‹ Sur la formation de l'hydrogène sulfuré dans l'organisme à la suite de l'ingestion de quelques médicamentsChapitre 9 sur 19 · EXPÉRIENCE III · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE III

Nous avons fait un mélange de fleur de soufre et d’empois d'amidon cuit et exposé à l’air depuis quelques jours, sans addition d'aucune autre matière. L’acide sulfhydrique se produit au bout de deux ou trois jours. Le liquide qui surnage devient bientôt acide et l’odeur d'hydrogène sulfuré diminue ; mais on rend de l'activité au mélange en l’alcalinisant par quelques gouttes d’une solution étendue de carbonate de sodium. En répétant plusieurs fois cette opération, on obtient un dégagement d'hydrogène sulfuré pendant plus de deux mois. Le liquide alcalin prend une légère teinte bleue sous l'influence du nitroprussiate de sodium, ce qui indique l'existence d’un sulfure alcalin.

L'amidon cuit sans soufre ne nous a pas donné trace de dégasement d'acide sulfhydrique, à la température ordinaire.

Les trois mélanges mis en expérience dégagent des gaz après un certain temps d'exposition à l'air. On s’en rend facilement compte en les plaçant dans des ballons qu’on munit d’un tube abducteur recourbé plongeant dans l’eau, au-dessous d’une éprouvette à gaz. :

Les quantités de gaz dégagées sont faibles à la température ordinaire; mais, en maintenant les liqueurs à 40°, le dégagement est bien plus abondant.

L’amidon que nous avons employé était de l’amidon de riz, se présentant en colonnes prismatiques, ce qui est un gage de pureté. Il renfermait néanmoins une petite quantité de gluten, matière azotée dont il est difficile de le débarrasser complètement. Nous nous en sommes assuré en chauffant un peu d’amidon dans du réactif de Millon, qui a pris une teinte rose. On sait que le gluten des céréales, humecté d’eau et abandonné à luimême se putréfie, dégage de l’acide carbonique, de l'hydrogène sulfuré, et se liquéfie sous l'influence des acides qui prennent

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