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petit que { u. Ce microbe, cultivé dans un milieu exempt de soufre, dégage de l'acide carbonique et de l'hydrogène ; mais si l’on ajoute du soufre libre, l'hydrogène sulfuré apparaît rapidement. M. Miquel en conclut que « l’hydrogénation du soufre n’est que le résultat d’une action secondaire, parfaitement distincte du phénomène de nutrition».
Le savant bactériologue désigne ce phénomène sous le nom de fermentation sulfhydrique.
Ces faits, loin de venir à l'encontre de notre hypothèse de la combinaison du soufre avec l’hydrogène produit par les fermentations en général, lui donnent au contraire plus de force.
Il est possible que le vibrion butyrique produise un hydrogène se combinant moins facilement au soufre que l'hydrogène produit par le microbe de M. Miquel ; mais il n’y aurait dans cela rien que de comparable aux faits signalés par M. Cloez sur la différence d’action de l'hydrogène dégagé par divers métaux, sur le soufre soluble et sur le soufre insoluble.
Dans le tube digestif, le glucose, la saccharose, l’amidon et la dextrina,outre l’acide lactique qui en provient,peuvent donner lieu à la fermentation butyrique, quand ces corps sont en présence de matières albuminoïdes. Pendant les mauvaises digestions, le glucose subit un commencement de fermentation dans l'estomac avec production de gaz fétides.
Si ces matières qui fermentent sont au contact de soufre libre tenu en suspension dans le milieu, il y a combinaison et formation d'hydrogène sulfuré, comme nous l’avons prouvé.
Le mélange à parties égales de miel et de soufre lavé, qu’on emploie souvent pour le traitement des coliques saturnines, se trouve précisément dans ce cas. Le miel, en effet, se compose principalement d’un excès de glucose dextrogyre mélangé à d’autres sucres. Le mucus sécrété par les glandes mucipares de l’estomac et les débris des cellules épithéliales fournissent assez de matières albuminoïdes pour que la fermentation ait lieu.
Lorsqu'on chauffe un mélange de miel et de soufre, il ne se produit de l'hydrogène sulfuré qu'après une longue ébullition, pendant laquelle la température de la masse s’élève au delà de
150°. Ce mode de production d'hydrogène n’a donc rien de commun avec ce qui se passe dans les organismes.
Les matières albuminoïdes, en se putréfiant, dégagent de l’ammoniaque, de l’hydrogène, avec formation d'acides butyrique, formique, etc.
On sait par les expériences de Regensburger et par les notes sur le gluten, que ces matières donnent de l'acide sulfhydrique lorsqu'elles se décomposent en présence du soufre.
Voici une autre expérience qui permet de se rendre compte de la réalité de cette combinaison, sans faire de dosages.
On hache finement 100 gram. de viande fraîche maigre, dont on fait deux parts qu’on place dans des conditions identiques.
Deux jours après, quand elle commence à sentir, on les recouvre d’une même quantité d’eau. Dans l’un des vases, on ajoute ? gram. de fleur de soufre et on attend de nouveau un jour ; puis on expose au-dessus des liquides des papiers plombiques. Celui du vase renfermant le soufre noircit très rapidement, tandis que l’autre prend à peine une légère teinte brune. Cet effet se manifeste ainsi pendant plus d’une semaine.
Plus tard, lorsque ces matières albuminoïdes sont en grande activité de putréfaction, elles dégagent naturellement de l’hydrogène sulfuré ; un essai qualitatif est alors insuffisant, il faut recourir à un dosage.
Un fait digne de remarque, c'est que la viande qui se putréfie sans addition de soufre répand une odeur bien plus infecte que la viande qui a été préalablement mélangée avec du soufre. Ces essais ont été faits à la température de l'atmosphère 13°.
La formation de l'hydrogène sulfuré, après ingestion de soufre, n’a généralement lieu que dans l'intestin grêle, où se produit la décomposition putride des matières albuminoïdes.
MD
Nous concluons, des expériences qui précèdent, que le soufre ingéré ne se transforme pas directement en sulfure alcalin sous l'influence des sucs alcalins de l'intestin, mais se fluidifie sous l'influence des produits de décomposition des matières albuminoïdes alimentaires. L’amidon paraît intervenir dans la fluidification du soufre par le dégagement d'hydrogène produit par la fermentation butyrique. |
L'hydrogène sulfuré formé pénètre en partie directement dans l’organisme, en partie après avoir subi quelques modifications que nous étudions plus loin. C’est grâce à ces transformations que le soufre produit les effets généraux dont nous avons dit quelques mots au commencement.