‹ Sur La Formation De Dérivés DiphényliquesChapitre 13 sur 16 · DO · texte numérisé non relu

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en réduisant l’orthonitrotoluol en solution alcoolique alcaline par la poudre de zinc. A cet effet on dissout l’orthonitrotoluol, dont la pureté a été contrôlée par son point d’ébullition 222-223°, dans 1 ‘/, parties d'alcool ordinaire, on y ajoute ‘, partie de soude ou de potasse caustique solide, dissous dans le moins d’eau possible, et chauffe le tout, surmonté d’un tube à reflux, au bain-marie jusqu’à l’ébullition. On y introduit alors peu à peu; en très petites quantités et en secouant bien, 1 ‘/, parties de poudre de zinc. La chaleur dégagée par la réaction, après chaque addition de poudre de zinc, suffit parfaitement pour entretenir la réaction une fois introduite sans qu’il soit nécessaire de chauffer plus longtemps. Quand toute la poudre de zinc est introduite, on remet le ballon sur le bain-marie et chauffe encore environ une demi-heure à l’ébullition en secouant de temps en temps. On filtre alors au bouillon, concentre et fait cristalliser. L’orthoazotoluol cristallise de l’alcoo!l en paillettes rouges orangées, du nitrotoluol en gros prismes rouges foncés. Pour transformer cet orthoazotoluol en orthohydrazotoluol, on le dissout à chaud dans un peu plus que juste la quantité nécessaire d'alcool et ajoute à la solution une quantité d’ammoniaque concentrée en solution aqueuse telle que le trouble formé se redissolve à chaud. A travers cette solution chaude colorée en rouge foncé on fait maintenant passer un courant d'hydrogène sulfuré jusqu’à ce que le liquide ait pris une coloration jaune claire. Par refroidissement ou plus vite par addition d’eau le dérivé hydrazoïque se sépare alors sous forme de fines aiguilles où lamelles presque blanches que l’on sépare par filtration, lave à l’eau et exprime. . L'orthohydrazotoluol est maintenant introduit en petites portions et en remuant bien dans de l'acide chlorhydrique concentré (4 parties) et chaud. Quand tout le dérivé hydrazoïque est introduit on chauffe à l’ébullition et laisse retroi-

dir. On filtre les cristaux, qui se sont séparés, à la pompe. Le précipité se compose principalement de chlorhydrate d'orthotolidine à côté d’un peu d’orthoazotoluol régénéré et d'une petite quantité de soufre. L'orthotolidine est purifiée par cristallisation de l’eau additionnée d’acide chlorhydrique. Le liquide fortement acide, qui contient encore beaucoup de chlorhydrate d’orthotolidine, à été concentré graduellement et laissé refroidir et cristalliser après chaque concentration. Le chlorhydrate d’orthotolidine se sépare sous forme de petites paillettes grises à reflet métallique. Après avoir renouvelé un certain nombre de fois cette opération, le liquide ne contient plus qu’une petite quantité d’orthotolidine dont on peut encore éliminer une partie en saturant le liquide par l'acide chlorhydrique gazeux. La quantité d’orthotolidine contenue en solution peut s’évaluer facilement en diazotant un échantillon du liquide, copulant en présence d’acétate de soude à l’acide a-naphtol-a-sulfonique et faisant un essai de teinture sur coton non mordancé avec le colorant obtenu, en ayant soin d'exécuter cette dernière opération en solution passablement étendue et de neutraliser exactement le bain ou de n’ajouter qu'un léger excès d’alcali. Tant que le liquide contient de la tolidine, le coton se teint directement en violetbleu. Par concentration des eaux-mères il arrive un moment où il se sépare de petites aiguilles brunâtres groupées en mamelons. Elles constituent le chlorhydrate impur de la nouvelle base. À ce moment on arrête la concentration, rend alcalin et extrait à l’éther. La solution éthérée est séchée à la potasse caustique solide et puis distillée. Le résidu est chauffé jusqu’à 250° pour le débarrasser de l’orthotoluidine qui se forme en quantité x peu près aussi grande que la nouvelle base. Le résidu est repris par de l'acide dilué chaud, puis on rend alealin, extrait à l’éther et précipite la solution éthérée séchée par la potasse au moyen de l'acide chlorhy-

drique gazeux et sec. Le chlorhydrate de la nouvelle base, que je propose d'appeler Ditolyline, se précipite alors sous forme de précipité formé de fines aiguilles blanches. On les filtre et les sèche sur un mélange de chlorure de calcium, de potasse caustique solide et de paraffine. Pour la purifier plus loin, on peut ou bien renouveler l’opération ou bien la dissoudre dans peu d’eau et précipiter la solution par l'acide chlorhydrique gazeux.

Je préfère ne pas distiller la base elle-même, ainsi que M. Schultz l’a fait pour la diphényline, attendu que cette distillation amène de grandes pertes par décompositions et qu'on ne parvient tout de même pas ainsi à une séparation complète de l’orthotolidine qui, ainsi que la benzidine, distille à l’état pur presque sans décomposition.

De chauffer à 250° à encore le but de détruire une matière colorante bleuâtre qui se forme à côté de la ditolyline, peutêtre par oxydation de cette dernière.

Pour rechercher l’orthotolidine dans la ditolyline on peut aussi se servir d’une solution extrêmement étendue d’eau de brome. Le chlorhydrate d’orthotolidine pure se colore par ce réactif en bleu pur intense passant au vert, la ditolyline se colore en vert sale, moins intense, et passant au violetrouge.

Le ditolyline forme un sulfate et un chlorhydrate facilement solubles. Ce dernier paraît se dissocier en partie par ébullition avec l’eau pure. En présence d’un excès d'acide chlorhydrique il s’oxyde bien moins facilement à l'air et cristallise en fines aiguilles blanches.

La ditolyline se diazote comme la benzidine et la tolidine sous l'influence de l'acide nitreux en donnant un dérivé tétrazoïque, qui se combine aux phénols, amines et leurs acides sulfoconjugués en donnant de magnifiques matières colorantes. Ces dernières ne tirent cependant pas, comme celles

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