‹ Sur la discrimination de l’intensité d’une source ponctuelleChapitre 28 sur 31 · VER · texte numérisé non relu

VER

Nous trouvons, en effet, que la sensibilité fovéale au papillotement rapide est moindre après adaptation à l’obscurité qu'après adaptation à la lumière. Notre étude de l'influence de la fréquence de papillotement ayant été faite en vision directe, le phénomène doit être indubitablement attribué aux cônes.

Mais en ce qui concerne les bâtonnets, nous serons plus réservé que Lythgoe et Tansley. Ainsi que nous l’avons vu à propos de la première série d'expériences de ces auteurs, l'observateur était préalablement adapté à une brillance voisine de 25 bougies/m?. Il nous semble qu'après adaptation à une telle brillance, seuls les cônes interviennent durant un certain laps de temps, même en vision périphérique sous faible brillance. Au fur et à mesure que l’œil s’adaptera à l’obscurité, les bätonnets interviendront et la fréquence critique de fusion augmentera. Nous dirons donc non pas que les bâtonnets sont plus sensibles à l’obscurité qu’à la lumière, mais qu’en vision périphérique sous faible brillance les bâtonnets remplacent les cônes après adaptation à l’obscurité.

Probabilité d’une influence de la périphérie de la rétine sur la fovéa. — On se souvient que Hecht avait trouvé [équation (30)] que la fréquence critique de fusion était proportionnelle à la concentration des produits de dégénération de la substance photosensible

(30) re

Signalant les travaux de Lythgoe et Tansley, Hecht [4] explique fort simplement l'augmentation de sensibilité fovéale après adaptation à la lumière en disant que l'œil étant éclairé, x augmente, donc f aussi.

Ceci nous semble peu satisfaisant. x en effet est fonction de l’état d'adaptation des cônes au point considéré de la rétine à l’instant de la mesure. Cet état d’adaptation est défini, étant donné la rapidité d'adaptation des cônes, uniquement par la brillance de la source, puisque aussi bien chez Lythgoe et Tansley que chez nous

l’'appareillage expérimental était installé en sorte que la brillance de préadapta-

tion ne vienne pas s’additionner à celle de la source. Si d’ailleurs dans les mesures de Lythgoe et Tansley la brillance de préadaptation (25 bougies/m?) est du même ordre que celle de la source (23 bougies/m?), dans les nôtres elle est négligeable (log b — 1,75, alors que log B atteint 3,5) et ne peut par conséquent influer en aucune façon sur x.

Par ailleurs, la raison fournie par Hecht n’expliquerait pas pourquoi après adaptation à la lumière AB/B croît moins rapidement avec / qu'après adaptation à l'obscurité, ainsi que nos expériences l’ont montré.

Il nous semble que le phénomène n’est pas local, mais dû à l’éclairement de l’ensemble de la rétine. La sensibilité fovéale parait être favorisée par un éclairement de la périphérie.

Probabilité d'une modification de nature photochimique. — J. F. Schouten, dans son étude de la composante inhibitive de l’éblouissement [16], s'appuyant sur

gt à ER

Le ASE

les délais d'apparition et de disparition de l'influence de la périphérie, suppose que celle-ci peut avoir deux mécanismes : un mécanisme immédiat de nature nerveuse, et un mécanisme lent, provoqué vraisemblablement par des changements de nature photochimique dans la rétine. C’est probablement ce dernier mécanisme qui intervient dans notre cas. Nous avons vu à propos des expériences de Lythgoe et. Tansley que la diminution de sensibilité fovéale après extinction de la lumière n’atteignait son maximum qu’au bout de 10 à 30 minutes ; nous avons nous-même fait l'expérience, mesurant la fraction A//1 après adaptation à une brillance voisine de 0,6 bougies/m?, faisant ensuite l'obscurité, et mesurant AJ/I (1, f et > restant évidemment constants) en fonction du temps. La figure 21 représente les résultats obtenus par les observateurs J. L. et J. C. (en vision directe, avec source ponctuelle blanche, pour log 2 = G,5 et f — 8). La diminution de sensibilité fovéale après extinction atteint son maximum au bout de 12 minutes pour J. L. et 8 mi-

nutes pour J.C.

Préadaptation en lumiere blanche Preadaptation en lumière rouge ue Nos ce X + x A J. I D © = 0,2

( S 10 15 0 5 10 15 ; minute minutes temps VAMPE temps

F1G. 21 et 22. — Diminution de la sensibilité différentielle en vision directe après

extinction de la plage lumineuse de préadaptation. — à — 50”. f — 8. log I (bou-

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