‹ Sur la formation de l'hydrogène sulfuré dans l'organisme à la suite de l'ingestion de quelques médicamentsChapitre 14 sur 19 · DISCUSSION DES RÉSULTATS DE NOS EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES RÉSULTATS DE NOS EXPÉRIENCES

Nos deux premières expérionces avec dosages montrent clairement qu'une partie du soufre ajouté se fluidifie et que sa transformation s'effectue avec plus d’activité dans un milieu neutre que dans un milieu acide.

Le soufre et le carbonate de calcium ne réagissant pas l’un sur l’autre à la température de 40°, comme nous l’avons déjà vu, le phénomène est le même dans les deux expériences. Le carbonate de calcium ne fait que neutraliser l'acide au fur et à mesure de sa formation.

Les matières de l'intestin, qui présentent en général une réaction neutre, se trouvent donc dans d'excellentes conditions pour opérer la fluidification du soufre.

On trouve à la fin de l'intestin grêle et dans le gros intestin des substances alimentaires assimilables qui étaient en excès dans les aliments. C’est le plus ordinairement de la matière amylacée, des corps gras et quelques matières albuminoïdes.

L'intestin renferme donc les substances que nous avons employées pour nos expériences in vitro. Les phénomènes que nous avons constatés doivent anssi se produire dans le tube digestif.

On a vu que l’empois d’amidon, avec ou sans addition de carbonate de calcium, dégage de très petites quantités d'hydrogène sulfuré, quand on le chauffe plusieurs jours à 40°. C’est une preuve que la matière albuminoïde du mélange, le gluten, se résout en ses éléments, suivant les lois de la décomposition putride. Or, on sait qu’il se produit dans ce cas un dégagement d'hydrogène naissant et d'ammoniaque libre.

Le soufre ajouté se combine-t-il avec l'hydrogène ou avec l’'ammoniaque qui se dégage de la matière protéique en voie de désorganisation ?

On a vu qu'il y avait formation d'hydrogène sulfuré dans des milieux acides: lait acide et soufre (Exp. de Regensburger) ; mélange d'amidon et de soufre ; mélange de gluten additionné de craie et soufre (Exp. personnelles).

Il est certain que, dans ces conditions, il ne peut y avoir combinaison que de l'hydrogène avec le soufre, car le liquide acide qui baigne intimement les matières en réaction sature immédiatement l’ammoniaque qui se forme.

Quand la putréfaction a lieu dans un liquide neutre ou alcalin, lammoniaque se dégage à l’état libre et combiné aux acide sulfhydrique et carbonique. Nous ignorons si l’ammoniaque qui se produit au contact du soufre donne directement du sulfure d’ammonium.

Nos expériences confirment celles de M. Regensburger ; mais prouvent-elles qu'il y a eu combinaison du soufre avec l’hydrogène produit par la fermentation de l’amidon ? Non, assurément. Elles ne sont ni assez complètes, ni assez variées, ni assez nombreuses pour nous permettre de répondre affirmativement.

Il aurait fallu faire des essais exigeant un temps que nous ne pouvons y consacrer.

Lorsqu’on considère, d’une part la faible proportion de gluten, el d'autre part la quantité relativement considérable d'hydrogène sulfuré formé, il semble difficile d'admettre que l’amidon n'ait pas contribué à la fluidification du soufre. L'idée la plus naturelle est alors d'admettre que le soufre s’est combiné avec l’hydrogène naissant produit par la fermentation de l’amidon.

Les produits de résolution des matières albuminoïdes contenant de l’acide lactique, de l'acide butyrique, acides qui se forment pendant la fermentation de l’amidon, il est permis de penser que l'hydrogène produit par l’amidon jouit des mêmes propriétés que l'hydrogène dégagé par les matières protéiques.

M. À. Henninger, le savant auteur de l’article Fermentation, dans le supplément du Dict. de Chimie de Wurtz, dit : « Dans les fermentations par réduction, la totalité de l'hydrogène n’est pas toujours fixée par la matière organique, une partie peut être mise en liberté ; c’est de l'hydrogène naissant qui, développé en milieu alcalin, peut provoquer des réactions par réduction comme le fait l’'amalsgame de sodium. Il transforme le sucre interverti en mannite, l’indigo en modification incolore ; il réduit les nitrates, mais il n’attaque pas les sulfates. »

L'opinion générale de cet auteur et les réactions qu’il cite sont pour nous une autre preuve que l'hydrogène naissant produit dans les fermentations par réduction peut se combiner au soufre libre, pour donner de l’hydrogène sulfuré, comme le fait l’hydrogène naissant produit par l’action de l'acide chlorhydrique sur un métal. |

Dans le cours de ses recherches sur les bactéries, M. P. Miquel a découvert un microbe possédant la propriété de transformer en hydrogène sulfuré le soufre des albuminoïdes, le caoutchouc vulcanisé et même le soufre libre. |

Ce vibrion, qui se rencontre en abondance dans l’eau d’égout, les eaux potables et même quelquefois dans les eaux pluviales, se

présente en cellules allongées ou circulaires, d'un diamètre plus

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