un premier pansement , et c’est ce qu’il m’ira-
planchette, ainsi garnie , n’y sera point meurtri ni blessé; il y recevra une bonne conformation et y sera assujetti au moyen d'un ou de deux mouchoirs , qui feront un seul et même tout , du membre, du plan résistant inférieur et du sachet , en ies entourant et pressant convenablement ensemble Ce plan inférieur et résistant pourra , à défaut de
portait d’indiquer et de faire bien sentir, au risque de passer pour me répéter à chaque instant.
J’ajouterai que ces pansemens d’attente ou provisoires et ces premiers appareils , appliqués tant bien que mal , peuvent à la rigueur amplement suffire à une entière et heureuse guérison ; et c’est ce qu’on pourra et devra dire et répéter aux malheureux traités de cette manière, et à ceux qui leur donneront des secours inteîügens. On pourra à ce sujet citer l’histoire de cet aliéné dont un chirurgien avait pansé une jambe cassée; mais pour éviter de nouveaux pansesemens plus ou moins douleureux, le malade transporta adroitement l’appareil sur sa jambe saine , et cacha l’autre avec soin dans sa paillasse . Il se tint si tranquille , et donna tellement le change à .tout le monde pendant à 5o jours , qu’il se trouva à la fin parfaitement guéri .
Je dois dire encore qu’en suspendant le dernier appareil que je viens d’indiquer , on aura la machine de Sauter , laquelle , pour les fractures compliquées , l’emporte sur toutes les autres# Je puis rappeler, enfin,
planchette, être représenté par de l'écorce, de la paille tressée et du feutre. Un sachet seul, bien rempli et serré, offrira également assez de consistance au besoin , et une pièce d'un épais vêtement plié d’une certaine façon , remplacera de même ce sachet , et servira, de cette manière , d’assez bon soutien au membre fracturé.
Je terminerai l’énumération des avantages essentiels du mouchoir , comme bandage , en l’appliquant , spécialement , à deux cas graves en chirurgie : i°. la fracture de la rotule ou la rupture du tendon tïbio-rotulien , et 2°. la section ou la rupture du tendon d’ Achille»
Les auteurs , avec leurs appareils plus ou
que le mode de suspension que j’ai adopté et fait con-» naître , consiste dans deux cordes collatérales en forme d’anses , qui sont elles-mêmes réunies sur un anneau métallique ou de corde qui les soulève et tient comme une main , et qui les fixe au-dessus du lit ; et que , dans le cas où l’on fera usage de la planchette articulée pour les fractures du fémur ou de son col, il ne sera pas nécessaire d’établir ces anses collatérales à la partie de la planche qui répond à la cuisse , et qu’il suffira de les fixer à la planche seule qui supporte la jambe. Il y a déjà quelque temps que je me suis aperçu de cette manière avantageuse de simplifier ce mode de suspension , et je saisis cette occasion pour le faire connaître.
moins dangereux et gênans des plaies transversales , pour le premier cas ; et avec les pantoufles , les cartons , voire même la jambe de bois, pour le second, se sont,, dans ces deux affections, grandement écartés du facile et du simple, gages inséparables de futile et du bon. Notre mouchoir, au contraire , réclame tout particulièrement ici une mention honorable , ainsi que nous allons le démontrer en peu de mots.
Dans la rupture de la rotule et du tendon qui fixe cet os au tibia , on veut , sans doute, que la jambe soit étendue sur la cuisse, et que celle-ci soit fléchie sur le bassin ; mais on cherche, déplus, un -point d’appui qui offre la facilité cf entraîner la rotule en bas, et de fixer solidement , à sa place , cet os entier ou son fragment supérieur seulement. Ce point d’appui important, je le trouve à la plante du pied , et c’est là que je place , comme un étrier , le milieu d’un mouchoir plié en cravate. Je noue , sur la région dorsale du pied, ce mouchoir, et j’en porte les chefs directement vers la partie supérieure et lattérale du genou, c’est-à-dire de la rotule. J’ai eu soin, au préalable, d’appliqu er sous le jarret une gouttière en carton.
