‹ Sur La Formation D'Amidon Pendant La Germination Des Sclérotes Des ChampignonsChapitre 2 sur 4 · SÉANCE DU 9 AVRIL · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 9 AVRIL

dans un albumen, car on n'en connaît point jusqu'ici dont la réserve soit purement albuminoïde.

Je n’ai étudié jusqu’à présent que les deux sclérotes dont il vient d'être question.

Cela posé, voyons comment se développe l’amidon dans un albumen isolé de Pin pignon mis en germination. Chaque cellule renferme, comme on sait, un gros noyau et une réserve composée d’alcurone et d'huile. Les premières traces d’amidon apparaissent déjà après trois ou quatre jours de germination, soit à la lumière, soit à l’obscurité. A ce moment on observe très nettement le commencement de la digestion de l'aleurone, décrite par plusieurs auteurs à propos de la germination de la graine : chaque grain protéique, souvent assez gros, se fragmente, par suite d’une digestion interne partielle, en un nombre variable de granules qui restent pendant quelque temps entourés d’une sorte de membrane albuminoïde, partie périphérique du grain d’aleurone primitif. Cette membrane venant elle-même à être corrodée en plusieurs points, les granules se dissocient et se répandent dans la cellule. Chaque cellule présente bientôt de la sorte un contenu finement granuleux très abondant. Si alors on étudie le mode de développement des plus petits granules amylacés que l’iode puisse mettre eu évidence, par la coloration bleu foncé qu’il leur communique, on n’observe pas de formation préalable de nouveaux leucites, spécialement destinés à être le siège de la formation de l’amidon ; c’est dans les nombreux granules albuminoïdes de la cellule, c’est-à-dire dans les granules élémentaires des grains d’aleurone dissociés, que se forme cette substance. Après l’action de la solution iodée, on peut voir que l’amidon apparaît en une foule de points à la fois, d’une manière irrégulière, et côte à côte peuvent se trouver des granules nettement bleuis ; d’autres commençant à bleuir, qui ne sont par conséquent pas encore complètement transformés en amidon ; d’autres enfin qui ne bleuissent pas du tout, niais qui prennent dans l’eau iodée une coloration jaune indiquant qu’ils sont encore complètement albuminoïdes. Ces granules sont souvent d’une extrême petitesse.

L’amidon grandit rapidement, sans doute aux dépens des substances digérées, et se présente, soit sous la forme de grains simples arrondis ou ovales, soit sous la forme de petits grains composés, cela suivant la taille du granule albuminoïde primitif, et suivant que l’amidon y apparaît en un ou plusieurs points à la fois. La cellule peut ainsi, en peu de temps, se remplir complètement d'amidon, toujours en petits grains.

Il résulte donc de l’étude de ce développement que de nouveaux leucites amylogènes ne se produisent pas dans les cellules pendant la germination de l'albumen ; ce sont les leucites préexistants , les leucites

BELZUNG. — FORMATION D’AMIDON DANS LES SCLÉROTES. 201

de réserve , qui sont le siège de la formation de l'amidon. Quelques faits semblables ont déjà été signalés par plusieurs auteurs.

Considérons maintenant un sclérote, l'Ergot de Seigle par exemple. Chaque cellule de ce pseudo-parenchyme renferme des gouttelettes grasses et des grains de nature albuminoïde, très petits,c'est-à-dire des leucites; ces leucites se montrent même quelquefois composés eux-mêmes de plusieurs granulations soudées; ils jaunissent par l’iode. Or, pendant la germination de ce tissu de réserve, on voit aussi se former de fins granules d'amidon, simples ou composés, se colorant par l'iode en bleu foncé. Ces granules prennent naissance dans les leucites composant la réserve azotée, et ici, comme dans l’albumen, on peut voir tontes les transitions entre les leucites complètement ou incomplètement transformés en amidon; ici encore il ne semble pas qu’il se forme de nouveaux leucites pendant la germination.

Cette formation d'amidon commence à se produire environ une dizaine de jours après la mise en germination du sclérote, alors qu’aucune trace du périthèce n’est encore visible à la surface ; c’est même dans ces conditions que l’amidon se forme le mieux : car, aussitôt que le périthèce commence à se développer, la petite quantité d'amidon qui existe à ce moment est digérée pour servir à sa croissance.

On remarque que l'amidon est surtout abondant un peu au-dessous de la zone foncée, brune, superficielle; les cellules, très petites, comme on sait, en sont quelquefois remplies.

Dans le sclérote du Coprin, le contenu cellulaire figuré se compose uniquement de leucites, très abondants, plus facilement observables que dans le cas précédent, les cellules étant trois ou quatre fois plus grandes. Ces leucites se présentent sous la forme de fines granulations, remplissant quelquefois complètement la cellule. Lorsqu’on examine ces granulations avec soin, on voit qu'elles ne sont pas placées indifféremment ; elles sont généralement groupées de manière à former des grains protéiques composés, semblant entourés d’une très mince membrane de même nature. Parfois cependant les granulations sont indépendantes.

C’est dans tous ces éléments albuminoïdes de la cellule, véritables leucites, que se produit l'amidon : il se présente quelquefois nettement sous forme d’un petit grain composé, par suite de la structure même du leucite générateur, ou bien sous forme d’un granule simple, mélangé avec les granules albuminoïdes de la cellule.

Il est bon de couper l'appareil sporifère, dès qu’il commence à se former, pour faciliter le développement de l’amidon, qui, 'même dans ces conditions, reste toujours à l’état de fins granules.

Il résulte donc de ces premières recherches sur les sclérotes, que les Champignons sont susceptibles de former de véritables grains d'ami -

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