PREMIÈRE EXPÉRIENCE
Comme l'urine des diabétiques, qui contient des glucoses, fermente facilement, nous avons d’abord abandonné à lui-même le mélange suivant :
Amidon sec.... 50 gram. cuit dans 1000 gram. d’eau. Urine......... 100 — débarassée à chaud des sulfates par un excès de chlorure de baryum.
Craieeun poudre. 25 gram.
Fleur de soufre. 5 —
Après avoir agité et chauffé pendant deux jours à 40°, nous l'avons laissé au repos à la température de 10 à 12°. Vingt jours après, le liquide est recouvert d’une légère couche de moisissures ; on aperçoit des bulles de gaz dans la masse de l’amidon, qui s’est condensé au fond du vase.
L'odeur qui s’en exhale rappelle celle de l'urine putréfiée ; la réaction du liquide est très légèrement acide. En agitant la masse, il se dégage une forte odeur d'hydrogène sulfuré, et un papier à l’acétate de plomb exposé près du liquide est immédiatement noirci. Une petite quantité de liquide filtré ne prend aucune coloration sous l'influence du nitroprussiate de sodium ; mais dès qu'on y ajoute une goutte d’ammoniaque il se développe une belle teinte pourpre.
La quantité d'hydrogène sulfuré formé était si sensible que nous ne pouvions l’attribuer à la décomposition de la petite quantité de matière sulfurée contenue dans le mélange. Une partie du soufre ajouté avait donc dû se transformer en hydrogène sulfuré.