convenablement rembourrée et garnie (d'un mouchoir même si Ton veut). Un autre mouchoir en cravate , fixe ce carton derrière le tiers inférieur de la cuisse et le tiers supérieur de la jambe ; et ce même mouchoir peut seul former sur la partie supérieure de la rotule , une espèce de barre ou d'obstacle à l’entraînement de cet os par les muscles extenseurs de la jambe. Il ne s'agit plus, maintenant , que d'assujettir solidement cet anneau sus-rotulien que forme ce dernier mouchoir , et je le fais avec la plus grande facilité en y fixant de chaque côté les bouts du mouchoir qui fait l'office d'étrier. De cette manière, les principaux troncs nerveux et vasculaires poplités sont protégés par le carton; celui-ci s’oppose, en meme temps à la flexion de la jambe ; la rotule est engagée et fixée sous le mouchoir qui sert à attacher le carton; et ce mouchoir, en forme de bande circulaire qui maîtrise la rotule, est lui-même attiré en bas ou maintenu en place par les bouts du mouchoir étrier qui est invariablement placé sous la plante du pied, et qui contrebalance aisément l'action des extenseurs de la jambe. Il ne s’agit plus , pour fléchir la cuisse sur le bassin , que
d’établir un plan incliné qui élève plus ou moins le talon au-dessus de la tubérosité de rischion. Ce plan peut être fait avec des sachets ou des oreillers , ou au moyen de la planchette mobile de Sauter, que j’ai heureusement modifiée. Mais cette dernière me parait de beaucoup préférable , à cause défia facilité qu’elle procure au malade de se remuer presque de toutes façons dans son lit, de refaire à volonté celui-ci, et de varier commodément les diverses inclinaisons du membre (l).
La section ou la rupture du tendon d’Achille est plus facile encore à traiter, par ma manière , que la rupture de la rotule et de son tendon. Il convient ici, pour mettre et maintenir en contact les bouts de la solution de continuité , de fléchir bien la jambe
(i) Cet appareil suspendu est si commode , que l’ayant employé à l'hôpital de Lausanne , en Novembre 1828, pour un jeune Français atteint d’une fracture de la rotule avec un énorme épanchement sanguin , le traitement n’a pas été entravé un seul instant, malgré un délire violent qui a duré une douzaine de jours , et qui a nécessité l’emploi du gilet de force et d’autres moyens coercitifs propres à retenir au lit le patient qui cherchait constamment à s’évader.
sur la cuisse et de produire l'extension forcée du pied sur la jambe: on parvient à ce but si facilement et avec si peu de moyens, qu’on a droit d’être surpris qu’on n’y ait pas pensé plus tôt. En effet , il suffit d’un seul mouchoir, plié en cravate , pour remplir les conditions que nous venons de poser; et cela à finstant même, et en moins de temps que nous n’en mettrons pour décrire cet appareil d’une
extreme simplicité* Le milieu du mouchoir
est placé sur la face dorsale du métatarse ; les chefs en sont ramenés à sa face plantaire, où ils sont croisés d’abord par un simple nœud, puis on les conduit dessous ou à côté du calcanéum, et enfin sur les parties latérales et postérieures de la jambe, jusques vers le tiers antérieur et in férieur de la cuisse , où ils sont liés immédiatement ensemble. On peut , et cela vaut mieux , tendre et fixer ces chefs sur un second mouchoir qu’on aura placé circulairement vers la partie inférieure de la cuisse ou même , au-dessus des hanches . Ce bandage, ainsi que le précédent, ne sont nullement gênans ; ils s’appliquent si facilement qu’on peut sans crainte les confier au premier venu, et au besoin, au malade luitne me , lorsqu’il s’agit de leur réapplication.
Le traitement des plaies transversales n’exige pas, en général, d’autres précautions que celles indiquées pour les deux appareils que nous venons de décrire ; le premier conviendra aux lésions de la région antérieure, et le second pour celles de la région postérieure des extrémités abdominales ; et les chirurgiens , en appréciant l’heureux effet d’un moyen aussi simple dans les blessures du membre que nous venons de nommer , sauront également en faire la facile application aux membres thoraciques.
Je n’ai pas besoin de dire que les mouchoirs dont il est question dans ce mémoire , peuvent être simples ou doubles, c'est-à-dire formant des triangles ou des carrés, et qu’ils pourront également être faits , sur-le-champ, d’une pièce de toile ou d’un tissu quelconque qu’on coupera en forme de carrés ou de triangles , et auxquels on donnera telle étendue qu’on jugera convenable. Cependant, les mouchoirs de toile molle et fine , dé mousseline ou de soie , mériteront nécessairement la préférence , clans une foule de circonstances qu’on peut aisément supposer, ne fut-ce que parce qu’ils sont infiniment plus faciles à se procurer que la toile, et parce
qu’ils
qu ils se trouvent en tout lieux' et sur tout le monde . Je dois cependant rappeler que, comme le mouchoir tient la plupart des avantages dont il jouit de ce qu’il nous offre un corps large, souple, mol, et en même temps des extrémités assez étroites pour pouvoir être attachées ensemble ou fixées aisément d’une manière quelconque ; je dois rappeler , dis-je* qu’on sera tenté de remplacer, parfois, ce mouchoir par une bande particulière qui réunira ces mêmes avantages ; or cette bande la voici : Prenez une pièce de linge de la longueur et de la largeur que vous voulez donner à votre bandage ; étendez sur ce linge une couche convenable de coton, de laine ou de charpie; recouvrez cette couche molette d’une autre pièce de linge pareille à celle qui est dessous ; cousez-les ensemble par leurs bords , puis piquez-les comme un matelas , et vous aurez un corps de bande bien rembourré comme le mouchoir, et qui ne sera pas exposé à blesser ni à se corder. Cousez maintenant à ses deux extrémités un ou plusieurs rubans de fil, et vous pourrez attacher et fixer le corps de cette bande plus facilement encore que votre mouchoir. Vous pouvez aussi ? au fieu de coton, ou d’autres rem-
plissages , vous contenter de doubler, tripler* ou quadrupler le corps d’une pareille bande, et de la piquer ensuite pour ne faire qu’ün $eul et même tout de ces pièces supposées; elle n’a plus besoin, alors, que de quelques bouts d attaches à ses deux extrémités , pour devenir un bandage parfait. Ces bandes piquées et matelassées sont fort commodes , et nous en avons à notre hospice qui nous rendent les services les plus variés. C’est surtout pour le traitement des fractures , par la planchette , que je ne saurais assez les recommander ; leur pression est si inoffensive et si douce qu’il est très-rare que les malades s’en plaignent, lors même qu’elles restent en place pendant six ou huit semaines.
La compression du thorax , dans les fractures des côtes , en particulier, ne peut, sans contredit, s’opérer plus uniformément, plus doucement et plus commodément qu’avec un bandage de corps matelassé, établi comme nous venons de l’indiquer ; et la manière de l’assujettir, de le serrer et desserrer, a lieu avec la plus grande facilité au moyen des rubans de fil, arrangés de la manière suivante aux extrémités de ce bandage ; A l’une des extrémités on coût une
rangée de rubans en forme de boucles ou d anneaux , et à l'autre une pareille rangée de rubans à deux chefs , de sorte que, d'un côté seront des boucles , ou anneaux en forme de boutonnières, et de 1 autre autant de paires de petites attaches. Or, en faisant passer un des chefs de cette dernière rangée dans la boucle de la rangée opposée , on a , en tirant dessus, un moyen simple de serrer à volonté et de fixer ce degré de pression en nouant avec une rosette l’un et l'autre chef ensemble.
Ce moyen bien adapté est si commode , qu’d permet au chirurgien, dans la plupart des cas et lorsqu il n y a pas de complications fâcheuses , d abandonner le malade à ses propres soins, comme cela m’est arrivé plusieurs fois. Celui— ci appréciera bien vite les avantages d avoir les côtes suffisamment appuyées, et il négligera d’autant moins de maintenir en place ce bandage , qu’il peut lui-même fôter, le remettre, le serrer et le relâcher avec la plus grande facilité chaque fois qu'il en éprouve le besoin.
Telle serait donc , à peu près , la partie manuelle ou mécanique de la chirurgie popu la-ire et militaire 9 réduite 9 ainsi qu’on a
pu le voir et que nous Pavons avancé , à un principe unique et fécond en heureuses conséquences. Mais cette autre partie importante 'de cette même chirurgie , la partie thérapeutique ne pourrait-elle pas également être fondée sur une seule et même base? Avant de résoudre cette question intéressante, qu’il me soit permis de dire , de la charpie 5 à peu près ce que j’ai avancé relativement aux bandes; car je cherche à me passer de l’une comme des autres dans ma chirurgie populaire. On conviendra avec moi , en effet , qu’on abuse singulièrement de cet excellent moyen de pansement , que la charpie n’a pas toute l’importance qu’on lui attribue , et qu’elle a ses ineonvéniens graves, c’est-àdire , qu’on l’a rarement sous la main , qu’il est difficile et même souvent impossible de s’en procurer au besoin , qu’elle est par fois avariée, que son application méthodique exige quelque habitude , qu’elle s’oppose fréquemment à la libre issue des matières, en faisant l’office d’un tampon, qu’elle se colle aux bords de la plaie et occasione des tiraillemens à chaque pansement etc.; enfin qu’on peut très-bien guérir sans cet objet , soit disant de première nécessité , et qu’un mou -
choir ou un fragment de mouchoir la remr place aisément et lui est souvent de beaucoup préférable.
Je n’entends point, cependant, par ces incriminations (qu’on trouvera peut-être exagérées) repousser tout à fait la charpie du domaine de la chirurgie. Je serais , certes , aussi ingrat qu’impardonnable. Mais si , en appréciant lés motifs que j’ai avancés contre l’usage si exclusif et abusif de cette substance précieuse , on avoue cependant qu’on peut s3 en passer dans les cas qui font le sujet de ce mémoire , on conviendra également qu’en la mettant, en effet, de coté, les pansemens gagneront singulièrement en simplicité, facilité, commodité et rapidité, sans rien perdre de l’utilité et de la sécurité qu’ils doivent nécessairement inspirer.
Ces propositions une fois admises (et pour un premier pansement , un appareil à la hâte, provisoire et d’attente , qu’il faut nécessairement confier à des mains peu exercées, on voudra bien, au moins, n’être pas trop difficile) , il nous restera à rechercher quel moyen nous associerons à ce mouchoir. J’ai lieu de croire , à l’exemple des plus habiles chirurgiens de tous les temps et de tous les lieux ,
que Veau pourrait être invoquée et proclamée comme l’agent, sinon unique, du moins le plus essentiel dans le traitement d e toutes les lésions chirurgicales récentes, et comme le moyen par excellence pour favoriser les efforts de la bonne nature. La conviction des hommes de Fart à ce sujet , ne pourraitelle pas passer insensiblement dans les differentes classes de la société , et se graver par-? ticulièrement dans l’esprit des gens de guerre? Nous indiquerons bientôt quelques moyens propres à ce but, ainsi qu’à mettre en faveur notre système de déligation , en général. Disons seulement ici , qu’en ramenant sans cesse à la simplicité et aux bons principes , il en résultera, outre l’avantage d’un bon traitement physique ou physiologique , celui non moins important aussi , le moral . Le malheureux dénué de tout et relégué , peutêtre même oublié loin de tout secours , ne croira pas sa vie compromise, parce qu’il n’aura pas , pour panser ses blessures , ces eaux spiritueuses , ces teintures alcoliques , ces onguens, ces emplâtres , ces cataplasmes mêmes dont on fait un si étrange abus. Il ne se plaindra pas davantage de ce qu’il n’a pas à discrétion cette charpie si vantée pour Fen-
tasser sur ses plaies , et qu'il ne parviendra à ôter qu'avec peine et douleur. Il ne gémira plus après un chirurgien , lors même que celui-ci ne pourra lui donner que des secours tardifs, fugitifs et presque toujours imparfaits. Mais, se confiant, au contraire, dans les instructions qu'il aura reçues , dans Fin-* telligence et les soins d'un camarade , et dans les efforts salutaires et connus de la nature > il aidera tranquillement ces derniers en pansant tout simplement ses plaies , ses contusions et ses fractures , en les nettoyant doucernent, et en les rafraîchissant et arrosant fréquemment avec un bout d’éponge, un linge, un mouchoir ou une partie de mouchoir; en trampant , lavant et exprimant soigneusement ces derniers pour les maintenir aussi propres que possible, et en les fixant enfin, sur le mal même , avec un autre mouchoir arrangé et attaché comme on le lui aura indiqué, ou comme il aura toujours vu faire, avec succès , en pareille circonstance. Qui ne voit, en effet., combien le service sanitaire gagnera et se simplifiera par les moyens et les procédés que je viens d'indiquer ? combien de braves on pourra soulager et sauver, et. combien l'administration elle-même sera
déchargée de peines cruelles et d’une grave responsabilité? Y aurait-il, peut-être, une manière de traiter à la fois plus commode , plus simple, plus facile, et plus sûre , que celle que je m’empresse de signaler dans ce mémoire ? Son introduction dans le service sanitaire d’une artnée , est-elle nécessaire ou seulement avantageuse, et serait-elle sujette à des inconvéniens? Des pièces de toile en triangles et en carrés seraient-èlles plus dispendieuses que des bandes ordinaires d’une certaine longueur? Leur utilité pour d’autres usages, et la facilité que l’on aurait de les laver et soigner , ne seraient-elles pas des garanties qu’on saurait mieux les conserver et les faire reservir, que la plupart des bandes? J’abandonne la solution de ces questions à ceux qui sont immédiatement intéressés au bien du service , et dont l’habitude des camps et l’expérience doivent être tout premièrement consultées pour ce qui a trait à cette importante matière.
L’éponge serait, au surplus, la seule chose extraordinaire que j’exigerais chez un soldat. Elle peut servir à tant d’usage pour lui-même ou ses camarades ; elle est à si bas prix , si légère, tient si peu de place , et est si facile
à maintenir propre et à conserver, que Je voudrais la rendre obligatoire dans un coin du petit sac de tout militaire. Elle évitera, pour les pansemens , et surtout pour les hémorragies bien des compresses , beaucoup de charpie et. è . . . . quelques mouchoirs. Si , à côté de cette petite éponge , vous placez tant soit peu de plomb laminé et de taffetas gommé dit d’ Angleterre , et si vous indiquez que l’un peut servir à réunir des plaies récentes, et Fautre à recouvrir des ulcères ou des plaies en suppuration , vous aurez encore de quoi remplacer avantageusement , d’un côté , les emplâtres agglutinatifs , et de lautre tous les onguens et cérats et toutes les eaux dessicatives qu’on a coutume de prescrire en pareilles circonstances. Eh pourquoi n’organiserait-on pas cette légère pharmacie portative chez tous les soldats , même en temps de paix ?
Le point sur lequel je ne saurais assez insister , si le mode que je propose est reconnu applicable , utile et bon, c’est qu’il soit inculqué à tous les officiers et sous-officiers, et par ces derniers, aux classes inférieures de la troupe ; car il importe que l’exemple soit donné par les chefs, que ceux-ci
puissent au besoin répandre, à ce sujet, réloge ou le blâme sur la conduite de leurs subordonnés , et que tout le monde enfin soit instruit.
Il convient, pour obtenir ce grand but, et afin que la chirurgie, telle que nous l'envisageons dans ce moment, devienne, en effet, •populaire et toute vulgaire , qu'elle se propage d’enhaut ; c'est-à-dire qu'elle soit introduite dans tous les hôpitaux , dans tous les services , et appliquée aux chefs de l'armée et aux officiers, tout comme au dernier des fantassins. Ce sera la meilleure manière de la faire connaître et de la préconiser. On ne négligera pas, toutefois, de la propager plus généralement par une instruction simple , claire et précise , imprimée , et surtout par des démonstrations et par quelques exercices manuels , auxquels on ferait intervenir au moins les caporaux* Les chirurgiens de tous rangs et de toutes armes auront également la satisfaction , soit en temps de paix , soit dans les garnisons et les camps ,, d'occuper mieux leurs loisirs, et d'être plus particulièrement utiles en propageant des connaissances précieuses, et en se créant, et à l'armée, une foule d’aides intelligens et habiles.
propres à exécuter mieux leurs conseils et leurs directions , et à les remplacer au besoin. L'application des principes de renseignement mutuel , me semble ici tout à fait à sa place , et je ne doute nullement qu’en assez peu de jours , les officiers et sous-officiers ne soient à même de comprendre le mécanisme de l’appareil quelconque qu’oil leur aura expliqué , et les modifications qu’il doit subir suivant les diverses circonstances* Ces modifications seront d’ailleurs fort peu de chose , puisque le fond du pansement ou de l’appareil restera toujours le même , et que les mêmes objets se reproduiront sans cesse de la manière la plus identique et la mieux faite pour être saisie par ce qui frappe le plus , par les sens et le gros bon sens. Les chirurgiens seront d’ailleurs assez justes pour ne voir dans ce travail qu'un essai , qu'une espèce de cadre qu’ils pourront restreindre, élargir et modifier suivant les circonstances individuelles et locales * et les dispositions particulières des corps qui leur seront confiés* Ils institueront le mode d’instruction comme ils l’entendront, et pousseront celle-ci aussi loin que la capacité et l’inteliigence des troupes le permettront.
Le but et le besoin de notions et de pratique chirurgicales se feront, je pense $ bien vite généralement sentir pour décider le zèle et l’empressement de tout le monde ; car chacun peut être appelé à donner ou à recevoir, â chaque instant , les secours les plus utiles et les plus efficaces dont il est ici question.
Ces jeunes militaires , dont le sang et les bras sont , dans ce moment , tout à la patrie , seront un jour des propriétaires , des chefs de famille , d’ateliers , de village ; et placés ainsi dans des circonstances favorables pour faire le bien, détruire des préjugés, et pro-» pager les saines doctrines , ils recueilleront le fruit de l’instruction clinique qu’ils auront reçue et ne regretteront pas alors les moine ns de loisir ou de désœuvrement qu’ils lui auronhconsacrés.
Autrefois les chefs des armées, les rois même , s’empressaient de tendre une main secourable aux braves que Belïonne venait de frapper. Des guerriers chrétiens seraientils moins humains ou moins instruits ? Ou plutôt, ne sont-ils pas les premiers intéressés à trouver , autour d’eux , des hommes sur lesquels ils peuvent compter; et ne sentent-ils pas leurs cœurs généreux tressaillir , en pen-
sant qu’ils pourront un jour arracher à une mort certaine celui qui l’aura bravée , peutêtre ÿ pour les sauver eux-mêmes ?
S’il en est ainsi , qu’ils étudient et se fassent expliquer ce Fragment de chirurgie populaire que j’ai composé exprès pour eux et leurs dignes frères d’armes !